CONTRIBUTEURS

Dean French
Portfolio Manager, Western Asset
United Kingdom
La fin du premier trimestre 2024 se rapproche et nous incite à nous interroger sur la forte volatilité qui règne sur les marchés mondiaux des titres à revenu fixe. La raison tient en deux aspects : d'une part, faire le point sur la manière dont nous gérons les portefeuilles dans cette conjoncture et, d'autre part, réaffirmer notre conviction que notre philosophie et notre méthodologie en matière de placement sont bien adaptées aux circonstances actuelles.
Une forte volatilité
L’illustration 1 ci-dessous est un historique à long terme de la volatilité pour l’Indice général des obligations mondiales Bloomberg. La volatilité a plus que doublé au cours des deux dernières années pour atteindre des niveaux sans précédent et, même si elle s’est quelque peu atténuée, elle est encore très élevée.
Illustration 1 : Volatilité annualisée sur 12 mois de l’Indice général des obligations mondiales Bloomberg, couvert en USD

Sources : Bloomberg, Western Asset. Au 29 février 2024. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans ceux-ci. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses ou des frais d’acquisition. Les rendements passés ne sont pas un indicateur ou une garantie des résultats futurs.
Cette volatilité est le fruit d’un certain nombre de facteurs et de corrélations entre eux. Deux de nos articles de blogues de l'année dernière, qui traitaient de l'accentuation baissière de la courbe des taux des bons du Trésor américain et de l'envolée des taux de rendement des bons du Trésor américain, mentionnaient ces facteurs, mais du point de vue de la tendance des taux de rendement obligataires, notamment :
- le durcissement rapide et synchronisé de la politique monétaire par les banques centrales à l'échelle mondiale, et plus récemment leur choix en faveur d'un retour à la normale de la politique monétaire;
- la persistance de l'inflation, suivie d'un recul plus rapide que prévu, et les incertitudes qui planent encore sur sa trajectoire future;
- la résistance de l'économie, surtout aux États-Unis;
- l'émission massive d'obligations d'État parallèlement au durcissement quantitatif des banques centrales;
- les nouvelles mesures de la Banque du Japon en matière de politique monétaire et ce qu'elles pourraient signifier pour les achats d'obligations étrangères par les investisseurs japonais;
- les craintes sporadiques suscitées par les expositions aux banques régionales américaines et à l'immobilier commercial;
- l'éventuelle augmentation de la productivité liée à l'intelligence artificielle (IA) et la question de savoir si les taux directeurs neutres ont augmenté;
- les risques géopolitiques élevés.
L’illustration 2 présente l'historique des rendements mensuels de l'indice général des obligations mondiales Bloomberg, et révèle comment la volatilité mentionnée précédemment s'est manifestée par des variations de prix bien supérieures à 1 %, à une fréquence jamais vue auparavant au cours des deux dernières années.
Illustration 2 : Rendements totaux mensuels pour l’Indice général des obligations mondiales Bloomberg, couvert en USD

Sources : Bloomberg. Au 29 février 2024. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans ceux-ci. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses ou des frais d’acquisition. Les rendements passés ne sont pas un indicateur ou une garantie des résultats futurs.
Éléments à prendre en compte pour la gestion d‘un portefeuille d'obligations mondiales
Sachant que les incertitudes liées aux facteurs décrits précédemment sont toujours présentes (et qu'il est toujours possible que de nouveaux facteurs apparaissent), il est important de s'interroger quant à la persistance d'une volatilité élevée et à ses conséquences sur la répartition des risques dans un portefeuille.
Depuis plus de 50 ans, la philosophie de Western Asset en matière de placement privilégie les valeurs fondamentales à long terme, assorties de multiples stratégies diversifiées. Cette méthode éprouvée a souvent permis à la société de réaliser des rendements excédentaires positifs importants à moyen et long terme. Cette approche est renforcée par l'intégration de la gestion des risques dans notre méthodologie de placement, qui aide l'équipe de gestion des placements à veiller à ce que la répartition des risques soit pertinente compte tenu des éléments suivants : 1) le niveau de volatilité du marché et 2) le degré d'erreur d'évaluation entre notre vision de la juste valeur fondamentale et celle du marché.
Bien qu'aucun gestionnaire de placements ne puisse toujours avoir raison, l'exemple suivant illustre l'approche de la gestion active de Western Asset fondée sur les valeurs fondamentales à long terme. En octobre 2023, nos perspectives optimistes sur les titres à revenu fixe ont dû être âprement défendues dans les conversations avec nos clients, alors que les taux de rendement du Trésor américain atteignaient 5 %. Toutefois, les mois de novembre et décembre ont été marqués par une remontée extraordinaire face à la décélération rapide de l'inflation et à l'espoir de possibles baisses de taux d'intérêt, comme nous l'avons expliqué dans notre article sur les obligations mondiales. Nos perspectives en matière de placement (bien qu'elles aient très peu changé) étaient désormais très proches du consensus du marché et les prix du marché étaient beaucoup plus en phase avec notre vision de juste valeur. En conséquence, les portefeuilles mondiaux ont sensiblement réduit leur exposition aux durations (Illustration 3). Les chiffres économiques publiés au début de l'année, en particulier ceux sur l'emploi et l'inflation aux États-Unis, ayant surpris à la hausse, les marchés à revenu fixe ont perdu une partie de leurs gains très importants enregistrés au cours des derniers mois de l'année dernière. Nous avons ainsi pu saisir l'occasion de redistribuer un peu des risques liés aux taux d'intérêt dans les portefeuilles, et la duration a été accrue à la suite de la hausse des taux de rendement.
Grâce à notre approche disciplinée décrite précédemment, nous estimons que notre style de placement est très bien adapté au contexte actuel de volatilité élevée à court terme, notamment parce que notre horizon de perspectives porte sur six à neuf mois, ce qui nous permet de réajuster le positionnement des portefeuilles de manière à tirer parti des possibilités qui s'offrent à nous en tenant compte des risques encourus.
Illustration 3 : Historique des durations pour un portefeuille représentatif général d’obligations mondiales

Sources : Western Asset. Au 29 février 2024. Le graphique montre l'apport des durations pour les obligations et les produits dérivés détenus dans le portefeuille représentatif qui sont libellés en USD, EUR et GBP par rapport aux durations des obligations libellées dans ces devises dans l'indice général des obligations mondiales Bloomberg. Les données relatives aux durations proviennent du système de rapports internes IMRS de Western Asset. La ligne Total du portefeuille est le total des durations pour l'ensemble du portefeuille par rapport aux durations de l'indice général des obligations mondiales Bloomberg, y compris toutes les obligations et tous les produits dérivés détenus dans plusieurs devises. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans ceux-ci. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses ou des frais d’acquisition. Les rendements passés ne sont pas un indicateur ou une garantie des résultats futurs.
Illustration 4 : Historique des taux de rendement des obligations d’État

Sources : Bloomberg. Au 29 février 2024. Les chiffres sont basés sur les taux de rendement génériques des obligations d’État à 10 ans de Bloomberg : États-Unis : Indice 10ANSÉGÉU Bloomberg; Allemagne : Indice 10GDBR Bloomberg; Royaume-Uni : Indice 10GUKG Bloomberg. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans ceux-ci. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses ou des frais d’acquisition. Les rendements passés ne sont pas un indicateur ou une garantie des résultats futurs.
Définitions :
L’Indice général des obligations mondiales Bloomberg (couvert en USD) représente une estimation assez réaliste du rendement qui peut être obtenu en couvrant l'exposition aux devises de son indice parent, l‘indice général des obligations mondiales Bloomberg, par rapport à l'USD.
L’Indice 10ANSÉGÉU Bloomberg reproduit le taux de rendement générique à 10 ans des obligations d’État des États-Unis pour l'indice de référence à 10 ans.
L’Indice 10GDBR Bloomberg reproduit le rendement générique à 10 ans du Bund allemand pour l'indice de référence à 10 ans.
L’Indice 10GUKG Bloomberg reproduit le rendement générique à 10 ans du gilt du Royaume-Uni pour l'indice de référence à 10 ans.
La duration mesure la sensibilité du prix (la valeur du capital) d’un placement à revenu fixe par rapport à une variation des taux d’intérêt. Plus la duration est élevée, plus un placement sur des titres à revenu fixe est sensible aux variations des taux d'intérêt.
La courbe des taux montre la relation entre les rendements et les dates d’échéance pour une catégorie similaire d’obligations.
QUELS SONT LES RISQUES?
Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Veuillez noter qu’un investisseur ne peut pas investir directement dans un indice. Les rendements des indices non gérés ne tiennent pas compte des frais, des dépenses ou des commissions de vente. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.
Les valeurs à revenu variable sont sujettes à la fluctuation des cours et à la perte éventuelle de capital.
Les titres à revenu fixe comportent des risques liés aux taux d’intérêt, au crédit, à l’inflation et au réinvestissement, ainsi qu’à une éventuelle perte de capital. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur des titres à revenu fixe diminue.
Les bons du Trésor américain sont des titres de créance directs « émis et entièrement garantis » par le gouvernement des États-Unis. Cette garantie concerne les versements de capital et d’intérêts des bons du Trésor américain, à condition que l’investisseur conserve les titres jusqu’à l’échéance. Contrairement aux bons du Trésor américain, les titres de créance émis par des institutions et organismes fédéraux, ainsi que les instruments connexes, ne sont pas toujours entièrement garantis par le gouvernement des États-Unis. La garantie du gouvernement des États-Unis à l’égard des versements de capital et d’intérêts ne concerne pas les pertes découlant de la baisse de valeur marchande de ces titres.
