CONTRIBUTEURS

Miles Lewis, CFA
Portfolio Manager

Chip Skinner, CFA
Portfolio Manager

Kavitha Venkatraman
Assistant Portfolio Manager

Steven McBoyle
Portfolio Manager

Francis Gannon
Co-Chief Investment Officer
Miles Lewis : Nous pensons que les petites capitalisations de qualité et de valeur sont toutes deux bien placées pour connaître des rebonds significatifs en 2026. Les rendements de 2025, en particulier depuis les creux d’avril, ont été principalement attribuables aux actions spéculatives de moindre qualité et à presque tous les bénéficiaires évidents du boom de l’intelligence artificielle (IA), même les entreprises qui ne génèrent aucun revenu, comme cette entreprise dont la valeur marchande est de 15 milliards de dollars américains – mais elle ne comptabilise aucun revenu! Les cycles des titres de faible qualité ont tendance à durer environ 12 mois en moyenne, ce qui suggère qu’un changement de régime en 2026 est probable.
De plus, les modèles d’affaires plus « traditionnels » — soit ceux qui ont de saines marges, qui génèrent des flux de trésorerie disponibles, dont la croissance est modeste, qui ont un solide bilan qui s’autofinance et dont la valorisation est attrayante (c.-à-d. des actions de qualité) devraient retrouver l’intérêt des investisseurs à mesure que l’élan des titres de mauvaise qualité s’essoufflera. Ainsi, nous pensons que les entreprises de secteurs tels que les biens de consommation courante et celles d’industries comme l’emballage, les services aux entreprises et l’assurance feront bonne figure. En outre, le thème de l’IA s’étendra, selon nous, non seulement aux entreprises qui, pour l’essentiel, engagent des dépenses en immobilisations, mais aussi aux entreprises qui sauront commercialiser les applications d’IA pour développer leurs activités et/ou croître; tirer parti des outils d’IA améliorera leurs marges.
Nous pressentons également quelque chose qui surprendra les investisseurs en 2026 : les petites capitalisations dépasseront probablement les attentes! Le long passage à vide des petites capitalisations a été largement documenté, et est bien compris. Nous pensons que 2026 pourrait être l’année où les petites capitales reprendront leurs droits.
Plus particulièrement, nous voyons au moins deux scénarios où cette surperformance se concrétisera. Dans un de ces scénarios, la vigueur de l’économie se poursuivra et s’accélérera en 2026, en partie grâce aux mesures de stimulation de Washington, lesquelles pourraient profiter à la fois aux entreprises et aux consommateurs, en particulier ceux qui se trouvent dans la moitié inférieure de la distribution des revenus. Si cela se produit, nous verrons probablement une croissance plus généralisée de l’économie, bénéficiant à un plus large éventail d’industries, des banques (grâce à la croissance des prêts et aux bonnes conditions de crédit) à certains segments des secteurs des produits industriels (grâce au recours aux fournisseurs locaux et à la forte croissance générale) et des biens de consommation cyclique. La croissance des bénéfices des petites capitalisations, qui devrait déjà battre les grandes capitalisations en 2026, s’accélérerait probablement davantage. L’IA ne serait plus le seul facteur de croissance! Dans ce scénario, les rendements du marché boursier américain seraient probablement le fait de plus de joueurs, ce qui contrasterait fortement avec la concentration de pouvoir sans précédent que le marché a connu ces dernières années. Historiquement, lorsque cela s’est produit, les petites capitalisations ont battu les grandes capitalisations la plupart du temps, et ce, de façon décisive.
L’autre scénario, qui est moins rose, est que la bulle de l’IA commence à se dégonfler – ou pire, qu’elle éclate. En fait, les Sept Magnifiques pourraient devenir les Sept lamentables. Si cela devait arriver, nous entamerions probablement une période de mauvaise performance à l’échelle des styles et des capitalisations boursières. Mais il est également tout à fait plausible que les petites capitalisations, ayant déjà pris un retard significatif et présentant des valorisations beaucoup moins élevées, baissent moins, voire beaucoup moins. Bien que cela puisse sembler tiré par les cheveux, c’est exactement ce qui s’est passé lorsque la bulle technologique a éclaté en 2000.
À la lumière de nos conversations avec des chefs de direction et des directeurs financiers de divers secteurs, le premier scénario semble plus probable, et c’est notre espoir. Cela dit, les trames narratives, de même que les fondamentaux, peuvent changer rapidement et de manière inattendue en période d’excès. Nous visons à être prêts à tirer profit des opportunités, peu importe le scénario.
Chip Skinner : Nous sommes optimistes quant aux actions de croissance à petite capitalisation en ce début 2026, principalement en raison des politiques budgétaires et monétaires accommodantes de la présente administration. L’activité spéculative qui a caractérisé le début du quatrième trimestre s’est estompée depuis, et nous voyons d’un bon œil l’augmentation des révisions positives des bénéfices, alors que les obstacles macroéconomiques continuent de s’aplanir.
Un facteur clé – et à notre avis sous-estimé – en ce début 2026 est l’accélération des dépenses budgétaires ayant trait aux initiatives de rapatriement des activités, à la politique industrielle, aux infrastructures et aux programmes liés à l’énergie. Associées au cycle d’assouplissement attendu de la Réserve fédérale américaine (Fed) au cours des prochains mois, ces forces devraient soutenir une expansion économique significative et créer une toile de fond favorable pour les entreprises à petite capitalisation axées sur la croissance. Beaucoup de ces entreprises ont passé les dernières années à améliorer leur structure de coûts et à affiner leur exécution, ce qui les positionne pour fournir un fort levier opérationnel alors que la demande s’accroîtra en 2026.
De plus, nous nous attendons à ce que le consommateur reste résilient, alors que les données sur l’emploi, qui tendent à être stables, contredisent certains des avis plus négatifs. Les valorisations des petites capitalisations demeurent inférieures à leur valeur intrinsèque en regard des valorisations des grandes capitalisations, et les attentes de bénéfices sont encore prudentes à notre avis, ce qui ouvre la voie à un élan de révisions à la hausse. Bien que nous soyons optimistes quant à l’année qui s’amorce, nous savons que les avantages qui viennent avec les dépenses budgétaires musclées et la baisse des taux peuvent s’accompagner de compromis à plus long terme, comme des pressions inflationnistes renouvelées et des déficits budgétaires plus lourds.
Kavitha Venkatraman : Peu importe le camp politique de chacun, nous pensons que le Big Beautiful Bill s’avérera très stimulant pour les entreprises à petite capitalisation et les consommateurs moins fortunés en 2026. La déduction pour amortissement supplémentaire à 100 % pour certaines dépenses en immobilisations et la passation en charges immédiate des dépenses de recherche et développement – par opposition à l’amortissement sur plusieurs années – sont deux caractéristiques intéressantes de la loi, en particulier pour les plus petites entreprises. Ces nouvelles règles incitent les entreprises à affecter les dollars qu’elles n’ont pas versés à l’impôt à la production, ce qui a un effet non négligeable pour les petites entreprises.
Selon nos récentes conversations avec des équipes de direction d’entreprises, nous pensons que les dépenses vont augmenter en 2026 et stimuler la croissance économique. Nous nous attendons donc à une inflexion positive de l’embauche du côté des petites entreprises, ce qui devrait aider les actions liées à l’emploi. De plus, nous nous attendons à ce que le présent cycle d’investissement entraîne une demande forte et soutenue d’électricité.
En 2026, les consommateurs à plus faible revenu – qui ont été mis à l’épreuve ces dernières années – pourraient recevoir des remboursements d’impôt plus élevés (ils devraient être 44 % supérieurs à ceux de 2025) et payer moins d’impôt, grâce à l’élimination des taxes fédérales sur les pourboires, aux déductions ratissant plus large et aux crédits d’impôt pour les familles intégrés dans le budget fédéral. Ces mesures devraient soulager une partie de la pression inflationniste qu’ont subie ces consommateurs et avoir un impact positif dans plusieurs segments du secteur des biens de consommation cyclique, tels que le commerce de détail, les voyages et les loisirs, entre autres. De nombreuses entreprises à petite capitalisation dans ces industries ont actuellement des évaluations attrayantes et bon marché, et nous avons augmenté notre exposition.
Steven McBoyle : Je m’attends à ce que les sociétés américaines à petite capitalisation du secteur des produits industriels, en particulier les fabricants de haute précision, les fournisseurs de composants techniques et les fournisseurs de technologies industrielles à valeur ajoutée, obtiennent de bons résultats en 2026. Nous constatons déjà une augmentation de l’activité dans certains domaines, tels que la bonification des carnets de commandes dans le segment de la fabrication spécialisée, l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement aérospatiale et la croissance des applications d’automatisation et de contrôle. Dans ce contexte favorable, le levier opérationnel semble prêt à se développer à mesure que les chaînes d’approvisionnement se normalisent et que les coûts de fret et d’intrants se stabilisent.
Élément tout aussi important, de nombreuses entreprises à petite capitalisation dans ces domaines devraient continuer de bénéficier du cycle pluriannuel de fabrication et de rapatriement des activités aux États-Unis, soutenu par des dépenses en immobilisations industrielles élevées, des incitations fiscales, une relocalisation de la chaîne d’approvisionnement et une pénurie persistante de main-d’œuvre, alors que ce dernier développement a accéléré l’adoption de l’automatisation et des équipements d’équipement à productivité plus élevée. Cette combinaison de reprise cyclique et de facteurs favorables à long terme soutient mon optimisme à l’égard des entreprises industrielles à petite capitalisation de haute qualité.
Cela dit, le cycle de dépenses en immobilisations dans l’IA suscite beaucoup d’incertitude dans plusieurs secteurs, notamment celui des produits industriels. Des rapports récents en provenance de la Chine, par exemple, mettent en évidence une dynamique qui est sous-appréciée dans les discours sur l’IA aux États-Unis : les taux d’utilisation des centres de données aussi bas que 20 % à 30 %, la capacité inexploitée relative aux unités centrales graphiques et les efforts menés par le gouvernement pour réutiliser la puissance informatique inutilisée. Comme la Chine représente environ un quart des centres de données construits dans le monde, cela suggère que certaines parties du développement des capacités informatiques mondiales rencontrent peut-être déjà des signes précoces de surcapacité – un résultat en contradiction avec le consensus qui prévaut sur le marché américain selon lequel il y a des pénuries persistantes de puces et en matière informatique.
Bien que je sois préoccupé par la viabilité de la torpeur que suscite actuellement l’IA – les révolutions technologiques suivent souvent des modèles classiques de cycle d’investissement en immobilisations qui se terminent par une destruction créative –, le cycle plus large des dépenses en immobilisations des entreprises du secteur des produits industriels aux États-Unis reste intact. Les petites capitalisations industrielles de haute qualité avec des bilans robustes, un pouvoir de fixation des prix et des modèles de revenus récurrents ou axés sur le marché secondaire devraient rester parmi les bénéficiaires à long terme du rapatriement des activités, de l’automatisation et des investissements continus dans la productivité. Dans ce contexte, je crois que les entreprises de qualité du secteur des produits industriels sont bien positionnées pour croître en 2026, et ce, malgré l’évolution des risques liés à l’IA.
Francis Gannon : L’indice Russell 2000 est en hausse de plus de 45 % depuis le creux du marché le 8 avril 2025, une période qui a également vu les petites capitalisations battre leurs pendantes à grande capitalisation. À la lumière de cette performance dynamique, il peut sembler contre-intuitif que mes perspectives n’aient pas beaucoup changé depuis la fin du deuxième trimestre. Malgré ces très bons résultats, cependant, les actions à petite capitalisation collectivement restent beaucoup plus attrayantes que leurs équivalentes à grande et à mégacapitalisation, selon notre indicateur d’évaluation de l’indice préféré, le ratio VE/BAII – valeur d’entreprise par rapport au bénéfice avant intérêts et impôts. Il en va de même pour les microcapitalisations, qui ont rebondi de manière encore plus impressionnante depuis début avril, en hausse de plus de 68 %, par rapport aux actions à grande capitalisation.
Pourtant, presque tous les jours, on nous dit que le marché est surévalué. Il est important de garder à l’esprit que lorsque ces observateurs de marché parlent d’actions surévaluées – ou proches d’une bulle – ils regardent presque toujours l’indice S&P 500 ou l’indice composé Nasdaq, qui sont tous deux fortement axés sur les actions à mégacapitalisation, en particulier les « Sept Magnifiques ». En fait, je suis d’accord pour dire que les valorisations semblent élevées dans la catégorie des grandes capitalisations dans son ensemble, mais les investisseurs doivent savoir que les petites capitalisations ont plus que suffisamment de marge de manœuvre avant de se rapprocher des valorisations auxquelles les grandes capitalisations se négocient depuis plus de deux ans.
Mais l’argument en faveur des petites capitalisations n’est pas basé uniquement sur les valorisations. J’ai toujours adhéré à l’adage selon lequel la psychologie dicte le marché à court terme, mais que ce sont les bénéfices qui le dictent à long terme. Et bien que les résultats du troisième trimestre de 2025 pour toutes les catégories d’actifs aient été positifs dans l’ensemble, de nombreuses entreprises ayant dépassé facilement les estimations, les petites entreprises ont généralement obtenu de meilleurs résultats au chapitre de la croissance des bénéfices. Mieux encore, les recherches que nous avons consultées prévoient une accélération de la croissance des bénéfices pour les actions à petite capitalisation en 2026. Les récentes réductions de taux par la Fed ont été avantageuses, tandis que les autres catalyseurs incluent la probabilité d’un cycle robuste de dépenses en immobilisations, l’éventuel allègement des tarifs douaniers et le rapatriement des activités. De plus, les entreprises à petite capitalisation qui fournissent les outils, les équipements et les services pour de nombreux projets liés à l’IA récolteront les bénéfices.
Bien qu’il existe une bonne part d’incertitude dans l’économie américaine et sur le front géopolitique, nos équipes d’investissement sont très confiantes que la catégorie des petites capitalisations peut maintenir, sinon augmenter, son leadership naissant sur le marché. En conclusion, je rappellerais aux investisseurs que l’opportunité existe toujours de bâtir son exposition aux petites capitalisations à des valorisations attrayantes. Nous considérons toujours la période actuelle comme un moment opportun pour investir dans certaines petites capitalisations à long terme.
Définitions
L’indice Russell 2000 est un indice d’actions nationales à petite capitalisation qui mesure le rendement des 2 000 plus petites sociétés américaines cotées en bourse de l’indice Russell 3000.
L’indice composé Nasdaq est un indice boursier qui comprend presque toutes les actions cotées à la bourse Nasdaq.
Les Sept Magnifiques se rapportent aux titres suivants : Microsoft (MSFT), Amazon (AMZN), Meta (META), Apple (AAPL), la société mère de Google, Alphabet (GOOGL), Nvidia (NVDA) et Tesla (TSLA). Rien ne garantit que les estimations, les prévisions ou les projections se concrétiseront.
L’indice Standard and Poor’s 500 (S&P 500) est un indice boursier qui suit l’évolution des actions de 500 grandes sociétés cotées en bourse aux États-Unis.
La valeur de l'entreprise (VE) désigne la valeur totale d'une entreprise, après prise en compte des détenteurs de dettes et de capitaux propres.
Le multiple VE/BAII est le rapport entre la valeur d’entreprise (VE) et le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII).
La loi intitulée One Big Beautiful Bill Act, ou Big Beautiful Bill, est un texte fédéral adopté par le 119e Congrès des États-Unis. Elle regroupe des mesures fiscales et budgétaires qui constituent le cœur du programme du président Donald Trump pour son second mandat. Le projet de loi a été signé par le président Trump le 4 juillet 2025.
Les dépenses en immobilisations désignent les dépenses d’investissement dans des actifs à long terme (immobilisations corporelles). Ces dépenses comprennent les nouveaux bâtiments, les machines et autres équipements nécessaires au fonctionnement quotidien d'une entreprise. La plupart des entreprises ont recours au financement des dépenses en capital pour financer leurs investissements à long terme.
QUELS SONT LES RISQUES?
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Les actions à petite et moyenne capitalisation comportent un degré de risque et de volatilité plus élevé que les actions à grande capitalisation. Les sociétés à grande capitalisation peuvent perdre la faveur des investisseurs en fonction de la situation du marché et de l’économie.
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