CONTRIBUTEURS

Francis Gannon
Co-Chief Investment Officer

Chris Clark
Chief Executive Officer, Co-Chief Investment Officer & President, RFS
Avez-vous été surpris que les sociétés à petite capitalisation aient pu maintenir leur statut de meneur du marché depuis les creux du début d’avril?
Francis Gannon : Pas vraiment, non. Je pense que nous devrions regarder les données historiques, qui montrent qu’au sortir de creux, les sociétés à micro et à petite capitalisation sont celles qui s’en tirent généralement le mieux. C’est d’ailleurs ce que nous avons pu constater au sortir du creux du 8 avril jusqu’à la fin de 2025. Je me fierai simplement aux données historiques pour répondre à cette question.
Jim Harvey : Ce fut une bonne période. On a connu une sorte de remontée des titres de qualité inférieure, ce qui est aussi typique selon les données historiques. Beaucoup de sociétés à microcapitalisation et de qualité inférieure ont enregistré de bons rendements après le creux d’avril.
Francis Gannon : Ce qui est typique, non? Compte tenu des données historisque à long terme, ainsi que des statistiques de rendement disponibles des catégories d’actifs de sociétés à petite et à microcapitalisation, c’est leur comportement habituel au sortir de creux.
Lauren Romeo : Je pense que le facteur clé de la remontée réside dans le renversement des craintes qui ont poussé les sociétés à petite capitalisation en territoire baissier en premier lieu. Le 8 avril a été le point culminant du pessimisme. Selon les investisseurs, les chances de récession aux États-Unis étaient très élevées en raison du nouveau régime tarifaire introduit le « Jour de la Libération ». Comme les nouvelles qui ont suivi au sujet des tarifs douaniers ont été plus positives (par exemple, une pause de 90 jours avant la mise en œuvre et des accords commerciaux préliminaires avec des partenaires commerciaux clés comportant des tarifs douaniers moindres) et que les attentes concernant l’économie se sont réorientées vers la croissance, l’enthousiasme des investisseurs pour les sociétés à petite capitalisation était compréhensible. En effet, cette catégorie d’actifs est souvent considérée comme un indicateur de la santé de l’économie étant donné que ces sociétés génèrent environ 80 % de leurs revenus aux États-Unis. Les valorisations absolues et relatives des sociétés à petite capitalisation et leurs perspectives de croissance des bénéfices restent également plus attrayantes par rapport aux sociétés à moyenne et à grande capitalisation.
Chris Clark : Je suis d’accord. Je pense au changement de direction qu’a pris la croissance des bénéfices de nombreuses sociétés au troisième trimestre. On a constaté une remontée importante par rapport au creux du 8 avril, mais d’excellents bénéfices ont contribué à maintenir l’élan alors que nous approchions de la période de publication des résultats du troisième trimestre. La vigueur de la croissance des bénéfices de certaines sociétés à petite et à microcapitalisation a aidé l’ensemble de la catégorie d’actifs à générer des rendements supérieurs à ceux des grandes capitalisations.
Rendements très impressionnants des microcapitalisation au sortir du creux du marché d’avril
Rendements de l’indice Russell, du 8 avr. 2025 au 31 déc. 2025
Source : Russell Investments. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.
Selon vous, quel a été l’effet des deux baisses du taux des fonds fédéraux sur les rendements des sociétés à petite capitalisation?
Chris Clark : Je pense qu’ils ont eu un effet très important. Jusqu’à présent, nous avons en quelque sorte déconstruit les composantes de la remontée, même si un autre élément clé fut la vigueur que les sociétés à petite capitalisation affichent souvent au début d’un cycle de baisse des taux. M. Harvey a mentionné qu’il s’agissait d’une remontée des titres de qualité inférieure, ce qui signifie que ces entreprises plus fortement endettées et à forte intensité de capital avaient tendance à produire de meilleurs rendements en raison du répit que des taux plus bas procurent à leur structure de capital.
Francis Gannon : C’est exact. Je ne crois toutefois pas que les taux auront un effet aussi important en 2026. Je pense que la vigueur et la qualité des bénéfices stimuleront les rendements, surtout au sein des sociétés à petite capitalisation, dans le cadre d’un marché en expansion.
Jim Harvey : Pour renchérir sur ce que M. Gannon vient de dire, notre équipe a commencé à en parler il y a un an. Nous pensions que 2025 serait l’année où les bénéfices des sociétés à petite capitalisation commenceraient vraiment à se démarquer, mais il semble maintenant que cela se produira plutôt en 2026. Quant aux taux d’intérêt, ils feront toujours partie des variables du marché. Je pense parfois que les gens y prêtent beaucoup trop d’attention. La direction que prennent les taux d’intérêt est une bonne nouvelle, mais le point important est plutôt leur niveau. Beaucoup de petites sociétés n’ont pas pu renouveler leurs prêts à un taux décent au cours des dernières années en raison du niveau d’incertitude du marché et de l’économie. Je crois toutefois que le thème de l’incertitude sera moins important. Je ne pense pas que nous ayons besoin de nouvelles baisses de taux en 2026, même s’il y en aura probablement. Je suis d’accord avec M. Gannon lorsqu’il affirme que la croissance des bénéfices sera un moteur beaucoup plus important du rendement des sociétés à petite capitalisation en 2026.
Pensez-vous que les taux doivent continuer à baisser pour que les sociétés à petite capitalisation dépassent celles à grande capitalisation en 2026?
Lauren Romeo : Je ne le crois pas. Les valorisations absolues actuelles des sociétés à petite capitalisation américaines demeurent raisonnables et les arguments en faveur de leur retour à la moyenne de la valeur relative par rapport aux grandes capitalisations restent convaincants. Les sociétés à petite capitalisation viennent également de sortir d’une période de récession des résultats qui a duré plus de deux ans. Le retour à la croissance des résultats des petites capitalisations, et, surtout, à un rythme prévu beaucoup plus rapide que celui des grandes capitalisations pourrait être le principal catalyseur de rendements supérieurs soutenus en 2026.
Pensez-vous que les sociétés à microcapitalisation, qui sont la catégorie d’actifs la plus performante depuis le creux d’avril, continueront de produire de bons rendements en 2026?
Jim Harvey : Les rendements des sociétés à microcapitalisation servent souvent de baromètre du risque. Dans la mesure où le marché continue d’être à l’aise avec les liquidités et la volonté de prendre des risques, les microcapitalisations devraient afficher de bons rendements. Certaines de ces sociétés sont de meilleure qualité, et si le marché continue de s’élargir, un plus grand nombre d’entre elles pourraient participer.
Lauren Romeo : Compte tenu de l’appréciation et de l’expansion rapide des ratios de valorisation des sociétés à microcapitalisation en 2025, je prévois que leur tendance des remontées précédentes se répétera. Cela signifierait que les sociétés plus spéculatives céderont leur place de meneur au sein de l’univers des petites capitalisations à des sociétés à petite capitalisation plus établies et de meilleure qualité, dont les modèles d’affaires sont éprouvés et durables. Comme M. Harvey l’a dit, certaines sociétés à microcapitalisation de qualité ou en voie d’atteindre ce statut pourraient bénéficier de ce changement de leadership.
Voyez-vous tous les bénéfices comme la clé pour que les sociétés à petite capitalisation s’emparent de la position de tête sur le marché de façon durable?
Francis Gannon : Absolument. Je pense que nous commencerons également à voir une rotation sur le marché vers un rendement plus largement réparti. M. Harvey et Mme Romeo sont probablement mieux outillés pour répondre à cette question, mais je crois que les sociétés qui fournissent l’intelligence artificielle (IA) céderont leur place de meneur à celles qui en bénéficient, et cela comprendra beaucoup d’entreprises au-delà des sociétés à mégacapitalisation. Comme les sociétés commencent tout juste à exploiter le potentiel des améliorations de productivité et d’expansion des marges, il s’agit d’un autre aspect du thème des bénéfices.
Jim Harvey : Je pense que c’est un très bon point. Le marché a favorisé les bénéficiaires évidents de l’IA dès le départ, mais cela va changer. En fait, nous avons investi dans des sociétés qui ont déjà bénéficié de cette phase initiale. Ce sont des sociétés qui fournissent des composants ou qui aident à construire les centrales électriques ou les réseaux, qui construisent les infrastructures et toutes les autres technologies et exigences industrielles pour que l’IA devienne réalité. Cette trajectoire se poursuivra, pour renchérir sur ce que M. Gannon a dit. Et l’avantage selon moi, c’est que certaines des sociétés qui semblent sur le point d’en bénéficier ont été malmenées à cause de l’idée voulant que l’IA remplacera tout. Il y a donc des sociétés de conseil et des entreprises de logiciels qui viennent d’être mises à mal. Nous parlons toutefois aux représentants de beaucoup d’entre elles et menons beaucoup de recherches et d’analyses. Nous croyons qu’un nouveau thème ressortira selon lequel ces sociétés sont en fait des bénéficiaires de l’IA et que leur rentabilité est susceptible de s’améliorer. Nous avons déjà vu une dynamique similaire au sein des sociétés à petite capitalisation : certains segments du marché sont vraiment malmenés avant que d’autres investisseurs réalisent que ces sociétés pourraient bénéficier d’une nouvelle technologie et leurs actions ont alors tendance à rebondir.
La croissance estimée des bénéfices des petites capitalisations devrait être supérieure à celle des grandes capitalisations en 2026
Croissance du BPA sur un an
Source : FactSet. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Le bénéfice par action (BPA) correspond au bénéfice d'une société, divisé par le nombre d'actions ordinaires en circulation. Les estimations de croissance du BPA correspondent à la moyenne précalculée des taux de croissance du BPA sur deux ans estimés par les analystes des sociétés de courtage. Ces estimations correspondent à la moyenne de celles fournies par les analystes travaillant pour des sociétés de courtage qui effectuent des recherches sur chaque titre individuel, comme indiqué par FactSet. Tous les titres autres que des actions, les sociétés d'investissement et les sociétés non couvertes par des analystes de courtage sont exclus.
Quelle est l’importance de l’IA?
Lauren Romeo : Pour citer Mark Twain et rebondir sur les propos de MM. Gannon et Harvey, « La ruée vers l’or est un moment profitable pour les entreprises de pics et de pelles. » Les milliards de dollars qu’OpenAI, ses concurrents et leurs partenaires de l’écosystème ont investis pour financer des investissements continus dans les modèles d’IA, la puissance de calcul, la capacité des centres de données, etc. font la une des journaux presque quotidiennement.
Certaines sociétés ont déjà profité de ces dépenses puisqu’elles fournissent des produits ou services différenciés qui sont des catalyseurs clés de l’évolution de l’IA et de la construction des infrastructures liées à l’IA. En voici quelques exemples : deux fournisseurs de cartes sondes avancées essentielles pour tester des puces mémoires et des processeurs graphiques complexes à large bande passante; un fabricant de produits d’infrastructures essentielles qui est un fournisseur national dominant de structures utilitaires hautement techniques nécessaires pour que les services publics solidifient leurs réseaux et étendent la transmission à haute tension en raison de la hausse de la demande (alimentée en partie par les centres de données d’IA); un fournisseur de services d’infrastructures spécialisées qui est un acteur de référence dans la préparation de sites pour des projets de construction essentiels à la mission, tels que les centres de données et les fabricants de semi-conducteurs; et une société d’ingénierie et de conseil de premier plan qui apporte l’expertise du domaine aux clients intégrant l’apprentissage automatique et l’IA dans leurs systèmes et produits et qui aide à résoudre les enjeux et les différends qui peuvent survenir.
Pensez-vous qu’il existe un aspect sous-exploré dans le thème d’IA de certaines entreprises laissées pour compte, mais qui bénéficieront réellement de l’IA?
Jim Harvey : Cette dynamique existe dans les sociétés de services informatiques, qui ont toujours généré de bons rendements pendant les périodes de perturbations technologiques. Nous en sommes probablement à la troisième ou quatrième phase de perturbations technologiques depuis que je travaille dans l’industrie. Dans chacune d’elles, ces sociétés de services informatiques en sont ressorties plus fortes. Les phases les plus récentes sont particulièrement fascinantes, car le marché laisse entendre que les entreprises n’ont tout simplement pas besoin d’aide pour comprendre l’IA, ce qui me paraît insensé. Les modèles d’affaires de ces sociétés pourraient certainement changer un peu : elles pourraient avoir besoin de moins de main-d’œuvre, ce qui est compréhensible, mais elles investissent dans l’IA et dans ces types de capacités depuis une décennie, alors nous pensons qu’elles sont parfaitement placées pour aider les entreprises. Le cours des actions nous indique pourtant que le marché n’est pas d’accord avec nous.
Comme on accorde tant d’attention à l’IA, quels segments du marché, moins en vogue, trouvez-vous prometteurs?
Lauren Romeo : Nous privilégions les sociétés dont les modèles d’affaires sont durables et le rendement du capital investi, élevé dont la valorisation nous semble raisonnable. Au cours des derniers mois, nous avons trouvé des entreprises raisonnablement valorisées présentant ces caractéristiques dans plusieurs secteurs, tels que les biens de consommation courante et dans diverses industries, telles que les services commerciaux et professionnels, les transports et les marchés financiers.
Jim Harvey : Nous avons récemment ajouté quelques titres dans le secteur des biens de consommation cyclique, qui semblent avoir été sanctionnés de manière excessive en raison des craintes liées aux tarifs douaniers. L’un des sujets qui n’a pas reçu beaucoup d’attention est que le sort des tarifs douaniers repose entre les mains de la Cour suprême qui devrait rendre sa décision sous peu. Si la Cour décide que les tarifs douaniers dans leur forme actuelle sont illégaux et qu’elle ordonne potentiellement leur remboursement, le marché pourrait bouger. Une telle décision pourrait représenter une aubaine pour de nombreuses sociétés et pourrait aider les consommateurs à changer leur attitude toujours négative même si les dépenses ont été assez robustes. On ne parle pas non plus beaucoup des effets potentiellement positifs du Big, Beautiful Bill, même si plusieurs des sociétés dans lesquelles nous avons investi ont commencé à en parler au cours des deux derniers trimestres. Je crois que les effets des allégements fiscaux et des mesures incitatives à la dépense se feront vraiment sentir tout au long de 2026 et que les sociétés à petite capitalisation pourraient en bénéficier de façon importante.
Nous avons également augmenté nos activités dans le secteur de l’énergie et dans certains segments de celui des soins de santé au-delà de la biopharmacie, qui a vraiment dominé le rendement des sociétés à petite capitalisation en 2025. Nous avons fait de même dans ceux où nous avons vu des sociétés bénéficier des dépenses liées à l’IA. Ainsi, dans la mesure où il y aura un élargissement des rendements, nous pensons que nous sommes assez bien placés pour en profiter.
Comme le capital-investissement, les placements alternatifs et les sociétés qui émettent deux catégories d’actions sont des options d’investissement qui attirent de plus en plus les investisseurs particuliers ordinaires, qu’est-ce qui donne aux sociétés à petite capitalisation un avantage sur ces options selon vous?
Lauren Romeo : Je dirais qu’à long terme, les sociétés à petite capitalisation de qualité (par exemple, celles qui offrent un rendement du capital investi élevé, qui sont peu endettées et dont la gestion est éprouvée) ont toujours offert aux investisseurs des rendements annuels composés attrayants tout en comportant moins de risque que l’indice de référence, mais aussi des liquidités plus importantes, moins d’effet de levier et des frais inférieurs à ceux du capital-investissement.
Les sociétés à petite capitalisation dans leur ensemble ont également été négligées par rapport à celles à grande capitalisation depuis plus d’une décennie, ce qui a créé un retour important au potentiel moyen de la catégorie d’actifs, tant sur le plan de la valorisation que du rendement. À l’inverse, dans le domaine des capitaux privés, en particulier le capital-investissement, les rendements ont peut-être atteint un sommet compte tenu de l’abondance des levées de fonds et de la nouvelle concurrence au cours de la dernière décennie, de la normalisation des taux d’intérêt et des sorties retardées pour les titres en portefeuille. Comme M. Gannon l’a mentionné, les sociétés à petite capitalisation profitent du « problème de sortie » du capital-investissement, et, en 2025, certaines acquisitions de sociétés financées par du capital-investissement se sont effectuées à des ratios inférieurs aux leurs et nettement inférieurs aux moyennes de leur secteur.
Enfin, même si les dernières données montrent que les liquidités de capital-investissement mondial ont baissé de plus de 5 % par rapport à leur sommet, il y a encore plus de 2 100 milliards de dollars américains de capital non-engagé. Une partie de ces liquidités seront probablement utilisées et les sociétés cotées en bourse, notamment celles à petite capitalisation, continueront financer les acquisitions de capital-investissement. Nous pensons que les sociétés de qualité demeurent attrayantes, car elles possèdent les caractéristiques des modèles d’affaire et financiers cohérentes avec celles recherchées par les investisseurs privés (et stratégiques). Le pourcentage élevé de sociétés à petite capitalisation non rentables au sein de l’indice Russell 2000 fait souvent la une des journaux. Cela assombrit toutefois le grand bassin des petites capitalisations de grande qualité qui génèrent constamment des rendements du capital investi supérieurs à la moyenne, d’excellents flux de trésorerie disponibles ainsi que des bilans sains. Comme leurs comparables à grande capitalisation, ces petites capitalisations remarquables possèdent des avantages concurrentiels uniques et durables qui leur permettent d’accroître la valeur pour les actionnaires à des taux de rendement attractifs au moyen d’investissements dans l’entreprise ou d’occasions externes.
L’économie américaine continue de montrer des signaux contrastés. Quelles sont vos réflexions sur l’économie et comment l’incertitude influence-t-elle le positionnement du portefeuille?
Jim Harvey : Je suis assez optimiste sur l’économie. La Coupe du monde sera disputée en Amérique du Nord dans 11 villes hôtes américaines dans chaque région du pays. Cela crée et continuera de créer beaucoup d’activité économique dans tout le pays, notamment par un grand nombre de touristes qui viendront assister aux parties. Il y a aussi le 250e anniversaire de l’indépendance américaine en juillet, un autre événement positif pour les États-Unis. Je crois que ces événements devraient aider à renforcer la confiance des consommateurs, ce qui est une autre raison pour laquelle nous avons ajouté des titres dans le secteur des biens de consommation cyclique.
Chris Clark : Pour revenir sur ce qu’a dit M. Harvey, l’économie et le marché pourraient être idéaux en 2026. La combinaison des dépenses gouvernementales, de la baisse de l’inflation, de la baisse des taux, d’une reprise du logement et de la croissance des bénéfices peut vraiment faire grimper les cours des actions et faire croître l’économie. Certaines situations géopolitiques évidentes peuvent peser sur la croissance, surtout au Venezuela et en Ukraine, mais beaucoup d’événements positifs peuvent se produire au cours des 12 prochains mois.
Lauren Romeo : Une bonne chose à propos de l’approche d’acquéreur d’entreprise est qu’elle nous oblige à être des analystes d’affaires, pas des macroéconomistes. Bien que nous comprenions les effets que différents facteurs économiques peuvent avoir sur nos placements, nous évaluons principalement les sociétés en fonction du pouvoir de leurs flux de trésorerie à long terme et à travers les cycles (c’est-à-dire dans les sommets et les creux). Les sociétés de qualité ont souvent un caractère « toutes saisons ». Leurs bilans sains et leur génération de flux de trésorerie disponibles relativement prévisible leur permettent non seulement de traverser des périodes économiques difficiles, mais aussi de passer à l’offensive et de ravir des parts de marché à leurs concurrents plus faibles ou de les acquérir. Dans les périodes historiques plus typiques de croissance économique, les sociétés de qualité ont tendance à dépasser leurs marchés, car elles fournissent souvent des services ou des produits uniques et différenciés qui sont essentiels au succès de leurs clients ou qui permettent de profiter de facteurs favorables à la demande à long terme.
Francis Gannon : Je pense que les gens ne réalisent pas encore l’un des aspects importants du projet de loi sur le budget fédéral, qui permet maintenant un amortissement de 100 % et qui pourrait donc être à l’origine d’un cycle robuste de dépenses en capital en 2026. Il sera intéressant de voir ce que faisaient les sociétés lorsque les résultats du quatrième trimestre seront publiés. Les taux d’imposition des bénéfices des sociétés pourraient également baisser de façon assez importante, ce qui sera à mon avis très bénéfique pour les sociétés à petite capitalisation. Si l’on y ajoute la déréglementation, une ou deux autres baisses du taux des fonds fédéraux par la Réserve fédérale américaine, des allégements tarifaires possibles, le rapatriement de la production et le thème des bénéfices, je crois que l’économie devrait être très saine, ce qui devrait également améliorer les rendements déjà excellents des sociétés à petite capitalisation.
Quelles sont vos perspectives pour 2026?
Jim Harvey : Nous révisons régulièrement nos thèmes de valeur, ce qui nous aide à encadrer les raisons pour lesquelles nous continuons à détenir nos positions. Nous avons constaté que beaucoup de sociétés semblent mal valorisées en fonction de leur potentiel de bénéfices et nous croyons que le marché dans son ensemble reconnaîtra une grande partie de ce potentiel à court terme. L’une des choses les plus importantes que nous ayons vues est que même si l’indice Russell 2000 s’approche de nouveaux sommets, il y a encore des segments du marché qui n’en ont pas profité, un constat habituel lors de remontées. Il y a presque toujours des occasions intéressantes à des prix très bas que nous croyons avantageux. J’ai parlé des soins de santé tout à l’heure. Ce secteur offre un bon aperçu de l’année à venir. Au sein des petites capitalisations, beaucoup de sociétés hors du segment de la biopharmacie semblent très intéressantes. Nous pensons qu’on assistera probablement à une rotation vers le secteur, et nous nous devons de prendre les devants pour que nos investisseurs puissent potentiellement en profiter plus tard.
Parmi nos quatre thèmes d’investissement actuels, le plus important est celui de la croissance sous-évaluée, où l’on retrouve beaucoup de sociétés qui sont intéressantes selon nos filtres en raison de leurs ratios cours/chiffre d’affaires et cours/valeur comptables bas. Nous avons discuté avec des équipes de direction et des analystes qui partagent notre point de vue selon lequel ces entreprises semblent prêtes à croître, même si le marché n’en est pas encore convaincu. Cela nous donne beaucoup d’occasions d’acheter des sociétés de croissance qui nous semblent formidables à des prix vraiment bas.
Lauren Romeo : Compte tenu de la forte expansion des ratios parmi les sociétés à petite capitalisation de qualité inférieure, telles que celles avec un faible rendement du capital investi, aucun profit et/ou des profils plus spéculatifs, il ne serait pas surprenant que leur leadership suive à nouveau son modèle historique et passe à des sociétés de meilleure qualité. Nous croyons que beaucoup des sociétés qui composent notre portefeuille ont créé une valeur économique mesurable en 2025 qui n’a pas été pleinement reflétée dans le cours de leurs actions. Cette déconnexion des valorisations, combinée à l’accélération de la croissance, soutenue par des modèles d’affaires durables comportant des occasions de réinvestissement repérables et à rendement élevé, devrait stimuler davantage la capitalisation de la valeur, créant un contexte intéressant pour les sociétés à petite capitalisation de qualité en 2026.
Francis Gannon : Je suis très optimiste, car on semble assister à une fusion presque parfaite entre les valorisations bon marché attractives et la grande qualité des sociétés. Lorsque l’on combine ces éléments, on obtient une exposition à plusieurs attributs exceptionnels, dont Mme Romeo et M. Harvey ont parlé. J’ajouterais que des qualités telles que la croissance entrepreneuriale, l’innovation, l’automatisation et la capitalisation à long terme n’ont pas encore été reconnues par l’ensemble du marché à plusieurs égards. Cela a créé des occasions très attrayantes qui me portent à croire que 2026 pourrait être une période assez formidable pour la catégorie d’actif et particulièrement pour la gestion active des sociétés à petite capitalisation.
Définitions
L’indice Russell 2000 est un indice d’actions nationales à petite capitalisation qui mesure le rendement des 2 000 plus petites sociétés américaines cotées en bourse de l’indice Russell 3000.
Un faible rendement du capital investi indique généralement qu’une société n’utilise pas efficacement son capital pour générer des bénéfices et peut éroder la valeur pour les investisseurs. Une société dont le rendement du capital investi est faible a souvent du mal à maintenir une croissance à long terme et est désavantagée sur le plan concurrentiel.
Une économie idéale est un état macroéconomique parfait, mais généralement temporaire, qui est « dans une zone de confort », ni trop vigoureux (causant une forte inflation) ni trop faible (risque de récession).
Le terme « fournisseurs essentiels du segment de l’IA » (pics et pelles) désigne les entreprises et les secteurs qui fournissent les outils, les infrastructures et les services fondamentaux nécessaires à l’élaboration et à l’exploitation de l’IA, plutôt que les applications d’IA destinées aux consommateurs.
Les dépenses en capital désignent les dépenses d’investissement dans des actifs à long terme (immobilisations). Ces dépenses comprennent les nouveaux bâtiments, les machines et autres équipements nécessaires au fonctionnement quotidien d'une entreprise. La plupart des entreprises ont recours au financement des dépenses en capital pour financer leurs investissements à long terme.
QUELS SONT LES RISQUES?
Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Veuillez noter qu’un investisseur ne peut pas investir directement dans un indice. Les rendements des indices non gérés ne tiennent pas compte des frais, des dépenses ou des commissions de vente.
Les actions sont tributaires de la fluctuation des cours et peuvent entraîner une perte de capital.
Les matières premières et les devises comportent des risques accrus liés à la situation des marchés, politique, réglementaire et climatique et ne conviennent pas forcément à tous les investisseurs.
Les actions à petite et moyenne capitalisation comportent un degré de risque et de volatilité plus élevé que les actions à grande capitalisation.
Les bons du Trésor américain sont des titres de créance directs « émis et entièrement garantis » par le gouvernement des États-Unis. Cette garantie concerne les versements de capital et d’intérêts des bons du Trésor américain, à condition que l’investisseur conserve les titres jusqu’à l’échéance. Contrairement aux bons du Trésor américain, les titres de créance émis par des institutions et organismes fédéraux, ainsi que les instruments connexes, ne sont pas toujours entièrement garantis par le gouvernement des États-Unis. La garantie du gouvernement des États-Unis à l’égard des versements de capital et d’intérêts ne concerne pas les pertes découlant de la baisse de valeur marchande de ces titres.
Les sociétés et études de cas mentionnées dans le présent document sont utilisées uniquement à des fins d’illustration; ces placements peuvent faire ou ne pas faire actuellement partie d’un portefeuille conseillé par Placements Franklin Templeton. Les informations fournies ne constituent pas une recommandation ou un conseil d’investissement individuel pour un titre, une stratégie ou un produit d’investissement particulier et ne sont pas une indication de l’intention de négociation d’un portefeuille géré par Franklin Templeton. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur.
Les données et les chiffres cités dans cet article proviennent de Russell Investments, Factset, Bloomberg et Reuters.
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