Points essentiels à retenir
- Le leadership boursier a continué de s’élargir en janvier, les titres de valeur, les petites capitalisations et les actions hors États-Unis gagnant en dynamisme, une tendance que nous croyons appelée à se poursuivre en 2026 grâce à l’élargissement de la croissance des bénéfices.
- Le tableau de bord de récession américaine de ClearBridge continue d’afficher un solide signal global expansionniste (vert), l’indice ISM des nouvelles commandes s’étant amélioré en janvier. Nous croyons que l’économie demeurera robuste durant la première moitié de 2026, soutenue par les vents favorables budgétaires liés aux remboursements d’impôts OBBB.
- La forte concentration du marché représente une occasion pour les gestionnaires actifs capables d’éviter les risques de concentration intégrés aux indices de référence. Par le passé, les actions hors États-Unis ont affiché de solides rendements dans les années suivant des périodes de forte concentration du marché américain.
La nouvelle année a repris là où la dernière s’était arrêtée, le leadership du marché des actions en janvier ayant subi un changement. L’indice de valeur Russell 1000 a dépassé l’indice de croissance Russell 1000 de six points de pourcentage en termes de prix, tandis que l’indice Russell 2000 des petites capitalisations a rapporté environ quatre points de pourcentage de plus que l’indice Russell 1000 des grandes capitalisations. L’indice des rendements des Sept géants de Bloomberg n’a augmenté que de 0,6 % pour le mois, autre signe que notre appel de longue date en faveur d’un élargissement du leadership boursier continue de se concrétiser.
Ce point de vue a été fondé sur une amélioration des bénéfices des sociétés, la distribution plus large des bénéfices étant le principal catalyseur d’un mouvement soutenu. Nos recherches montrent qu’à long terme, les bénéfices stimulent la majorité des rendements boursiers. Au niveau des indices, les bénéfices sont étroitement liés aux cycles économiques, ce qui explique en partie pourquoi le tableau de bord de récession américaine de ClearBridge demeure notre boussole pour établir une vue d’ensemble tant sur l’économie américaine que sur les marchés financiers.
Pour être clairs, l’adage voulant que « la Bourse n’est pas l’économie » demeure vrai et, à cet égard, le tableau de bord n’est pas la fin de notre analyse, mais plutôt son point de départ. À l’heure actuelle, le tableau de bord continue d’afficher solide signal global expansionniste (vert). Ce mois-ci, un changement positif est à noter : l’indice ISM des nouvelles commandes est passé au vert à la suite d’une publication exceptionnelle, ce qui indique un possible rebond dans le secteur manufacturier dans les prochains mois (voir illustration 1)
Plusieurs grandes entreprises technologiques ont publié d’excellents résultats pour le quatrième trimestre et l’ensemble de l’exercice 2025, notamment Apple, Meta Platforms et Microsoft. Alors que la saison des résultats se situe à mi-étape, et malgré des indications contrastées ainsi que des réactions boursières mitigées, notamment parmi les méga-capitalisations, le secteur technologique se distingue de nouveau, avec une croissance du BPA attendue à plus du double du rythme de l’indice de référence. Cependant, cet avantage en matière de bénéfices devrait se réduire en 2026, les titres des sociétés à moyenne et petite capitalisation (SMID) ainsi que l’indice S&P 493 (les 493 titres du S&P 500 hors Sept géants) étant appelés à continuer de combler l’écart de croissance du BPA, selon les analystes de maisons de courtage (voir illustration 2).
Illustration 1: Tableau de bord de récession américaine – Anatomie d’une récession

Données au 31 janvier 2026. Source : ClearBridge Investments
Illustration 2: En mode rattrapage

Le terme « consensus » dans le secteur des marchés financiers désigne la moyenne des estimations de bénéfices faites par les professionnels. Par « sept géants », on entend Microsoft (MSFT), Amazon (AMZN), Meta (META), Apple (AAPL), la société mère de Google, Alphabet (GOOGL), Nvidia (NVDA) et Tesla (TSLA). Données au 31 janvier 2026. Sources : FactSet, S&P.
Cet avantage en matière de bénéfices pour les plus grandes capitalisations de l’indice est un facteur important qui a débuté vers la fin de l’année dernière et qui, selon nous, a contribué à déclencher la rotation de leadership mentionnée plus haut. Pour la suite, nous estimons que cette dynamique se maintiendra, alimentée à court terme par le soutien budgétaire de la One Big Beautiful Bill. Au cours des prochains mois, les consommateurs à revenu moyen et supérieur-moyen (revenus d’environ 50 000 $ à 150 000 $) connaîtront la plus forte hausse de leurs remboursements d’impôts en proportion de leurs revenus, ce qui devrait stimuler les dépenses dans l’économie réelle. Nous croyons que les secteurs orientés vers le consommateur, tels que les restaurants, le commerce de détail et les voyages, pourraient en tirer des avantages significatifs. Les particuliers à revenu élevé bénéficieront eux aussi de remboursements importants, en raison de l’évolution du traitement de la déductibilité des impôts étatiques et locaux (SALT) dans le code fédéral. Ces contribuables ont toutefois tendance à consacrer une part plus importante de leurs remboursements à l’épargne et à l’investissement, ce qui laisse entrevoir un soutien potentiel aux marchés financiers en parallèle de l’économie réelle.
Avec le S&P 500 ayant atteint de nouveaux sommets historiques à la fin janvier et la possibilité d’une poursuite de la hausse à l’horizon, nous estimons que la puissance de la diversification demeure sous-estimée. Après la forte progression des titres de croissance au cours des dernières années, nous estimons que de nombreux investisseurs présentent aujourd’hui un déficit de diversification. Au fil des deux dernières décennies, la composition du S&P 500 s’est rapprochée de celle du NASDAQ QQQ, davantage orienté vers la croissance et la technologie, de sorte que plusieurs répartitions dites « essentielles » intègrent désormais une part importante de titres de croissance. Il en résulte que de nombreux investisseurs se retrouvent, souvent sans le vouloir, avec une surexposition à ces segments, ce qui pose des enjeux de concentration au sein des portefeuilles.
Illustration 3: Le nouveau visage du S&P 500

Remarque: QQQ est un FNB qui suit l’indice Nasdaq 100. Données au 31 janvier 2026. Sources : S&P, FactSet. La capitalisation boursière est calculée à partir de la somme des composantes.
Il y a plusieurs façons pour les investisseurs d’atténuer ce problème. Une approche consiste à privilégier la gestion active au sein des actions, les gestionnaires disposant de la flexibilité nécessaire pour contourner les risques de concentration inhérents aux stratégies indiciaires passives. Une autre approche consiste à accroître l’exposition aux titres de valeur afin de maintenir des biais de portefeuille conformes aux fourchettes stratégiques et tactiques de répartition par style.
Une troisième tactique consiste à augmenter l’exposition aux actions non américaines. À titre d’exemple, l’indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis a surpassé le S&P 500 de 2,7 % en moyenne par année au cours des cinq années suivant des périodes de forte concentration du marché américain (supérieure à 24 %). La concentration est actuellement élevée, les 10 principaux titres représentant désormais 40 % du S&P 500. Cette dynamique semble déjà à l’œuvre, les actions hors États-Unis prolongeant leur solide parcours de 2025 par un nouveau rendement supérieur par rapport au marché américain en janvier. Fait important, l’histoire montre que cette dynamique peut s’étendre sur plusieurs années.
Illustration 4: La concentration mène à des occasions non américaines

Les données présentées sont de déc. 1989 à aujourd’hui, au 31 jan. 2026. Sources : S&P, FactSet et Bloomberg.
Il est presque certain que des obstacles ponctuels surgiront au cours des 11 prochains mois, mais nous sommes encouragés par la résilience du marché et par l’ampleur de la participation observée dès le premier mois de l’année. Nous estimons qu’il est probable que la tendance amorcée à la fin de 2025, soit l’élargissement de la croissance des bénéfices et le changement du leadership sur les marchés, se poursuive compte tenu des facteurs fondamentaux sous-jacents. Cela contraste avec plusieurs changements de leadership avortés observés ces dernières années, où la progression des multiples a davantage porté les mouvements boursiers que la croissance des bénéfices. Or, la situation récente diffère : nous considérons qu’il s’agit d’un élément distinctif important, susceptible d’apporter un nouvel élan et de prolonger le mouvement actuel au cours des prochains mois.
Définitions
Le tableau de bord du risque de récession de ClearBridge est un ensemble de 12 indicateurs qui examinent la vigueur de l’économie américaine et la probabilité d’un ralentissement économique.
L’indice Russell 1000 mesure la performance des 1 000 plus grandes entreprises de l’indice Russell 3000, qui représentent environ 92 % de la capitalisation boursière totale de l’indice Russell 3000.
L’indice Russell 2000 est un indice d’actions nationales à petite capitalisation qui mesure le rendement des 2 000 plus petites sociétés américaines cotées en bourse de l’indice Russell 3000.
L’indice des rendements des Sept géants de Bloomberg est un indice de référence pondéré à parts égales, composé d’un panier fixe de sept sociétés largement négociées aux États-Unis. Il couvre les secteurs des services de communication, des biens de consommation cyclique et des technologies, tels que définis par le système de classification sectorielle (BICS) de Bloomberg.
L’indice S&P 500 est un indice non géré de 500 actions qui, dans l’ensemble, témoigne des résultats des grandes entreprises aux États-Unis. Le S&P 493 représente l’indice S&P 500 à l’exclusion des « Sept géants » des technologies (Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta, Tesla, Nvidia).
L’indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis représente les grandes et moyennes capitalisations de 22 des 23 pays développés (à l’exclusion des États-Unis) et de 24 pays émergents.
Les SMID font référence à un segment de marché combinant des actions des sociétés à moyenne et petite capitalisation.
La loi intitulée One Big Beautiful Bill Act de 2025 est un texte fédéral adopté par le 119e Congrès des États-Unis. Elle regroupe des mesures fiscales et budgétaires qui constituent le cœur du programme du président Donald Trump pour son second mandat. Le projet de loi a été signé par le président Trump le 4 juillet 2025.
Le bénéfice par action (BPA) correspond au bénéfice d’une société, divisé par le nombre d’actions ordinaires en circulation.
QUELS SONT LES RISQUES?
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