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Points essentiels à retenir

  • L'inflation impulsée par l’énergie et les risques géopolitiques augurent un maintien prolongé des taux d'intérêt à des niveaux élevés.
  • De nombreux flux de trésorerie liés aux infrastructures intègrent une répercussion de l'inflation, permettant ainsi de protéger les rendements réels à moyen et long terme.
  • La sensibilité à l'inflation varie selon le type d'actif : les services aux collectivités réglementés ont tendance à ajuster les rendements au fil du temps, à mesure que les organismes de réglementation redéfinissent les rendements autorisés, tandis que les actifs fonctionnant selon le principe de financement par l'usager et ceux gérés sous contrat dépendent davantage des conditions de concession, des clauses d'indexation des contrats et de l'exposition à la demande.

L'escalade du conflit au Moyen-Orient a accru le risque d'une inflation tirée par les prix de l'énergie et renforcé les perspectives de pressions à la hausse sur les taux d'intérêt à l'échelle mondiale. Il est difficile de prédire à la fois la durée de la guerre en Iran et ses répercussions sur les marchés mondiaux de l'énergie, alors que le bouleversement de la chaîne d'approvisionnement fait grimper les prix du pétrole. Des banques centrales telles que la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont établi un lien entre la guerre et une inflation plus élevée, suscitant des inquiétudes quant à un report des baisses de taux, voire à la nécessité de hausses de taux.

Comment les infrastructures mondiales, généralement détenues pour leurs revenus, se positionnent-elles dans un contexte d’inflation plus élevée?

Les conséquences de la hausse de l'inflation et des taux pour les sociétés d’infrastructure cotées en bourse dépendent de la raison de cette hausse. Elles dépendent également du type d'actif. Nous en distinguons deux :

  • Les actifs réglementés, dont les revenus sont normalement définis par le rendement d'une base d'actifs sous-jacente, elle-même définie par le niveau d’investissement. Si les modalités de fixation des rendements varient considérablement d'un actif à l'autre, la principale différence réside dans le fait que les prix et les actifs sont indexés sur les rentrées de fonds basées sur le coût réel du capital (p. ex., au Royaume-Uni et en Australie), ou que les organismes de réglementation examinent les actifs nominaux et accordent un rendement nominal.
  • Les actifs financés par les usagers, pour lesquels le contrôle des prix des actifs de transport est généralement défini dans un contrat de concession, le risque lié au volume étant assumé par l'opérateur. D'autres infrastructures (p, ex., les communications) font souvent l'objet de contrats à long terme qui prévoient une indexation des prix.

Actifs réglementés

L'une des caractéristiques les plus importantes des actifs réglementés est que les organismes de réglementation définissent les rendements en fonction de leurs prévisions quant à l'évolution future des taux d'intérêt et du coût du capital. Lorsque les taux d'intérêt augmentent, les organismes de réglementation doivent augmenter les rendements autorisés afin de faciliter le financement futur des investissements en capital. Ces augmentations ne se produisent pas immédiatement, mais à moyen terme, les rendements réglementés devraient augmenter ou diminuer en fonction des variations du coût du capital.

Dans les pays où les prix sont révisés régulièrement (p. ex., au Royaume-Uni), les organismes de réglementation réexaminent le coût du capital à chaque période de contrôle des prix. Aux États-Unis ou au Canada, les entreprises demandent l'autorisation d'augmenter leurs prix et les organismes de réglementation évaluent le coût du capital approprié au cours de la procédure.

Le cadre juridique régissant les services aux collectivités impose généralement aux organismes de réglementation d'offrir des rendements raisonnables. Par conséquent, la variation des taux d'intérêt se répercute sur les flux de trésorerie futurs à moyen et long terme. Les variations à court terme peuvent toutefois avoir une incidence sur les valorisations, selon le moment où les ajustements réglementaires sont effectués.

Actifs financés par les usagers

Les actifs financés par les usagers se comportent différemment de ceux des services aux collectivités réglementés en ce sens qu’ils sont généralement plus exposés à la croissance du produit intérieur brut (PIB). Les flux de trésorerie augmentent au cours de phases de reprise conjoncturelle, et les flux de trésorerie à long terme peuvent ne pas réagir immédiatement aux variations des taux d’intérêt. Ce comportement dépend également du fait que les rendements soient indexés ou non sur l’inflation. Dans le cas des autoroutes à péage, par exemple, les mécanismes d'indexation sur l'inflation varient d'un pays à l'autre. Les concessions au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Espagne, en Australie et au Canada ont tendance à intégrer un bon mécanisme d'indexation sur l'inflation basé sur une formule, les péages augmentant selon le plus élevé des deux indicateurs suivants : l'indice des prix à la consommation (IPC) ou un montant minimum contractuel. Aux États-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays nordiques, les concessions contiennent toujours des mécanismes essentiels permettant la répercussion de l'inflation, bien que de manière plus modérée.

Étude de cas 1 : Services aux collectivités européens

Si les réglementations des différents pays européens présentent diverses différences techniques, elles visent essentiellement à protéger les rémunérations que les services aux collectivités perçoivent pour leurs investissements en capital contre les fluctuations macroéconomiques, dont l’inflation. Il existe néanmoins une différence majeure au sein du secteur : les rendements autorisés (c.-à-d. le coût moyen pondéré du capital ou CMPC) sont fixés soit en termes nominaux (comme en Espagne ou au Portugal) soit en termes réels (comme au Royaume-Uni ou en Italie).

CMPC et rendements autorisés fixés en termes nominaux

Lorsque le CMPC est fixé en termes nominaux, la base d'actifs régulés (BAR) et les allocations totales pour les dépenses d'investissement et d'exploitation sont exprimées en termes nominaux par l'organisme de réglementation. Par conséquent, les fluctuations annuelles de l'inflation n'ont aucune répercussion sur les revenus autorisés.

Les entreprises dont le CMPC et les rendements autorisés sont fixés en termes nominaux sont considérées comme bénéficiant d’une faible inflation : lorsque l’inflation demeure modérée, les propriétaires d’actifs peuvent être surcompensés dans les flux de trésorerie réglementés afin de couvrir l’inflation des coûts liés aux dépenses d’investissement et d’exploitation (en raison des provisions fixées en termes nominaux), et inversement, au cours de la période.

Toutefois, la baisse des taux de rendement obligataires nominaux découlant d’un faible taux d’inflation serait prise en compte dans la marge de rendement de l’organisme de réglementation au cours de la prochaine révision du CMPC, et inversement. Par exemple, pour les réseaux électriques en Espagne, la marge du CMPC est fixée en termes nominaux pour la nouvelle période de régulation 2026-2031, en référence à l’inflation passée et prévue. Ainsi, les rendements autorisés permettent la répercussion de l’inflation réelle, bien qu’avec un décalage de quelques années.

CMPC et rendements autorisés fixés en termes réels

Lorsque le CMPC est fixé en termes réels, des paramètres comme la base d'actifs régulés (BAR) et le total des dépenses d'investissement et d'exploitation sont généralement estimés et approuvés par l'organisme de réglementation en termes réels, en utilisant l'inflation prévue pour toute période de régulation. Les rendements autorisés par l'organisme de réglementation (rendements autorisés) sont ensuite ajustés chaque année en fonction de l'inflation réelle au cours de la fixation des flux de trésorerie réglementaires et de la base d'actifs, c.-à-d. qu'ils sont répercutés sur le client par le biais de taux plus élevés, parfois avec un décalage de quelques mois. Par conséquent, lorsque l'inflation s'avère plus élevée que les prévisions de l'organisme de réglementation avant le début de la période, il en découle une augmentation momentanée de la compensation des flux de trésorerie, et inversement.

Les entreprises dont le CMPC et les rendements autorisés sont fixés en termes réels sont considérées comme les bénéficiaires d'une inflation élevée.

Toutefois, lorsque l'on adopte une vision plus globale sur l'ensemble de la période de régulation, si l'inflation demeure élevée pendant plusieurs années, ce facteur est pris en compte dans les hypothèses retenues par l'organisme de réglementation à l'approche de la prochaine révision des prix, ce qui a pour effet de réduire le taux d'intérêt réel des obligations intégré dans le rendement autorisé. Les répercussions des facteurs liés à l'inflation sur les flux de trésorerie des actifs s'équilibrent sur le long terme. En outre, les entreprises peuvent disposer de mécanismes permettant d'atténuer davantage leur sensibilité à l'inflation, comme le recours à des obligations indexées sur l'inflation dans le cadre de leurs emprunts. Plus la part de la dette indexée sur l'inflation est élevée, plus les effets à court terme des chocs inflationnistes sur les flux de trésorerie sont modérés.

Étude de cas 2 : Services aux collectivités nord-américains

Fondamentalement, les services aux collectivités nord-américains sont relativement à l'abri des variations de l'inflation, car les prix facturés aux clients sont fixés dans le cadre d'un régime de régulation basé sur le coût du service. Dans ce modèle, les services aux collectivités sont autorisés à percevoir un rendement sur leur capital investi (p. ex., l'investissement d'un service aux collectivités d'électricité dans les poteaux et les câbles) et à récupérer les frais d'exploitation engagés de manière prudente (comme l'entretien, les taxes et le carburant, etc.), sous réserve de l'approbation de l’organisme de réglementation. Lorsque les coûts augmentent, les services aux collectivités peuvent déposer une demande de révision des prix ou utiliser des mécanismes d'ajustement établis afin de répercuter les dépenses supplémentaires sur les factures des clients. Bien que le moment de la récupération puisse varier, à moyen et long terme, les services aux collectivités augmentent généralement leurs prix en fonction de l'évolution des coûts sous-jacents.

La fixation des rendements autorisés constitue l'un des domaines dans lesquels l'inflation peut influer sur les services aux collectivités. En supposant que les taux d'intérêt réels demeurent inchangés, une inflation plus élevée entraîne généralement une hausse des taux d'intérêt nominaux, auxquels les organismes de réglementation se réfèrent souvent pour fixer le rendement des capitaux propres (RCP) autorisé d'un service aux collectivités.

Dans certains territoires de compétence, les RCP autorisés sont liés par une formule à des taux d'intérêt de référence particuliers et s'ajustent automatiquement dans des limites définies. En Californie, par exemple, les rendements autorisés sont ajustés chaque année lorsque les taux de rendement obligataires des services aux collectivités, sur la base des données de Moody's, varient de plus de 100 pb.

Dans d'autres États, les taux de rendement sont fixés dans le cadre de procédures périodiques d'ajustement des prix, où les conditions du marché des capitaux sont prises en compte dans l'évaluation. Quelle que soit l’approche, les organismes de réglementation cherchent à offrir des rendements suffisants pour attirer les capitaux tout en préservant l’accessibilité financière pour les clients.

Historiquement, les RCP autorisés ont tendance à s’ajuster progressivement plutôt qu’immédiatement en réponse aux variations des taux de rendement obligataires (illustration 1). Les organismes de réglementation privilégient généralement la stabilité et peuvent préférer attendre que les conditions du marché des capitaux évoluent de manière durable avant de réviser les rendements. Par conséquent, les fluctuations des taux d’intérêt se reflètent généralement dans les RCP autorisés au fil du temps plutôt que de manière immédiate à court terme.

Dans l'ensemble, si l'inflation et la variation des taux d'intérêt peuvent entraîner une volatilité des valorisations à court terme en raison du décalage réglementaire et de la fluctuation sur les marchés de capitaux, le cadre de référence du coût du service est conçu afin de permettre la récupération des coûts d'exploitation et d'investissement au fil du temps. Dans la mesure où les systèmes réglementaires demeurent efficaces, l’inflation est généralement répercutée directement ou indirectement, ce qui limite ses répercussions sur les flux de trésorerie à long terme.

NextEra Energy (NEE) offre un exemple actuel de la manière dont le cadre de coût du service favorise les répercussions de l'inflation au fil du temps. Au sein de son service aux collectivités réglementé, Florida Power & Light, un scénario de prix récemment approuvé, prévoit un RCP autorisé de 10,95 % (en hausse par rapport à 10,8 %), 2,2 milliards de dollars d’augmentation des prix de base jusqu’en 2029 et un mécanisme de stabilisation des prix qui favorise la visibilité des bénéfices et la possibilité de reporter de futurs scénarios de prix. L'inclusion d'un prix de forte consommation pour les centres de données souligne encore davantage comment les investissements en capital supplémentaires et la hausse des coûts peuvent être intégrés dans les prix au fil du temps.

Illustration 1: Lenteur de l'ajustement des rendements autorisés

Au 19 mars 2026. Source: ClearBridge Investments, Bloomberg Finance.

Étude de cas 3: Pipelines nord-américains

Dans le cas des pipelines intermédiaires nord-américains, les répercussions de l'inflation varient en fonction de la nature de l'accord commercial qui sous-tend les actifs de pipelines (illustration 2).

Illustration 2: Pilier commercial des actifs de pipelines

Au 19 mars 2026. Source: ClearBridge Investments.

Les sociétés de pipeline qui exploitent des canalisations de transport à longue distance bénéficient généralement du niveau de protection le plus élevé contre l'inflation, car elles fonctionnent selon une méthodologie de coût du service ou ont conclu des contrats d'achat ferme à long terme comportant des clauses d'indexation annuelle. Par exemple, la Canalisation Lakehead d'Enbridge (la partie américaine de la canalisation principale de transport de liquides) applique des prix indexés soit sur l'indice des prix à la production (IPP), soit sur le coût du service, tandis que la Canalisation Principale Canadienne (la partie canadienne de la canalisation principale de transport de liquides) applique des prix qui dépendent du PIB.

Les actifs de transport de gaz d’Enbridge ont récemment fait l’objet d’une révision des prix visant à les redéfinir afin de refléter, entre autres, l’inflation des coûts, ce qui s’est traduit par une hausse des bénéfices. Les actifs du secteur intermédiaire qui fonctionnent selon un contrat d'achat ferme à redevance fixe (tels que les cuves de stockage de sables bitumineux de Gibson Energy) ou selon un modèle de paiement à l’acte (tels que les infrastructures de collecte et de transformation de Williams) sont davantage exposés à l’inflation.

Dans la mesure où la hausse de l’inflation découle de la hausse des prix des matières premières, cela serait généralement une bonne chose pour les entreprises du secteur intermédiaire, pour les raisons suivantes :

  1. Des prix de matières premières plus élevés signifient des contreparties ou clients d'exploration et production en meilleure santé.
  2. Des prix plus élevés peuvent entraîner une intensification des activités d'exploration et production, ce qui peut se traduire par des besoins accrus en investissements d'infrastructure et de croissance.
  3. Les entreprises du secteur intermédiaire qui disposent de volumes non contractuels ou de divisions de commercialisation bénéficient directement de la vente de produits à des prix plus élevés.

Étude de cas 4 : Énergies renouvelables en Amérique du Nord

Le jeu global des mécanismes d'inflation a des répercussions modérées sur la valorisation des énergies renouvelables mondiales. Si les entreprises du secteur des énergies renouvelables sont largement rémunérées par des prix d'achat d'électricité fixes sur 10 à 20 ans ou par des accords partiellement indexés sur l'inflation, les rendements prévus dans le cadre de ces accords intègrent généralement des hypothèses d'inflation à long terme. Concrètement, cela signifie que même s’il n’y a pas de répercussions explicites de l’inflation sur les prix, une répercussion est implicite dans le cadre de la rédaction du contrat, et celui-ci contient souvent des marges de sécurité afin de faire face à la hausse de l’inflation. Par exemple, les entreprises du secteur des énergies renouvelables assurent leur croissance grâce à leur portefeuille de projets en développement, où les contrats à prix fixe pour la phase d’exploitation des actifs sont négociés en fonction de la situation actuelle sur le marché.

Parallèlement, les technologies entraînent une baisse des coûts, préservant ou augmentant les marges des entreprises du secteur des énergies renouvelables. L'automatisation et les logiciels se traduisent par une baisse des coûts d'exploitation et de maintenance (les principaux facteurs de coûts), une tendance que les entreprises pensent généralement voir se poursuivre. Bloomberg New Energy Finance prévoit que les coûts d'investissement dans les énergies renouvelables continueront de baisser jusqu'en 2050. Par exemple, le photovoltaïque solaire devrait connaître une baisse annualisée de 3 % jusqu'en 2040.

Étude de cas 5 : Autoroutes à péage

Les droits d'exploitation des autoroutes à péage sont généralement accordés dans le cadre d'une concession et ont donc, par nature, une durée de vie limitée. Les actes de concession définissent les paramètres selon lesquels l'autoroute à péage peut être exploitée et, dans la plupart des cas, stipulent les modalités d'augmentation des prix de péage. En général, la hausse des prix est indexée sur l'inflation, mais il existe toutefois plusieurs variantes, notamment :

  • Répercussion intégrale de l'inflation (p. ex., la Westlink M7 à Sydney)
  • Répercussion partielle de l'inflation (p. ex., 0,7 fois l'IPC sur les principales autoroutes à péage françaises et italiennes)
  • Répercussion de l'inflation avec un seuil plancher (p. ex., WestConnex à Sydney applique le plus élevé entre l'IPC et 4 % jusqu'en 2040)
  • Aucun lien avec l'inflation (p. ex., la 407 ETR à Toronto et l'I-95 en Virginie sont libres de fixer leurs prix sous réserve de certaines contraintes)

Une société de péage comme Transurban peut appliquer différents mécanismes d'indexation, même au sein d'un même pays. À Sydney, les péages sont indexés chaque trimestre sur l'IPC trimestriel australien. À Melbourne, ils augmentent de 1,05 % par trimestre, soit l'équivalent de 4,25 % par an; à partir de juillet 2029, ils seront indexés chaque trimestre sur l'IPC australien. À Brisbane, les péages augmentent chaque année en fonction de l'IPC de Brisbane. Les péages du tunnel WestConnex à Sydney augmentent chaque année de 4 % ou de l'IPC australien, la valeur la plus élevée étant retenue, jusqu'en décembre 2040.

Les différences dans la répercussion de l'inflation décrites ci-dessus tendent à entraîner les conséquences suivantes :

  • Une répercussion intégrale de l'inflation conduira probablement à une sensibilité limitée.
  • Une répercussion partielle de l'inflation entraînera une sensibilité accrue, bien que les coûts soient généralement fixes et augmentent avec l'inflation, ce qui permet d'améliorer les marges d'EBE grâce à la croissance du trafic (historiquement, c'est la raison pour laquelle il existe une répercussion partielle de l'inflation, car l'inflation est prise en compte après les coûts).
  • L’augmentation des prix plancher signifie que les valorisations sont sensibles en dessous du seuil d'inflation. Lorsque l'inflation diminue, la valorisation augmente, et inversement.
  • Les concessions sans indexation sur l'inflation impliquent généralement que les valorisations sont davantage affectées par la congestion du trafic et, par conséquent, par la situation économique.

De ce fait, l'inflation est généralement répercutée, ce qui rend les valorisations des autoroutes à péage moins sensibles aux variations des taux obligataires nominaux lorsque celles-ci sont induites par une hausse de l'inflation. Les valorisations des autoroutes à péage sont toutefois très sensibles aux variations des taux obligataires réels en l'absence d'une hausse de l'inflation, ce qui augmente les taux d'actualisation sans bénéficier des hausses de flux de trésorerie induites par l'inflation. Il convient également de noter que l'inflation survient souvent en période d'activité économique accrue, ce qui se traduit généralement par une augmentation du trafic, compensant davantage les effets de l'inflation du point de vue de la valorisation.

Étude de cas 6 : Aéroports

Les aéroports sont généralement assujettis à une certaine réglementation, et leur sensibilité à l’inflation dépend donc en partie du modèle réglementaire de l’aéroport. La plupart des aéroports fonctionnent selon un système à double caisse, où les activités aéronautiques sont réglementées et les activités non aéronautiques (parfois appelées activités commerciales — concessions de vente au détail, points de vente de restauration et parkings) ne le sont pas. Nous montrons ici comment ces deux types d’activités fonctionnent pour Aéroports de Paris (illustrations 3 et 4).

En général, ces deux sources de revenus peuvent répercuter les hausses d'inflation, bien que la manière dont cela se produit varie :

  • Activités aéronautiques : en règle générale, les organismes de réglementation fixent un taux de rendement autorisé que les activités aéroportuaires réglementées peuvent dégager. Ce taux de rendement autorisé est généralement fixé pour une période de cinq ans et comprend une estimation de l'inflation. Les hausses ou baisses des prévisions d’inflation sont intégrées au cours de la prochaine révision quinquennale et se répercutent sur les prix réglementés. De plus, au moment de la fixation des prix pour cinq ans, les hausses de prix sont souvent définies comme IPC + x, ce qui signifie que les prix sont ajustés chaque année en fonction de l’inflation. Ainsi, les activités aéronautiques peuvent être exposées au risque d'inflation pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans, mais dans de nombreux cas, les décisions réelles en matière de prix sont indexées sur l'inflation.
  • Activités non-aéronautiques : les revenus commerciaux sont généralement négociés entre les aéroports et les clients. Ainsi, l'exposition à court terme à l'inflation est souvent dictée par les clauses contractuelles, tandis que l'exposition à long terme dépend du pouvoir de négociation. Historiquement, les revenus aéroportuaires ont pu suivre l'inflation grâce à l'augmentation du nombre de passagers dans les activités liées au trafic passagers, telles que le commerce de détail et le stationnement. La hausse des revenus immobiliers a souvent été supérieure à l'inflation, compte tenu de la rareté des terrains aéroportuaires.

Illustration 3: Redevances aéronautiques d'Aéroports de Paris par rapport à l'inflation

Au 17 mars 2026. Source: ClearBridge Investments, résultats financiers d’ADP.

Illustration 4: Redevances non aéronautiques d'Aéroports de Paris par rapport à l'inflation

Au 17 mars 2026. Source: ClearBridge Investments, résultats financiers d’ADP.

De nombreux autres facteurs influent également sur la capacité d'un aéroport à répercuter les hausses de prix, notamment :

  • Composition de la clientèle : l'augmentation du nombre de groupes de passagers à fort pouvoir d'achat, tels que les touristes chinois, influe sur les résultats en termes de revenus.
  • Taux de change (FX) : ceux-ci se répercutent généralement immédiatement sur les taux de dépenses à court terme, car la plupart des voyageurs disposent d'un budget dans leur devise nationale et leurs dépenses s'ajustent instantanément aux fluctuations des taux de change. Les taux de change sont souvent tributaires des anticipations concernant les taux obligataires du pays concerné, qui sont eux-mêmes conditionnés par l'inflation.
  • Volume de passagers : un autre facteur important dans la capacité d’un aéroport à répercuter les effets de l’inflation est le volume de passagers, étant donné que la plupart des sources de revenus reflètent le nombre de passagers multiplié par le prix. Ainsi, les variations du prix des billets peuvent avoir des répercussions sur l’accessibilité financière des voyages et, par conséquent, sur le nombre de passagers. Au cours des 50 dernières années, les prix des billets d'avion ont baissé en termes réels, souvent parallèlement à une augmentation du revenu disponible, ce qui a stimulé la demande de voyages. Dans la mesure où les tendances des prix des billets d'avion évoluent, cela aura également des répercussions sur le chiffre d'affaires global.

Conclusion

Dans un contexte d’inflation plus élevée, notamment celui découlant de chocs énergétiques, les taux d’intérêt pourraient demeurer élevés. Toutefois, de nombreuses entreprises du secteur des infrastructures ont mis en place des mécanismes permettant de préserver les flux de trésorerie réels au fil du temps, grâce à une indexation explicite, des clauses d’indexation contractuelles ou des réajustements réglementaires. Dans l’ensemble, bien que l’ampleur et le moment de la répercussion de l’inflation varient selon le type d’actif, une sélection rigoureuse des actifs et une bonne compréhension de ces mécanismes de répercussion peuvent aider à faire face à l’inflation et à la hausse des taux.



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