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La prolifération des placements en gestion passive au cours de la dernière décennie s'est amplifiée ces dernières années, en partie à cause de la volatilité des marchés et d'un plus grand nombre de placements autres que les produits en gestion active. Si les analyses sur le débat actif/passif ne favorisent pas les actions, notamment en ce qui concerne les Fonds investissant dans les actions à grande capitalisation très liquides, le débat n'est plus le même pour les titres à revenu fixe, notamment dans le secteur de la dette des marchés émergents (MÉ).

L'illustration 1 révèle que la croissance des Fonds passifs des MÉ est demeurée forte au cours de la dernière décennie, tandis que les Fonds en gestion active ont perdu des parts de marché. Un investisseur qui perçoit cette catégorie d'actifs comme une autre forme d'exposition au bêta serait enclin à opter pour la gestion passive. Les frais sont généralement moins élevés, même si, dans ce domaine, ils sont quand même dispendieux (une médiane de 41 points de base [pb], contre 77 pb pour la gestion active). Les produits passifs des Fonds négociés en bourse ( FNB) sont également simples et faciles à négocier, principalement en raison de leur plus grande accessibilité sur les plateformes d‘investisseurs et de leur tarification intrajournalière qui permet d’effectuer rapidement des opérations.

Illustration 1 : Les actifs gérés des FNB passifs des MÉ sont en hausse...

Sources : Morningstar. Au 31 décembre 2023.

Toutefois, les particularités inhérentes aux placements dans la dette des MÉ permettent aux gestionnaires actifs de dégager de l'alpha. Pour les Fonds en devise forte référencés par rapport aux indices standard JPM EMBI Global et Global Diversified (plus de 90 % de l'univers des Fonds actifs en devise forte libellés en USD en termes d'actifs gérés), le Fonds actif médian a dégagé un meilleur rendement que son indice de référence d'une moyenne de 52 points de base par an, après déduction des frais, au cours des 15 dernières années. Il en va de même sur les marchés locaux, où les Fonds alignés sur l'indice JPM GBI-EM Global Diversified (60 % de l'univers des Fonds en monnaie locale libellés en USD, en termes d'actifs gérés) ont en moyenne dégagé des rendements supérieurs de 18 pb au cours des 15 dernières années.

Quatre problèmes majeurs entravent l'efficacité des placements passifs sur les MÉ.

Premièrement, les Fonds indiciels de FNB ne sont généralement indexés que sur les domaines les plus liquides de la catégorie d'actifs. Par exemple, l'indice de référence le plus important en termes d'actifs gérés pour l'univers des FNB est l'indice JP Morgan EMBI Global Core, qui ne comprend pas les petites émissions et les instruments à plus courte échéance, réduisant ainsi le potentiel de rendement et de diversification. Le recul du rendement de ces indices plus limités est mis en évidence par les excellents rendements de l'indice le plus important en termes d'actifs gérés pour les Fonds actifs, l'indice EMBI Global Diversified. Celui-ci a dégagé un meilleur rendement que l'indice EMBI Global Core de 9 pb par an au cours des 15 dernières années.1

Deuxièmement, les FNB passifs ont souvent dégagé des rendements inférieurs à leurs propres indices de référence, car le coût des opérations et la complexité des indices rendent la reproduction de l’indice difficile. Par exemple, le FNB médian référencé par l’indice JPM EMBIG Core a dégagé des rendements inférieurs à son indice de référence de 57 pb par an en moyenne au cours des 15 dernières années. En effet, cela peut être considéré comme des frais latents.

Illustration 2 :...Pendant ce temps, le rendement des Fonds passifs des MÉ est à la traîne

Sources : Morningstar. Au 31 décembre 2023. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans ceux-ci. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses ou des frais d’acquisition. Les rendements passés ne sont pas un indicateur ou une garantie des résultats futurs.

Troisièmement, les investisseurs doivent tenir compte du degré de liquidités et d'accessibilité des titres; les titres souverains de petits pays, les titres de sociétés peu négociés ou les pays assujettis à un contrôle des capitaux peuvent poser des problèmes pour les FNB passifs qui ont besoin d'une profondeur de marché plus importante pour effectuer des opérations à grande échelle. En période de tensions, le prix des FNB peut s'écarter considérablement du prix du panier de titres sous-jacent, en raison de l'illiquidité du marché, comme on a pu l’observer en mars 2020. Les ventes forcées en période de tension peuvent amplifier le recul des rendements.

Quatrièmement, les MÉ ne doivent pas être envisagés comme une stratégie de bêta idéale, car l'exposition aux « marchés émergents » n'est pas clairement définie. Cette catégorie d'actifs comprend des pays dont la solidité des bilans, les régimes réglementaires, les profils d'endettement et de service de la dette et les risques sociopolitiques varient, pour ne citer qu'une poignée de facteurs de risque.

En conclusion, si la dette des MÉ n'a pas été épargnée par la tendance générale aux placements passifs, les chiffres et « le flair » ne semblent pas étayer cette tendance. La gestion active peut tirer parti de possibilités alpha disponibles sur des marchés sujets à des facteurs d’inefficacité, et les titres de créance des MÉ continuent d'en être une.

Nous remercions tout particulièrement Jane Brauer, de Bank of America, ainsi que Wilfred Wong, de Western Asset, pour leur aide dans la rédaction de ce billet.



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