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SANS PRÉCÉDENT. INIMAGINABLE.

Il n'y a pas de mot pour décrire l'année 2020. Aucun ne traduit avec justesse les perturbations économiques, politiques et sociales causées par la pandémie mondiale de COVID-19 qui a explosé le printemps dernier dans un monde déjà aux prises avec des guerres commerciales, l'essoufflement de la croissance économique et la montée du populisme. En quelques semaines, l'activité économique mondiale a été presque anéantie, déclenchant sur les marchés des titres à revenu fixe une performance représentant dix écarts-types.

Les banques centrales sont intervenues avec vigueur et une rapidité remarquable, abaissant les taux d'intérêt à près de zéro (la limite inférieure effective) afin d'assouplir les conditions financières, de contrer la défaillance des marchés, de fournir des liquidités et de faire en sorte que le système financier continue de fonctionner. Dans une certaine mesure, cette stratégie a porté ses fruits. Les marchés ont bondi lorsque les économies ont amorcé leur redémarrage, mais la dichotomie entre les gains des marchés financiers et la croissance de l'économie mondiale s'est intensifiée de façon soutenue.

C’EST TOUJOURS LA MÊME ÉCONOMIE

Du point de vue de l'économie, on se souviendra du deuxième trimestre de 2020 comme l'un des pires de tous les temps, les contractions trimestrielles de l'économie ayant surpassé celles observées lors de la Grande Dépression.

Pour l'économie américaine, tributaire de la consommation, le recul de celle-ci a représenté 70 % de la contraction des chiffres d'affaires, et malgré un redressement vigoureux au second semestre de l'année, le produit intérieur brut (PIB) était toujours attendu en repli de 4,3 % sur 12 mois pour l'ensemble de 2020.

La croissance de l'économie canadienne a ralenti encore plus, entravée par le double choc des fermetures attribuables à la pandémie et d'une guerre des prix du pétrole, courte mais brutale. Malgré la robustesse du redressement du troisième trimestre, l'économie n'a récupéré que la moitié du terrain perdu au deuxième trimestre, et le PIB pour l'année 2020 devrait ressortir en recul de 5,9 % par rapport à l'année précédente.

MAIS C'EST AUSSI LA POLITIQUE

L'administration de Joe Biden a entamé sa transition. Au sein du Congrès, les démocrates ont conservé leur majorité à la Chambre des représentants, mais le second tour d'élections sénatoriales prévu en janvier pourrait déterminer quel parti dominera le Sénat. Si le parti républicain l'emporte, nous aurons droit à un Congrès divisé.

Les résultats préliminaires de la mise au point d'un vaccin contre la COVID-19 sont encourageants et nous rapprochent de la conclusion de cette crise. Si la pandémie devait se poursuivre, nous sommes d'avis que les perspectives macroéconomiques resteraient teintées d'incertitude et qu'elles exigeraient de nouvelles mesures de soutien des gouvernements, lesquelles nécessiteraient un accord bipartisan.

Les relations diplomatiques entre le Canada et les États-Unis devraient aussi s'améliorer avec l'arrivée d'une nouvelle administration américaine, mais les conséquences pour le Canada ne sont toujours pas claires.

L'ALOURDISSEMENT DES BILANS NE POSE PAS PROBLÈME

Au Canada, les mesures de soutien d'urgence liées à la pandémie seront maintenues sous une forme ou une autre pendant une bonne partie de 2021. Pour couvrir l'alourdissement des déficits gouvernementaux, le ministère des Finances devra émettre encore plus d'obligations, qui seront rachetées pour la plupart par la Banque du Canada.

Pour le moment, les investisseurs mondiaux en quête d’un rendement ainsi que les achats massifs d’actifs de la banque centrale couvrent d’importants déficits gouvernementaux. Pour l'instant, la situation n'est pas problématique, mais lorsque l'économie renouera avec la croissance et que les attentes inflationnistes augmenteront dans la foulée de la pandémie, les investisseurs exigeront une prime de risque plus importante pour détenir des placements en titres à revenu fixe. Cette situation entraîna l'accentuation de la courbe des taux, étant donné que les taux de rendement des obligations à long terme augmenteront et feront grimper les coûts d'emprunt des gouvernements.

Le Canada n'est pas le seul pays qui soutient la reprise économique en accumulant des déficits records. Les marchés s'étant stabilisés, les banques centrales du monde entier ont effectivement monétisé les largesses budgétaires des gouvernements. En 2021, l'expansion de leurs bilans devrait se poursuivre, mais beaucoup moins rapidement. Cette politique monétaire exceptionnellement expansionniste soutient le niveau actuel des taux des obligations d'État, alors que les prévisions de croissance et d'inflation demeurent faibles.

Les ajouts aux bilans des banques centrales permettront de contrecarrer tout élan d'une remontée abrupte des taux dans un avenir prévisible. L'accentuation des courbes des taux se poursuivra tandis que la reprise prendra de l'ampleur au cours de la prochaine année, mais elles pourraient s'aplatir si la recrudescence actuelle de la pandémie se généralisait.

… l'activité économique devrait connaître des soubresauts durant l'hiver et sera restreinte par de nouvelles mesures sanitaires visant à juguler la forte hausse des cas d'infection au pays.

LE RETOUR DE L'INFLATION?

Les marchés nord-américains des titres à revenu fixe ont commencé à réévaluer la normalisation de l'inflation à court terme en raison du redémarrage des économies, et ce, davantage aux États-Unis qu'au Canada. Ces conditions devraient persister au cours de la prochaine année alors que l'activité s'intensifiera, compte tenu des campagnes de vaccination prévues, de la réduction ou de l'absence de restrictions économiques et de la demande accumulée de services.

Nous prévoyons que les attentes inflationnistes demeureront faibles pour le reste de l'année et au début de 2021, et que les statistiques feront ressortir une forte hausse de la croissance et de l'inflation au printemps de 2021 (en raison des comparaisons très favorables par rapport à la même période un an plus tôt). À court terme, toutefois, l'activité économique devrait connaître des soubresauts durant l'hiver et sera restreinte par de nouvelles mesures sanitaires visant à juguler la forte hausse des cas d'infection au pays. Jusqu'à présent, la hausse récente de l'inflation résultant du redémarrage de l'économie s'est traduite par une augmentation modeste des taux nominaux. Si les programmes massifs de relance budgétaire des gouvernements ont fait grimper la demande globale, de grands pans de l'offre globale restent inutilisés pour l'instant. L'inflation durable restera faible pendant un moment; il faudra du temps pour absorber les niveaux élevés de chômage et la réduction de la capacité économique. La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine (Fed) ont toutes deux fait savoir qu'elles maintiendront les taux d'intérêt à des niveaux peu élevés dans un avenir prévisible. Nous surveillerons de près le rythme d'absorption des capacités et son effet correspondant sur l'inflation au cours de la prochaine année.

TITRES DE CRÉANCE DES SOCIÉTÉS : LES PERTURBATIONS ENGENDRENT DES OCCASIONS

Au cours des premières semaines de la pandémie, l'incertitude imprévue à l'endroit des données fondamentales de l'économie et des sociétés, conjuguée au manque de liquidité sur le marché, a provoqué l'élargissement des écarts de taux, de très fortes fluctuations des taux et un faible rendement des sociétés. Cette situation catastrophique s'est inversée pendant le reste de 2020, ramenant les écarts de taux près de leurs niveaux d'avant la pandémie. En chiffres absolus, les écarts de taux semblent se rapprocher de leur juste valeur, mais en termes relatifs, les écarts de taux des obligations de sociétés, exprimés en pourcentage du rendement total des obligations, restent intéressants, à près de 75 %.

Sources : Bloomberg, Placements Franklin Templeton. Pour la période du 1er octobre 2002 au 31 octobre 2020.

Selon nous, la partie facile de la reprise – en forme de V, qui représentait la forte remontée au moment du redémarrage des économies – est passée.

Les paramètres fondamentaux des sociétés pourraient ne pas atteindre leur creux avant le début de 2021, mais nous prévoyons qu'ils s'amélioreront tout au long de l'année en raison du retour à la normale de l'activité économique. Après le déluge des nouvelles émissions en 2020, un calendrier plus raisonnable des nouvelles émissions l'an prochain devrait contribuer à soutenir les prix des obligations de sociétés. Par ailleurs, si les taux d'intérêt augmentent, les écarts de taux devraient se resserrer, contribuant à l'amélioration des perspectives des titres de créance de sociétés.

Nous prévoyons que les situations particulières et le choix des titres seront les deux principaux moyens de générer un rendement supérieur au cours de la prochaine année. En revanche, nous sommes conscients du potentiel de perturbations économiques et de périodes de forte volatilité sur le marché. Nous chercherons à tirer parti de tels événements s'ils devaient se produire.

La reprise en 2021 : la partie longue du J

Après la fermeture d'une très grande part de l'économie au début de la pandémie, l'activité macroéconomique globale a remonté par rapport à ses niveaux déprimés, mais elle donne actuellement des signes d'essoufflement.

Selon nous, la reprise prendra l'an prochain la forme de la partie longue d'un J, remontant la pente très progressivement et subissant le contrecoup de reculs de la confiance. Les déceptions causées par la reprise économique ou l'aggravation de la pandémie pourraient provoquer de nouveaux épisodes de volatilité sur les marchés.

La mise au point de vaccins va bon train dans de nombreux pays, mais il faudra des mois avant que même le plus prometteur d'entre eux soit mis à la disposition du public.

Au moment où 2020 tire à sa fin, une deuxième vague d'infections s'intensifie à l'échelle mondiale. Jusqu'à présent, les gouvernements de la plupart des pays, y compris le Canada, ont opté pour des restrictions plus ciblées que lors du confinement complet initial. Mais comme les taux d'infections grimpent, des mesures plus strictes sont déjà envisagées; leur mise en œuvre pourrait entraîner un ralentissement de la reprise économique. Il est évident que, du moins pour la première partie de 2021, l'évolution de la pandémie mondiale restera le principal déterminant de l'activité socio-économique et des politiques gouvernementales – de ce fait, le facteur qui aura la plus forte influence sur l'évolution de l'économie mondiale et des marchés financiers.



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