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Dans nos perspectives pour 2020, publiées vers la même période l'an dernier, nous soulignions que « malgré les risques et les incertitudes à court terme, il est certain que l’avenir nous réservera à la fois des menaces et des occasions dont nous pourrons profiter ».

Le risque que le marché haussier, qui durait depuis presque onze ans, prenne fin en 2020 était alors bien réel, mais le catalyseur d'un tel changement a pris pratiquement tout le monde par surprise.

La pandémie de COVID-19 a complètement bouleversé notre quotidien en transformant notre manière de travailler, de socialiser, de voyager et, au bout du compte, d’investir. Les marchés boursiers du monde entier ont enregistré l'un des reculs les plus marqués de leur histoire entre la fin de février et la fin de mars, mais comme le souvenir de 2008 et de la plus récente crise financière était encore bien présent dans nos mémoires, les gouvernements et les banques centrales ont réagi vigoureusement en mettant en œuvre des mesures de relance budgétaire et monétaire sans précédent. Cette approche a produit l'effet recherché, soit de protéger les marchés des valeurs mobilières, et les actions ont repris leur progression au début de l'été.

En août, l'indice S&P 500 a atteint un nouveau sommet record, tandis que l'indice composé S&P/TSX aussi se redressait solidement. Cet élan a toutefois perdu quelque peu de sa vigueur à la fin du troisième trimestre, mais les marchés sont de toute évidence en bien meilleure posture que lors du marasme du mois de mars.

La performance des indices ne constitue toutefois qu'une partie de l'équation. Cette année, la remontée des actions a été en grande partie attribuable à une poignée de titres du secteur technologique, soit les FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) aux États-Unis et Shopify au Canada. Cette situation reflète la dynamique de l'ensemble de l'économie : certaines entreprises et certains secteurs se sont bien adaptés aux conditions provoquées par la pandémie, tandis que d'autres ont eu du mal à tenir le coup, car les confinements obligatoires ont dévasté leurs activités.

DES SOMMETS ET DES CREUX

Pour le marché boursier canadien, l'année 2020 peut se diviser en trois segments :

  • la poursuite du redressement de l'année précédente : le 20 février 2020, l'indice a atteint un sommet record;
  • une phase d'aversion pour le risque, imputable à la pandémie, jusqu'au 23 mars 2020;
  • une phase de prise de risque jusqu'à la fin du trimestre, en raison des mesures de relance.

Le tableau ci-dessous illustre les divergences marquées des rendements sectoriels entre ces différentes périodes, ainsi que les rendements depuis le début de l'année à des fins de contexte.

INDICE COMPOSÉ DE RENDEMENT TOTAL S&P/TSX RÉPARTITION PAR SECTEUR

Du 31 décembre 2019 au 31 octobre 2020

Source: Bloomberg, Franklin Templeton Investments

... le déploiement d'un vaccin contre la COVID-19 sera crucial pour le sort des sociétés canadiennes de l'énergie en 2020, de même que certains problèmes de longue date comme l'offre excédentaire de pétrole dans le monde et la construction de pipelines.

À l'instar de tous les autres secteurs, celui des technologies de l'information a enregistré un recul marqué durant la période d'aversion pour le risque, mais il était bien placé pour rebondir lorsque les mesures de relance sont entrées en vigueur.

Aucune entreprise n'illustre mieux cette situation que Shopify; le 31 octobre 2020, celle-ci affichait un rendement de 137,8 % depuis le début de l'année. Grâce à la performance de Shopify, le secteur des technologies de l'information a inscrit le meilleur rendement au Canada cette année, mais son élan a quelque peu ralenti au troisième trimestre; en effet, pour la première fois depuis le quatrième trimestre de 2018, le secteur affichait un rendement trimestriel inférieur à celui de l'ensemble du marché.

En 2020, les placements dans des titres comme Groupe CGI (-23,9 %) et Open Text (-13,3 %) ont fait pâle figure comparativement à Shopify, un poids lourd du secteur qui semble avoir profité de la pandémie; cependant, compte tenu du solide redressement des paramètres fondamentaux des sociétés et de leurs valorisations attrayantes, les perspectives semblent favorables pour les titres qui avaient tiré de l'arrière.

Mis à part le secteur technologique, c'est le secteur des matériaux qui a été le plus performant depuis le début de l'année, dynamisé par l'or qui a atteint des sommets records cet été. Dans le segment des mines et métaux, Wheaton Precious Metals Corp. (59,4 %) et Franco-Nevada Corporation (36,2 %) ont été avantagées par le statut de valeur refuge de l'or pendant une récession mondiale. La préférence accordée à ces deux sociétés de redevances et de diffusion, plutôt qu'aux titres de producteurs aurifères de l'indice de référence, s'est traduite par une sous-exposition à cette tendance.

Le secteur des biens de consommation de base affiche aussi un rendement positif depuis le début de l'année, car d'importants détaillants, comme Metro Inc., ont accru leurs capacités en matière de commerce électronique, puisqu'un nombre très élevé de consommateurs sont passés aux achats en ligne. Le marché des épiceries devrait continuer de profiter de la consommation alimentaire accrue des ménages et de la stabilité de la demande quotidienne en produits de première nécessité, étant donné que de nouveaux confinements causés par la COVID-19 semblent probables.

UN MALHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL!

En revanche, les secteurs de la santé et de l'énergie sont ceux qui ont enregistré les pires rendements négatifs depuis le début de l'année.

Dans la santé, la descente aux enfers des titres du cannabis au second semestre de 2019 s'est poursuivie cette année, car ces sociétés ont eu du mal à justifier leurs valorisations élevées depuis la légalisation du cannabis, en 2018. Nous éprouvons encore du mal à repérer de bonnes occasions de placement dans ce secteur.

Si les sociétés technologiques ont globalement prospéré durant la pandémie, il n'en a pas été de même pour les titres énergétiques. Les producteurs pétroliers canadiens, qui éprouvaient déjà des difficultés au début de 2020, ont subi un double revers en mars, car l'effondrement du marché boursier a coïncidé avec une guerre des prix du pétrole entre l'Arabie saoudite et la Russie, qui arrivait au mauvais moment. Puisque l'économie mondiale était aussi en chute libre, les contrats à terme pour le Western Canadian Select sont passés en territoire négatif en avril; leur prix a toutefois remonté dans une certaine mesure, à près de 30 $ US le baril. Comme c'est le cas pour les autres secteurs cycliques, le déploiement d'un vaccin contre la COVID-19 sera crucial pour le sort des sociétés canadiennes de l'énergie en 2020, de même que certains problèmes de longue date comme l'offre excédentaire de pétrole dans le monde et la construction de pipelines. La sous-pondération de ce secteur témoigne des préoccupations communes de l'industrie, qui sont contrebalancées par des valorisations attrayantes compte tenu du scepticisme à l'égard du secteur et de l'absence d'intérêt de la part des investisseurs.

UNE NOUVELLE ANNÉE, MAIS LES MÊMES MESURES DE RELANCE?

Lorsque l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré officiellement l'état de pandémie, le 11 mars, les gouvernements et les banques centrales ont réagi promptement pour empêcher l'effondrement du système financier mondial. À ce moment, personne ne savait combien de temps nous serions aux prises avec la COVID-19, mais huit mois plus tard, le virus reste bien présent dans nos vies et le restera vraisemblablement dans un avenir prévisible. Il existe toutefois des raisons de se montrer optimiste. Ainsi, Pfizer et Moderna ont récolté des résultats prometteurs dans le cadre de leurs essais pour des vaccins et cherchent actuellement à obtenir l'approbation des organismes de réglementation pour un vaccin expérimental contre la COVID-19. Si ce vaccin et d'autres recevaient les autorisations nécessaires, tant en Amérique du Nord que dans le reste du monde, leur distribution efficace au sein de la population représentera le prochain défi de taille auquel les dirigeants mondiaux seront confrontés. Dans cette optique, les mesures de soutien budgétaire et monétaire qui ont marqué l'année 2020 ne devraient pas disparaître de sitôt.

Les banques centrales ne manifestent aucune intention de relever les taux d'intérêt, ce qui a fortement contribué au redressement des marchés boursiers cette année. Puisque les taux de rendement des obligations sont beaucoup moins intéressants pour les investisseurs, bon nombre d'entre eux se tournent vers les actions de croissance chères, comme celles des FAANG, pour générer des rendements dans leurs portefeuilles. Cependant, les rendements de ces titres de sociétés à mégacapitalisation contrastent fortement avec la situation de l'ensemble de l'économie.

Les taux d'intérêt, l'inflation, l'emploi et l'activité économique dans son ensemble jouent tous un rôle essentiel pour obtenir une conjoncture économique favorisant une solide croissance et de robustes rendements sur les marchés boursiers au fil du temps.

Nous demeurons convaincus que nos entreprises sont capables de faire face à la conjoncture difficile actuelle, d’accroître leur valeur intrinsèque ainsi que leurs avantages concurrentiels dans la mesure du possible, et de prospérer par la suite.

RÉSISTER À LA TEMPÊTE ET REPÉRER DE BONNES OCCASIONS

Compte tenu de l'ampleur des bouleversements économiques, du dérèglement des marchés et de l'incertitude auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, et du caractère inéluctable de ce qui se profile à l'horizon, nous pensons qu'il est plus important que jamais de demeurer fidèle à notre philosophie, notre style et notre processus de placement. Compte tenu de notre approche à long terme axée sur le risque, et du fait que les investisseurs continuent de ne pas tenir compte des paramètres fondamentaux et des valorisations au profit du momentum et du potentiel, nous continuons de mettre l'accent sur les valorisations, les titres à faible bêta et choisissons soigneusement nos titres de croissance.

Dans les secteurs sensibles à l'économie (titres à bêta élevé), de nombreux titres sont assortis d'une valorisation très intéressante, mais nous hésitons à y faire des placements en raison de la progression du marché et de l'ensemble des risques que nous percevons. Nous demeurons convaincus que nos entreprises sont capables de faire face à la conjoncture difficile actuelle, d’accroître leur valeur intrinsèque ainsi que leurs avantages concurrentiels dans la mesure du possible, et de prospérer par la suite.

Nous sommes aussi convaincus de notre propre capacité à repérer de telles entreprises, à évaluer le risque et le rendement, et à saisir les occasions qui continueront de se présenter dans différentes conditions de marchés.



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