Points essentiels à retenir
- Les sociétés versant des dividendes de grande qualité possèdent trois atouts essentiels en période d'inflation, lorsque les multiples de marché sont également élevés : une protection contre la baisse, un revenu régulier et la croissance.
- Comme l'inflation ronge la valeur du dollar, la croissance des dividendes permet de préserver le pouvoir d'achat malgré l'augmentation du coût de la vie.
- Les actions de croissance à multiple élevé semblent être exposées à un risque de compression de leur multiple à mesure que les taux d'intérêt augmentent; la composition de l'indice S&P 500 étant plutôt dominée par ces sociétés au détriment des secteurs cycliques, une démarche active de placement en dividendes peut faire la différence.
Principaux atouts des sociétés qui versent des dividendes : une protection contre la baisse, un revenu régulier et la croissance
Les multiples de bénéfices élevés, conjugués à la hausse des taux d'intérêt, constituent une toile de fond peu engageante pour 2022. Si l'on y greffe l'inflation, il y a de bonnes raisons de penser que les multiples de bénéfices pourraient se rétrécir à mesure que les taux d'intérêt et l'inflation augmentent. Le début de l'année 2022 l'a d'ailleurs démontré.
Dans un tel contexte, les arguments en faveur des sociétés qui versent des dividendes de grande qualité — des sociétés qui sont généralement chefs de file dans leur secteur, avec des bilans solides, un faible endettement, des revenus prévisibles récurrents et des avantages économiques — n'ont presque jamais semblé aussi convaincants. Les sociétés qui versent des dividendes de grande qualité possèdent trois atouts essentiels dans une période comme celle-ci : une protection contre la baisse, un revenu régulier et la croissance.
Protection contre la baisse : en investissement, un vieil adage dit qu'il est « difficile de jouer contre le marché ». Lorsqu'une action chute précipitamment, qui sait où elle s'arrêtera? Les investisseurs préfèrent attendre que la situation se stabilise plutôt que d'intervenir et d'acheter. Dans le cas de ventes massives, cette prophétie se réalise d'elle-même, car les acheteurs se mettent ‘en grève’ et la pression de la vente fait baisser les actions. Les dividendes, en revanche, peuvent briser cette spirale infernale. Un bon rendement en dividendes constitue un repère basé sur les flux de trésorerie pour évaluer les titres, ce qui peut aider les investisseurs à faire abstraction de la volatilité actuelle et à acheter. En bref : de bons dividendes portent les cours des actions pendant les périodes de repli (tableau 1).
Revenu régulier : lorsqu'un marché est fortement haussier, les gens ont tendance à négliger les dividendes. Lorsqu'une poignée de valeurs de croissance à très forte capitalisation s'envolent de plus de 50 % en un an, les gens misent, comme on peut s'y attendre, sur l'appréciation du capital. Mais les marchés baissiers nous rappellent que les dividendes — bien que prosaïques — comptent pour 40 % du rendement total à long terme. Sur des marchés stagnants ou en baisse, les dividendes peuvent fournir aux investisseurs un rendement en termes de flux de trésorerie qui compense la stagnation ou la dépréciation du cours des actions.
Tableau 1 : un portefeuille axé sur les dividendes concourt à un taux d’encaissement des baisses moins important

Sources : ClearBridge Investments, FactSet. Illustre les 10 derniers mois de baisse de l’indice S&P 500. Les rendements passés ne sont pas représentatifs ou garants des résultats futurs.
Croissance : si un rendement initial élevé est séduisant, le véritable pouvoir des actions réside dans leur capitalisation et leur croissance sur le long terme. Contrairement aux obligations, qui offrent généralement des coupons fixes, les dividendes ont la possibilité d'offrir des flux de trésorerie qui augmentent au fil du temps. La croissance des dividendes est déjà une bonne chose en période normale, mais nous estimons qu'elle est absolument essentielle en période d'inflation. Comme l'inflation ronge la valeur du dollar, la croissance des dividendes permet de préserver le pouvoir d'achat malgré l'augmentation du coût de la vie (tableau 2).
Tableau 2 : les sociétés qui accroissent leurs dividendes combattent l'inflation malgré la pandémie

Au 1er janvier 2022. Sources : St. Louis Fed, ClearBridge Investments.
Comme nous l'avons déjà mentionné, les sociétés dont les dividendes augmentent ont très souvent été récompensées par le marché au fil du temps (tableau 3). Si l'on examine les rendements des actions de l'indice S&P 500 classées par politique de dividendes au cours des 50 dernières années, on constate que toutes les sociétés qui versent des dividendes ont surpassé le marché en général. Cela montre également qu'il est tout aussi important d'éviter les sociétés qui réduisent ou suppriment leurs dividendes.
Tableau 3 : le choix de la politique en matière de dividendes est déterminant pour l'avenir

Au 31 janvier 2022. Sources : Ned Davis Research. Le S&P 500 est l'indice de rendement total équipondéré S&P 500.
Les indices de politiques en matière de dividendes sont équipondérés en dollars et réajustés tous les mois. Chiffres mensuels (échelle logarithmique indexée sur 100). Les rendements passés ne sont pas représentatifs ou garants des résultats futurs.
Choisir de cibler des sociétés qui accroissent leurs dividendes dans un marché syncopé
L‘investisseur assidu a la possibilité de dénicher des sociétés qui accroissent leurs dividendes sur un marché actuellement sous-pondéré sur les secteurs cycliques, où les entreprises sont en quelque sorte plus à même de tirer parti de la hausse des prix de l'énergie et des taux d'intérêt. En revanche, les actions de croissance à multiple élevé semblent être exposées à un risque de compression de leurs multiples à mesure que les taux d'intérêt augmentent. Toutefois, la composition de l'indice S&P 500 aujourd'hui ne semble pas tenir compte de ces facteurs et penche plutôt en faveur des actions à multiple élevé, au détriment des secteurs cycliques. En fait, la représentation des secteurs cycliques se rapproche de son plus bas niveau en 100 ans (tableau 4), et nous nous trouvons peut-être à la fin d'une tendance qui a commencé il y a 40 ans, lorsque les taux d'intérêt étaient au plus haut.
Tableau 4 : indice surpondéré sur les actions de croissance au ratio C/B élevé

Au 31 déc. 2021. Sources : Cornerstone Macro.
À notre avis, la marge de manœuvre est amplement suffisante pour permettre une véritable diversification des expositions aux secteurs propices aux dividendes, et sous-pondérés sur le marché général, afin d'éviter les actions à multiple élevé qui semblent vulnérables en raison de la réduction des liquidités (tableau 5).
- Énergie : si la hausse des prix de l'énergie constitue un défi pour le consommateur, elle profite aux sociétés d'énergie. Les sociétés d'exploration et de production permettent aux actionnaires de profiter pleinement des gains découlant de la hausse des prix du pétrole, tandis que les opérateurs intermédiaires de gazoducs et oléoducs et d'infrastructures connexes offrent un ensemble de rendements initiaux élevés et une tendance à conclure des contrats avec des indexations intégrées sur l'inflation.
- Services financiers : la hausse des taux d’intérêt est un excellent effet de levier pour le secteur financier. Les banques, par exemple, profitent directement de la hausse des taux d'intérêt car elles augmentent les taux qu'elles facturent aux emprunteurs. Plusieurs autres moteurs sont à l'œuvre dans le secteur financier à l'heure où nous nous apprêtons à sortir de la pandémie, notamment des bilans solides et un cadre de crédit favorable, qui profitent aux banques diversifiées, et un durcissement du marché des prix pour les sociétés d'assurance.
- Matériaux : les entreprises du secteur des matériaux furent parmi les premières à ressentir les répercussions de l'inflation des prix des matières premières, mais leur pouvoir de fixation des prix les place bien pour faire face à l'inflation, car les entreprises de revêtements, de produits chimiques et de matériaux de construction, par exemple, sont en mesure de répercuter rapidement les augmentations de prix sur leurs clients.
Tableau 5 : secteurs du S&P 500 par rendement en dividendes

Au 31 janvier 2022. Sources : ClearBridge Investments, FactSet.
Plutôt que de se fier aux résultats d'un indice de référence coûteux, nous préconisons de choisir judicieusement les entreprises qui accroissent leurs dividendes. Dans un contexte d'inflation persistante et de faiblesse éventuelle des actions à multiple élevé à terme, il y a de bonnes raisons de choisir des entreprises qui ont déjà augmenté leurs dividendes et conjuguent solidité financière et croissance, ce qui devrait leur permettre de continuer à augmenter leurs versements de dividendes. Ce sont ces sociétés, selon nous, qui ont la capacité de faire croître les dividendes sur le long terme, offrant ainsi la meilleure approche face aux turbulences de l'inflation.
DÉFINITIONS
L’indice S&P 500 est un indice non géré de 500 actions qui, dans l’ensemble, témoigne des résultats des grandes entreprises aux États-Unis.
Les actions de croissance désignent les actions de sociétés dont les bénéfices devraient croître à un taux supérieur à la moyenne par rapport au marché.
Le rendement en dividendes est un ratio financier qui indique le montant versé en dividendes chaque année par une société, par rapport au cours de son action.
QUELS SONT LES RISQUES ?
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