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Points essentiels à retenir

  • La guerre peut entraîner l’intégration d’une prime de risque persistante dans le prix du pétrole brut, ce qui fait grimper les prix et la volatilité. Cette situation est généralement favorable aux producteurs d’énergie canadiens en amont et elle soutient le positionnement du Canada en tant que « source d’approvisionnement sûre ».
  • Une exposition significative aux actions aurifères peut fournir une diversification et atténuer les baisses pendant les épisodes de réduction du risque, bien que les résultats à court terme restent fortement dépendants de la tarification des lingots.
  • Une hausse durable des prix du pétrole pourrait attiser l’inflation et modifier les anticipations concernant l’assouplissement monétaire des banques centrales nord-américaines, ce qui pourrait entraîner une hausse des taux à long terme. Ces effets de second ordre peuvent avoir autant d’importance que la réaction immédiate sur les marchés des matières premières.
     

Matières premières les plus touchées au Canada

Le contexte d'une guerre avec l'Iran crée une situation plus difficile pour les actions, même lorsque les paramètres fondamentaux des entreprises subsistent. Les marchés boursiers évaluent rapidement les incertitudes géopolitiques en augmentant les primes de risque, en rehaussant les taux d'actualisation et les rendements nécessaires, et en réagissant avec plus de sensibilité aux données macroéconomiques, notamment l'inflation, les taux d'intérêt, les cours des matières premières et les fluctuations monétaires. En ce qui concerne les actions canadiennes, cela engendre à la fois des contrebalances naturelles et des poches de pression sur le plan économique et en matière de valorisation.

C’est le secteur de l’énergie qui est le plus directement touché. Même en l’absence de bouleversements physiques prolongés, un risque accru de conflit peut entraîner l’intégration d’une prime de risque persistante dans le prix du brut, ce qui fait grimper les cours du pétrole et la volatilité. Cette situation est généralement favorable aux producteurs d’énergie canadiens en amont, grâce à un flux de trésorerie disponible et une capacité de rendement du capital plus importants, et elle soutient le positionnement du Canada en tant que « source d’approvisionnement sûre » dans un paysage géopolitique plus fragmenté. Les infrastructures de transport et de stockage peuvent également bénéficier de la même image de « fournisseur de confiance », même si ces sociétés sont souvent très sensibles aux variations des taux d’intérêt en raison de leur orientation vers le rendement et de leur besoin massif en capitaux (illustration 1)

L’or est l’autre couverture macroéconomique essentielle qui réagit souvent aux tensions géopolitiques. En période de réduction du risque, l’or peut bénéficier de la demande liée à ce phénomène ainsi que des incertitudes entourant l’inflation et les taux d’intérêt réels. Une exposition significative aux actions aurifères peut fournir une diversification et atténuer les baisses, bien que les résultats à court terme restent fortement dépendants de la tarification des lingots. Au sein des actions aurifères, les modèles de redevances et de financement sur production se comportent souvent comme une exposition à l’or physique, mais avec un risque opérationnel réduit. En revanche, les sociétés minières offrent un effet de levier opérationnel plus important, tout en présentant une plus grande sensibilité à l’inflation des coûts et aux aléas d’exécution.

Illustration 1 : Les actions du secteur canadien de l’énergie face aux crises pétrolières

Données au 9 mars 2026. Source : Bloomberg.

Les retombées sur la politique économique méritent également d’être surveillées

Les effets de second ordre de la guerre peuvent avoir autant d’importance que la réaction immédiate sur les marchés des matières premières. Un prix du pétrole plus élevé, s’il est maintenu, peut réintroduire les inquiétudes d’inflation et modifier les attentes pour l’assouplissement des banques centrales nord-américaines. Les marchés peuvent repousser les attentes de réduction des taux et revaloriser les rendements à plus long terme. Cette distinction est importante pour le leadership en actions dans ce type d’environnement en tant qu’actions « longue durée » sensibles aux taux, en particulier les services aux collectivités et les services de communication, deux domaines que nous privilégions dans nos portefeuilles canadiens avec surpoids. Ces actifs peuvent servir de contrepoids lorsque les rendements baissent dans un contexte de fuite vers la qualité, mais risquent de rester à la traîne si les craintes d’une hausse des taux prolongée viennent s’installer.

Les devises sont une autre variable significative. Le dollar américain se renforce souvent dans des circonstances mondiales de réduction des risques, reflétant la demande de liquidités et les flux de refuges. Le dollar canadien peut être tiré dans les deux sens, soutenu par la hausse du pétrole, mais sous pression si la force du dollar américain domine. Du point de vue du portefeuille, la force du dollar américain et/ou la faiblesse du dollar canadien ont tendance à soutenir les sociétes ayant des flux de revenus significatifs en dollars américains ou des marchés finaux mondiaux.

Au niveau du marché, les actions canadiennes ont des couvertures internes, notamment grâce aux expositions à l’énergie et à l’or. En revanche, les segments sensibles aux taux et au crédit, y compris certains services financiers, peuvent être confrontés à des difficultés en matière de valorisation lorsque les taux d’actualisation augmentent et que les conditions de financement se resserrent. Les secteurs plus sensibles aux fluctuations conjoncturelles, tels que les sociétés minières spécialisées dans le cuivre et les produits industriels liés aux perspectives de croissance mondiale, pourraient également être affectés si les marchés commençaient à anticiper une baisse généralisée de la demande due à la hausse des coûts énergétiques.

Depuis l’escalade du 28 février, nous avons assisté à une certaine volatilité, avec des secteurs en hausse et d’autres en baisse, mais rien qui ne s’apparente à une véritable rupture. La volatilité liée à la géopolitique offre souvent l’occasion de repositionner les portefeuilles, généralement en nous permettant d’acheter des actions en baisse (lorsque nous estimons que le marché réagit de manière excessive) et de financer ces achats grâce à des actions qui ont enregistré un rendement relatif supérieur (voire parfois un rendement absolu solide) en raison de leur caractère défensif ou de caractéristiques qui leur permettent de tirer parti de cet événement particulier.

Nous construisons nos portefeuilles d’actions canadiennes de manière à détenir des sociétés pérennes avec une approche rigoureuse en matière de gestion des risques. Nous considérons les chocs géopolitiques comme des contextes dans lesquels la différenciation par rapport aux indices de référence revêt une importance particulière et où des opportunités peuvent se présenter. Les positions liées aux matières premières peuvent offrir des compensations intéressantes, mais il convient d’accorder une attention particulière à la sensibilité aux taux, aux conditions de financement et aux valorisations.



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