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Trois choses auxquelles nous réfléchissons aujourd’hui

  1. Avec d'autres grandes économies du monde, l'Inde a pris des mesures audacieuses pour contenir la propagation du COVID-19. Le 25 mars, un confinement complet a été imposé en fermant les frontières internationales et en limitant les déplacements domestiques. Bien que le gouvernement ait ensuite prolongé la période de confinement jusqu'en mai, certaines restrictions ont été assouplies dans certains États où les cas sont limités ou inexistants. Le rétablissement différencié d'une certaine normalité avec des conditions spécifiques devrait aider l'économie à redémarrer progressivement. Le gouvernement a également annoncé un plan de relance économique d'un montant de 22,6 milliards de dollars américains, apportant ainsi une aide aux millions de personnes touchées au sein des ménages à faibles revenus. La Banque de réserve de l'Inde (RBI) a apporté une aide supplémentaire, déclarant qu'elle ferait « tout ce qu'il faut » pour soutenir l'économie et maintenir sa politique accommodante, ce qui a contribué à rétablir une certaine confiance dans les marchés financiers et à stimuler la liquidité. Concernant les entreprises, nous pensons que la résilience des bilans est désormais cruciale, car l’impact sur l'activité dépend largement du moment où l’économie va redémarrer.
     
  2. Ajoutant aux malheurs du COVID-19 au Brésil, l'incertitude politique s'est accrue en avril suite à la démission du ministre de la justice, populaire, et au renvoi par le président du ministre de la santé du pays. Bien que le nombre de cas du COVID-19 au Brésil ait dépassé les 100 000 début mai, certains États et villes ont commencé à assouplir les restrictions pour aider à réduire l'impact économique de l'épidémie. Le gouvernement a annoncé des mesures de soutien à la population et à l'économie, tandis que la banque centrale a abaissé son taux directeur à un niveau historiquement bas ces derniers mois. Toutefois, l'une des principales préoccupations du Brésil est le niveau élevé de sa dette par rapport à son produit intérieur brut (PIB), qui va encore augmenter en raison de la relance budgétaire. Dans l'hypothèse d'un impact exceptionnel en 2020, les niveaux de la dette et du PIB pourraient diminuer à plus long terme, le pays se recentrant sur des réformes indispensables. Bien que la situation à court terme au Brésil reste volatile, nous restons positifs sur ce pays à plus long terme et continuons à privilégier les thèmes axés sur le marché intérieur, notamment le secteur financier, les infrastructures et le secteur de la consommation, qui devraient selon nous bénéficier de la reprise économique du pays.
     
  3. Nous avons commencé à voir des signes de reprise dans le secteur des technologies de l'information, l'indice MSCI Emerging Markets Information Technology ayant rebondi de plus de 20 % par rapport à son récent creux de la fin mars.1 En temps de crise, les entreprises ont tendance à s'adapter en conséquence et à adopter la technologie beaucoup plus rapidement. C'est ce à quoi nous avons assisté ces derniers mois, avec de nombreuses entreprises qui sont passées de l'offline à l'online. L'éducation en est un bon exemple ; les écoles ont adopté l'utilisation des technologies en ligne pour offrir une plateforme d'apprentissage aux élèves. Les entreprises dans le domaine du commerce électronique, d'Internet et des logiciels tirent également parti d'une progression des activités en ligne. L'accélération de l'utilisation et de la pénétration de l'internet continuera à stimuler la croissance des architectures de réseau en nuage et autres, ce qui augmentera la demande de serveurs et autres dispositifs gourmands en mémoire. En outre, nous nous attendons à ce que la Chine et d'autres grandes économies continuent à faire avancer le déploiement de la 5G (norme de technologie sans fil de cinquième génération), ce qui favorisera la croissance des fournisseurs dans ce secteur. Sur le long terme, l'évolution technologique et la numérisation devraient se poursuivre. À notre avis, la situation actuelle va probablement accélérer l'adoption et le développement de certains de ces thèmes à l'avenir.

Perspectives

La pandémie de COVID-19 aura un impact négatif sur la croissance mondiale à court et moyen terme. La capacité des marchés développés à contenir la propagation du virus (le nombre de nouveaux cas aux États-Unis et en Europe a déjà commencé à diminuer) — et, par conséquent, la gravité et la durée de l'impact économique mondial — reste critique. Nous avons également vu certaines économies européennes revenir progressivement à la normale, tandis que certains États américains ont également commencé à assouplir leurs restrictions. En Asie, la situation économique de pays tels que la Chine, la Corée du Sud et Taïwan continue de s'améliorer. Plusieurs grands marchés émergents, dont la Russie, l'Inde et le Brésil, pourraient toutefois voir la pression s'accentuer.

Au cours de la dernière décennie, nous avons assisté à une réforme institutionnelle substantielle en termes de banque centrale et de politique budgétaire ainsi qu'à une réforme du marché dans les marchés émergents. L'étendue et la profondeur des marchés émergents ont également augmenté considérablement dans la mesure où ces économies sont de plus en plus orientées vers le marché intérieur et non plus vers l'exportation ou les produits de base. En outre, les nouvelles tendances telles que la digitalisation, la technologie et les soins de santé gagnent du terrain dans l'économie mondiale, la crise relative au COVID-19 accélérant certaines d'entre elles. Et si l'on ajoute à cela le fait que les positions financières des économies et des entreprises des pays émergents étaient relativement solides au début de la crise, nous pensons que leur capacité à faire face à cette crise est bien plus grande que lors de périodes de crise similaires.

Historiquement, les crises ont tendance à encourager l'innovation, la résilience et l'adaptation aux nouveaux défis. Au cours de la dernière décennie, nous avons également vu les marchés émergents dépasser les marchés développés en termes de technologie et de nouveaux systèmes. La crise actuelle est susceptible selon nous de favoriser d'autres progrès fulgurants dans les deux années à venir.

Dans nos portefeuilles, nous demeurons positionnés sur des thèmes à long terme, notamment la premiumisation de la consommation, la numérisation, les soins de santé et les technologies. Ces actions reflètent notre philosophie de détention de sociétés de bonne qualité dotées d'une capacité bénéficiaire viable à long terme associée à une décote par rapport à leur valeur intrinsèque. Nous considérons l'effet de levier comme un risque et continuons à éviter les entreprises dont le bilan est faible. Cette approche devrait, selon nous, nous aider à éviter les risques dans les mois à venir et, avec le temps, les fondamentaux à long terme de nos avoirs devraient rester intacts.

Tendances et évolutions clés des marchés émergents

Les actions des marchés émergents ont rebondi en avril, mais dans une moindre mesure que les Bourses des marchés développés. L'optimisme entourant un traitement expérimental du coronavirus, les plans des grandes économies visant à assouplir les restrictions liées au coronavirus et l'intensification des mesures de relance au niveau mondial ont aidé les investisseurs à regarder au-delà des prévisions de récession et de la faiblesse des données économiques. Les prix du pétrole ont été volatils, les prix à terme du pétrole brut américain étant devenus négatifs au cours du mois avant de redevenir positifs. L’indice MSCI Emerging Markets s'est adjugé 9,2 % en dollar américain, contre 11,0 % pour l'indice MSCI World.2

Les initiatives les plus significatives dans les marchés émergents en avril 2020

Le mois dernier, les marchés boursiers de toute l'Asie ont fait un retour en force, l'appétit des investisseurs pour le risque étant revenu avec l'espoir d'une reprise de l'activité économique mondiale. Les actions indiennes se sont redressées, aidées par les mesures prises par la banque centrale pour stimuler la liquidité du système financier. Les Bourses en Thaïlande et à Taïwan ont bondi à la suite de la baisse du nombre de nouveaux cas de coronavirus et d'un nouveau plan de relance économique dans les deux pays. Le marché boursier chinois s'est redressé, mais il est resté à la traîne de ses pairs régionaux après avoir relativement bien résisté au cours des mois précédents. Les investisseurs ont porté toute leur attention sur le déconfinement de la Chine et sur la poursuite du soutien politique, poussant les actions chinoises à la hausse malgré une contraction économique au premier trimestre et des signes mitigés de reprise.

Les marchés d'Amérique latine ont rebondi en avril, mais ils sont restés à la traîne par rapport à leurs homologues des pays émergents, la poursuite de la propagation de l’épidémie de COVID-19 dans la région ayant pesé sur le sentiment du marché. Bien que les indices boursiers de référence au Brésil et au Mexique aient enregistré des rendements positifs, le Chili, l'Argentine et le Pérou ont affiché les meilleures performances dans la région. L'affaiblissement du réal et l'incertitude politique croissante à la suite du départ de deux ministres clés ont pesé sur les rendements au Brésil. Le sentiment au Mexique a pâti de la nouvelle d'une contraction de 1,6 % en glissement annuel au premier trimestre 2020 et d'une dégradation de la note de crédit souveraine. Cependant, la baisse surprise de 0,5 % des taux d'intérêt par la banque centrale a apporté un certain soulagement aux investisseurs.

Les marchés émergents de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique ont figuré parmi les plus performants en avril, grâce à l'amélioration du sentiment général suscité par des mesures de relance budgétaire et d'assouplissement monétaire sans précédent au niveau mondial. Avec un rouble plus fort, qui apporte un soutien massif, le marché russe des actions a terminé le mois avec des rendements à deux chiffres en dollars américains. Les autorités ont annoncé des mesures de relance supplémentaires et ont abaissé le taux d'intérêt directeur de 50 points de base supplémentaires3 en avril, alors que les efforts pour atténuer l'impact de l’épidémie de COVID-19 se poursuivaient. Les actions sud-africaines se sont redressées, car les investisseurs ont choisi d'ignorer les dégradations des notations de crédit des titres souverains et de se concentrer sur les plans du gouvernement visant à assouplir progressivement le confinement national à partir de mai. Les investisseurs ont également été encouragés par la poursuite des mesures d'assouplissement budgétaire et monétaire, notamment une baisse inattendue de 1 % du taux d'intérêt de référence.



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