CONTRIBUTEURS

Timothy Caulfield
Vice President, Director of Equity Research

Garey J. Aitken, MBA, CFA
Chief Investment Officer

Tom O'Gorman, CFA
Director of Franklin Bissett Fixed Income
Deux marchés haussiers, deux réalités
Gary Aitken
Chef des placements, Gestion de placements Franklin Bissett
Tim Caulfield
Directeur de la recherche sur les actions, Gestion de placements Franklin Bissett
À chacun son rythme
Le marché boursier canadien, qui a ajouté un autre trimestre de solides rendements à une séquence haussière ayant franchi le cap des 10 ans le trimestre passé, se distingue de façon frappante, et révélatrice, de son voisin de plus grande envergure. Les marchés des deux côtés de la frontière sont en hausse depuis le même nombre d’années, mais ils ont progressé à des rythmes bien différents. Ces divergences jettent un éclairage utile sur la situation actuelle du marché canadien par rapport au géant boursier mondial.
Le marché américain en avance sur le Canada
L’indice de rendement total S&P 500 a enregistré un gain annualisé de 17,9 % (17,8 % en dollars américains) entre le 9 mars 2009 et le 30 juin 2019, ce qui correspond à un gain non annualisé de 444,7 % (439,5 % en dollars américains). Ce rendement est de loin supérieur au gain annualisé de 11,0 % (gain non annualisé de 193,7 %) de l’indice composé de rendement total S&P/TSX. Au cours des dix dernières années, marquées par de faibles taux d’intérêt, une expansion économique timide et le redressement des marchés financiers mondiaux après la grande crise financière, les deux indices ont inscrit des rendements sectoriels généralement solides, mais très différents.
Différence entre les secteurs axés sur la croissance et sur la valeur
Deux secteurs axés sur la croissance qui occupent une place prépondérante au sein de l’indice S&P 500, soit les technologies de l’information et les soins de santé, ont particulièrement contribué au rendement de l’indice. Au Canada, la pondération de ces deux secteurs dans l’indice composé S&P/TSX est de loin inférieure, comme l’illustre le tableau suivant. En outre, les titres canadiens de ces secteurs (par exemple RIM et BlackBerry, et Valeant et Bausch Health) ont nettement tiré de l’arrière par rapport à leurs homologues américains et ont eu une incidence bien timide sur les rendements globaux des places boursières canadiennes.
Par ailleurs, l’énergie et les matériaux, deux secteurs axés sur la valeur fortement pondérés au sein de l’indice composé S&P/TSX mais bien moins présents dans l’indice S&P 500, sont parmi ceux qui ont enregistré les pires résultats, ce qui asséné un coup de frein aux rendements du marché boursier canadien.
Mais les rendements à long terme sont semblables
À plus long terme, soit sur un horizon de 15 et 20 ans, l’ampleur des rendements des deux marchés boursiers se ressemble davantage. Au cours de la dernière décennie, les actions canadiennes ont généré un rendement supérieur notable tout au long du supercycle mondial des produits de base, surtout en raison de la pondération beaucoup plus forte du secteur des ressources naturelles dans l’indice canadien.
CANADA CONTRE É.-U. : MARCHÉS HAUSSIERS ACTUELS ET PONDÉRATIONS SECTORIELLES
Au 30 juin 2019
| Secteurs | Pondérations sectorielles de l’indice composé S&P/TSX au 30 juin 2019 |
Rendement total de l’indice composé S&P/TSX (du 9 mars 2009 au 30 juin 2019) |
Pondérations sectorielles de l’indice S&P 500 au 30 juin 2019 |
Rendement total de l’indice S&P 500 en $ CA (du 9 mars 2009 au 30 juin 2019) |
| Énergie | 17,0% | 4,1% | 4,9% | 6,9% |
| Matériaux | 10,9% | 2,1% | 2,8% | 15,1% |
| Industrie | 11,4% | 19,0% | 9,3% | 19,4% |
| Consommation discrétionnaire | 4,1% | 15,3% | 10,2% | 23,6% |
| Soins de santé | 2,0% | 9,1% | 14,2% | 17,3% |
| Services financiers | 32,1% | 17,0% | 13,1% | 20,2% |
| Technologies de l’information | 5,1% | 10,3% | 21,6% | 22,4% |
| Services de communication | 5,7% | 14,8% | 10,3% | 11,6% |
| Services aux collectivités | 4,3% | 10,3% | 3,3% | 14,5% |
| Immobilier | 3,4% | 18,8% | 3,1% | 21,4% |
| Rendement de l'indice | 11,0% | 17,9% |
Sources : Franklin Templeton et indice composé S&P/TSX
Le Canada présente une économie de marché et un marché boursier sophistiqués, mais nous estimons que des inefficacités importantes subsistent.
Les États-Unis : un partenaire commercial indispensable
Comme le Canada et les États-Unis entretiennent une relation économique étroite et que plusieurs entreprises cotées à une bourse canadienne exercent une part importante de leurs activités au sud de la frontière ou ont des marchés finaux aux États-Unis, la similitude des rendements des deux marchés n’est pas étonnante. D’un point de vue économique, l’économie canadienne est inextricablement liée à celle des États-Unis. Alors qu’à peine 15 % des exportations américaines sont destinées au Canada, le Canada exporte près de 75 % de ses produits à son voisin du Sud.
L’incertitude met les liens à rude épreuve
Les tensions commerciales et la dynamique précaire de la croissance mondiale ont ébranlé la confiance. À titre d’exemple, les restrictions commerciales imposées sur les produits canadiens par la Chine après l’arrestation d’une dirigeante de Huawei à Vancouver ont nui aux exportations canadiennes. En revanche, l’élimination des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium imposés par les États-Unis et la ratification éventuelle du nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) pourrait donner de l’élan aux exportations, au sentiment de confiance et aux investissements.
L’économie canadienne ralentie par l’énergie et l’immobilier
Au-delà du commerce, l’effet modérateur des faibles prix des produits de base dans le secteur de l’énergie et de l’évolution des politiques nationales sur le logement ont tempéré l’économie canadienne. Du côté du pétrole et du gaz, la capacité insuffisante des pipelines d’exportation a provoqué une baisse de prix pour les producteurs canadiens ainsi qu’un recul important de l’apport du secteur des ressources naturelles à l’économie nationale.
Au Canada, le secteur de l’habitation est un autre enjeu de taille en raison de ses répercussions possibles sur l’économie et les marchés boursiers, notamment sur les titres des indispensables banques commerciales canadiennes. Le marché de l’habitation a récemment rebondi, mais l’accessibilité demeure un problème, particulièrement dans les grandes villes.
Corrélation entre les taux et les devises
Parmi les autres thèmes dignes de mention, notons les taux d’intérêt et le dollar canadien. Tout comme la dynamique commerciale entre les États-Unis et le Canada, les taux d’intérêt des deux pays sont étroitement corrélés. L’évolution des taux d’intérêt influence énormément la valeur des actions, et le Canada ne fait pas exception à la règle. La fluctuation des taux d’intérêt a des conséquences directes sur le coût du capital et les valorisations, ainsi que sur les données économiques et la rentabilité globale des entreprises.
Le contexte économique en mutation a fait chuter le dollar canadien d’un sommet de 0,82 $ US au début de 2018 à 0,76 $ US au milieu de 2019. Cette dépréciation du dollar canadien a des retombées positives directes sur plusieurs actions canadiennes, surtout celles de sociétés qui génèrent des revenus en devise et qui engagent des dépenses en dollars canadiens, une catégorie qui comprend un nombre disproportionné de producteurs canadiens de matières premières et d’énergie.
La faiblesse du huard donne aussi un coup de pouce aux sociétés canadiennes actives à l’étranger, comme les banques commerciales et les compagnies d’assurance-vie, dont les profits sont convertis en dollars canadiens à des taux plus avantageux.
Le retour d’un marché axé sur le dynamisme
Nous croyons que certains excès récents des marchés boursiers ont été en partie alimentés par l’engouement des investisseurs pour le dynamisme et le potentiel de certaines actions, aux dépens de leurs paramètres fondamentaux et des valorisations des entreprises sous-jacentes.
Le Canada présente une économie de marché et un marché boursier sophistiqués, mais des inefficacités importantes subsistent. Nous continuons à tirer profit des turbulences boursières tout en gardant le cap sur les principes de base de notre style de placement, soit les paramètres fondamentaux et les valorisations.
Le temps de régler l’addition est arrivé
Tom O'Gorman
Directeur, Gestion des titres à revenu fixe, Gestion de placements Franklin Bissett
Darcy Briggs
Premier vice-président et gestionnaire de portefeuille, Gestion de placements Franklin Bissett
Une « nouvelle normalité »?
Les marchés financiers ont continué sur leur lancée au deuxième trimestre de 2019, les marchés des titres à revenu fixe ayant inscrit d’excellents rendements, propulsés par la baisse des taux et le resserrement des écarts.
Après une brève période « normale », marquée par des programmes de resserrement monétaire instaurés par certaines banques centrales du monde, plus particulièrement la Réserve fédérale américaine (la Fed), la situation actuelle n’est pas sans rappeler la « nouvelle normalité » qui a suivi la grande crise financière de 2008, alors que les obligations et les actions évoluaient en parallèle. Dans un certain sens, les mauvaises nouvelles avaient un bon côté, car cela voulait dire que les banques centrales allaient réduire leurs taux directeurs.
Passons aux bonnes nouvelles
Les taux d’intérêt se sont encore repliés pendant le trimestre, même si la Fed et la Banque du Canada (BdC) n’ont pas touché à leurs taux de financement à un jour, qui sont respectivement restés à 2,50 % et à 1,75 %. La Fed a intensifié ses propos conciliants, laissant entendre qu’une réduction des taux d’intérêt était de plus en plus probable en raison de l’incertitude entourant les politiques mondiales et la multiplication des signes de ralentissement économique au pays et ailleurs dans le monde.
L’évolution incertaine des politiques gouvernementales pèse sur la confiance et la croissance
L’incertitude entourant les politiques gouvernementales n’a pas été aussi vive depuis des décennies. Cette épée de Damoclès menace l’activité économique, surtout au chapitre des échanges commerciaux et des investissements. Les attentes en matière d’inflation ont nettement fléchi au cours du trimestre, ce qui a rendu les banques centrales de la plupart des marchés développés plus enclines à assouplir leurs politiques monétaires.
Dans l’ensemble, la tendance négative des nouvelles données confirme que le temps est venu de régler l’« addition » des coûts d’intérêts accrus attribuables aux précédentes majorations des taux et autres mesures.
Une situation unique au Canada?
Le Canada semble être l’heureuse exception à la règle, du moins pour l’instant. Le taux d’inflation de 2 % reste bien campé au centre de la fourchette idéale de la BdC (entre 1 % et 3 %). Malgré le net ralentissement de la croissance économique au Canada depuis un an, une reprise semble se dessiner à court terme dans la foulée de l’intensification des activités du secteur de l’énergie et d’autres facteurs temporaires. Cela dit, des problèmes structurels et cycliques continuent d’assombrir les perspectives à plus long terme.
Courbes des taux : l’inversion se poursuit
Les courbes des taux se sont inversées en grande partie comme nous l’avions prévu. Malgré le ton plus conciliant des banques centrales, les courbes mondiales sont demeurées plates ou se sont inversées. Au Canada, la courbe des taux est actuellement inversée du taux à un jour au taux à 10 ans, ce qui laisse présager une politique neutre à restrictive. Compte tenu du contexte inflationniste et de l’effet à retardement de la hausse des taux directeurs, la BdC ne devrait pas procéder à d’autres hausses pendant ce cycle. Les marchés s’attendent actuellement à ce que la BdC adopte une position neutre en 2019, mais si cette dernière ressent le besoin de remonter les taux dans le contexte actuel, la courbe s’inverserait davantage.
La courbe des taux américaine s’est elle aussi inversée pendant le trimestre, une tendance qui devrait se poursuivre au prochain trimestre. En Europe, certaines courbes se sont également inversées et ont même plongé en territoire négatif pour la plupart des échéances.
L’inversion des courbes ne signifie pas toujours qu’une récession est inévitable. Mais historiquement, ce phénomène a souvent réussi à prédire avec exactitude les erreurs de politique dans le contexte économique alors en vigueur. En général, plus longue est la période de resserrement monétaire et d’inversement de la courbe, plus une récession est probable.
Des réductions de taux qui ne font pas que des heureux
Si les banques centrales décident du moment de relever les taux, forçant généralement la main aux marchés des titres à revenu fixe, mais ce sont les marchés qui décident du moment de procéder à une réduction. Depuis deux trimestres, un cycle de baisse des taux est intégré au marché. Comme tout le monde s’y attendait, la Fed a annoncé lors de sa dernière réunion de juillet qu’elle allait abaisser de 25 points de base le taux de financement à un jour pour le porter à une fourchette variant entre 2,00 % et 2,25 %, la première réduction depuis la crise. Par ailleurs, la Fed a annoncé que son programme de réduction du bilan prendrait fin le 1er août, deux mois plus tôt que prévu.
Même si la qualité du crédit des obligations de sociétés s’est dégradée, les émetteurs provinciaux ont démontré une bonne rigueur budgétaire...
La qualité des obligations de sociétés se dégrade
Le rétrécissement des écarts de taux a donné lieu à de solides rendements du côté des obligations de sociétés canadiennes, mais contrairement autrimestre précédent, les titres à bêta élevé n’ont pas clairement pris les devants. Le graphique ci-dessous illustre une tendance comparable, à savoir des secteurs à faible risque (comme les banques et les sociétés de télécommunications) qui devancent des secteurs plus risqués (par exemple, les sociétés d’énergie et de pipelines) sur une base corrigée du risque.
Après plusieurs trimestres de « chasse au rendement », ce revirement semble indiquer qu’au moins quelques investisseurs commencent à faire preuve d’une plus grande prudence.
Mais les obligations provinciales se démarquent
Les obligations provinciales ont mené le bal pendant le trimestre, portées par le mouvement à la baisse des taux et leur duration plus longue.
Même si la qualité du crédit des obligations de sociétés s’est dégradée, les émetteurs provinciaux ont démontré une bonne rigueur budgétaire. Ces derniers ont également profité de l’intérêt des investisseurs internationaux pour satisfaire leurs exigences de financement à l’étranger.
Prédilection pour les titres de qualité supérieure
Même si nous privilégions toujours les obligations de société, nous misons actuellement sur les titres de qualité supérieure et continuons de rehausser la qualité du crédit. En tant que gestionnaires actifs de titres à revenu fixe, nous cherchons toujours des moyens d’atténuer le risque et d’améliorer la qualité du crédit tout en tirant parti des occasions de placement attribuables à l’évolution de la volatilité.
MOYENNE SUR 5 ANS DES ÉCARTS INDICATIFS DU SECTEUR
De janvier 20012 à juin 2019

Sources : Bloomberg et Placements Franklin Templeton
Quels sont les risques?
Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les cours des obligations évoluent généralement en sens opposé des taux d’intérêt. Par conséquent, lorsque les cours des obligations reculent en raison d’une hausse des taux d’intérêt, le prix d’une part peut diminuer. Les placements dans des titres étrangers comportent des risques particuliers, comme la volatilité des taux de change, l’instabilité économique ou les événements politiques. Les risques sont plus importants dans le cas des placements sur les marchés émergents : ils sont liés non seulement aux mêmes facteurs, mais également aux faits d’une taille plus petite, d’une moindre liquidité et de l’absence de cadres juridique, politique, commercial et social à l’appui des marchés des valeurs mobilières. Les cours de ces placements peuvent fluctuer fortement en tout temps. Les rendements élevés sont dus au risque de crédit plus important associé à ces titres moins bien cotés et, dans certains cas, au prix du marché plus bas de ces instruments. La fluctuation des taux d’intérêt pourrait avoir une incidence sur la valeur des actions et leur rendement. Le cours des actions fluctue, parfois rapidement et spectaculairement, sous l’influence de facteurs touchant des sociétés et des industries ou secteurs en particulier, ou encore en raison de la conjoncture générale du marché. Les obligations du Trésor, si elles sont conservées jusqu’à l’échéance, offrent un taux de rendement et une valeur du capital fixes; leurs versements d’intérêts et leur capital sont garantis. La diversification ne constitue pas une assurance ou une garantie de rendements supérieurs et ne peut pas éliminer le risque de pertes de placement.
Les renseignements fournis ne constituent pas une analyse complète de tous les faits importants au sujet d’un pays, d’une région ou d’un marché. Les commentaires, opinions et analyses formulés aux présentes sont ceux des présentateurs et sont fournis à titre d’information seulement. En raison de l’évolution du marché et de la conjoncture économique, les commentaires, les opinions et les analyses sont valables en date du 5 décembre 2018 et peuvent changer sans préavis. L’analyse et les opinions présentées dans ce document peuvent se révéler différentes ou contraires à celles formulées par d’autres secteurs, gestionnaires de portefeuille ou équipes de gestion de placements chez Placements Franklin Templeton. Les opinions exprimées ne visent qu’à illustrer les questions macroéconomiques et le commentaire ne doit pas être considéré comme un conseil de placement ni comme une recommandation d’acheter, de vendre ou de conserver un titre ou d’adopter une stratégie de placement.
