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Compte rendu

Nous tenions à mettre à jour notre article précédent sur les répercussions économiques du COVID-19 et les risques sur les marchés mondiaux. À ce moment-là, nous avons hésité à ajouter le risque aux portefeuilles compte tenu de certaines incertitudes et des retombées éventuellement négatives liées à la propagation du virus. Nous avons estimé que des stratégies de confinement plus sévères seraient négatives pour la croissance, tout du moins à court terme.

Nous tenons tout d’abord à insister sur la principale conclusion de notre dernier commentaire à ce sujet : nous estimons qu’il est important de maintenir des portefeuilles diversifiés, notamment en périodes d’incertitude accrue sur les marchés, grâce à un processus permettant de contrer la tentation d’effectuer des opérations en fonction des manchettes et des émotions. Nous nous concentrons plutôt sur la façon dont l’évolution du contexte macroéconomique a des répercussions sur les données fondamentales des marchés et ajustons la répartition de l’actif en conséquence.

Répercussions géographiques

Il ne fait aucun doute que l’activité économique chinoise a ralenti au cours du premier trimestre de 2020; la question est donc de voir l’ampleur du ralentissement. Les nombreux indicateurs de production quotidienne, comme le trafic de voyageurs ou la consommation quotidienne d’énergie au charbon, montrent très peu de signes de rebond de l’activité. Les sondages de confiance des entreprises, qui reflètent l’activité en février, viennent aussi confirmer le ralentissement de la croissance en Chine.

Sondages sur la confiance des entreprises en Chine

D’août 2014 à février 2020

Sources : Franklin Templeton, Bloomberg, Macrobond.

En dehors de la Chine, le ralentissement de l’activité a des retombés sur les pays limitrophes, comme il est illustré dans le graphique ci-dessous (le point de données le plus récent indique l’activité de février).

Répercussions du coronavirus : indice PMI composite du Japon et indice de confiance des consommateurs sud-coréens

Sources : Franklin Templeton, Bloomberg, Macrobond.

Même s’il est normal que la région de l’Asie soit la plus exposée, l’évolution du virus porte à croire que d’autres régions risquent d’être touchées, ce qui donnerait lieu à une diminution de la confiance des consommateurs et des entreprises.

Le secteur des technologies de l’information des États-Unis est particulièrement vulnérable en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement en Asie. Cependant, les secteurs encore plus orientés vers le marché intérieur, notamment les secteurs liés à la consommation et ceux des services financiers seraient exposés si le virus venait à se propager plus largement aux États-Unis. Il faudra surveiller ces secteurs de près.

Durée des répercussions

Le virus est difficile à endiguer, puisque les symptômes peuvent être légers et semblables à ceux de la grippe saisonnière habituelle. Bien qu’il soit toujours possible que le nombre de cas en Chine continue de diminuer, cette question reste ouverte puisque beaucoup de travailleurs retournent au travail après une pause prolongée et reprennent leurs activités régulières, rendant l’endiguement encore plus difficile. À l’échelle mondiale, l’apparition d’autres grappes de cas semble plus probable. En fin de compte, cela signifie que l’impact est susceptible de durer plus longtemps que prévu.

Répercussions des mesures

Nous nous sommes toujours attendus à ce que ces répercussions sur la croissance donnent lieu à des mesures politiques appropriées. Jusqu’à maintenant, les mesures politiques ont été nombreuses dans le monde et devraient se poursuivre selon nous à court terme. Le contexte de baisse des cours du pétrole et de faiblesse de l’inflation permettra aux banques centrales mondiales de maintenir ou de prolonger leurs politiques monétaires expansionnistes, les anticipations du marché quant aux hausses des taux directeurs étant plus sérieusement prises en compte.

Graphique à points de la Fed et courbe des contrats à terme

Graphique à points au moment de la réunion de janvier 2020, Swaps indexés sur le taux à un jour au 27 février 2020

Sources : Franklin Templeton, Réserve fédérale américaine, Macrobond.

Nous voulons aussi tenir compte des mesures que les décideurs politiques prendront face au virus lui-même. L’imposition de mesures comme les quarantaines et les restrictions aux déplacements pour aider à endiguer et à prévenir la propagation du virus comporte des coûts économiques et sociaux.

Il est intéressant de rappeler qu’au nombre des mesures prises par les décideurs politiques tout au début de l’éclosion de la grippe H1N1 au Mexique figuraient les mises en quarantaine et les interdictions de déplacements. De telles mesures politiques ont finalement dû être abandonnées en raison du coût économique et social. La grippe H1N1 est une étude de cas intéressante, puisque le taux de mortalité s’est avéré être relativement faible. Reste à voir si la pondération du taux de mortalité s’établira à un niveau semblable dans le cas de ce coronavirus.

Répercussions économiques

Compte tenu de la propagation du virus, il est plus probable que les répercussions sur la croissance s’étendent au reste du monde. Si le virus se répand davantage aux États-Unis, il sera très difficile pour les dépenses de consommation aux États-Unis de continuer à faire preuve de résilience. Jusqu’à maintenant, les mesures politiques ont été encourageantes et elles devraient se poursuivre.

Voici le schéma classique d’un choc pour les marchés : l’inquiétude augmente à tel point qu’une forte baisse de la confiance ou de l’activité affecte les publications de données économiques (avec un certain décalage), le ralentissement est pris en compte par les marchés, et les investisseurs se montrent disposés à examiner les inquiétudes à court terme et à réinscrire des positions dans des actifs risqués compte tenu des probables mesures politiques et de la reprise éventuelle de l’activité économique.

À notre avis, il est trop tôt pour déterminer l’ampleur réelle des répercussions économiques ou le moment auquel l’inquiétude des investisseurs atteindra son point culminant, mais nous constatons que les marchés des actions et des titres à revenu fixe prennent cela déjà sérieusement en compte. Il est probable que les données se détériorent avant qu’elles ne s’améliorent, mais il semble que les marchés commencent à tenir compte d’un scénario relativement défavorable.

Principaux points à retenir concernant la répartition de l’actif

En ce qui concerne la répartition de l’actif, nous continuons de privilégier les régions qui font preuve d’une souplesse quant à leurs politiques pour réagir à un choc sur la croissance, notamment les États-Unis. Les régions comme la zone euro, confrontées à une politique monétaire resserrée et des défis budgétaires, vivront une période difficile si le virus se propage davantage dans la région.

Le Canada, bien qu’il soit moins sensible à la menace du coronavirus directement, présente un risque économique lié à quelques principaux éléments; la baisse des prix de l’énergie qui a des répercussions sur une grande partie de notre économie, une économie ouverte axée sur le commerce troublée par le ralentissement des échanges mondiaux et la vulnérabilité des consommateurs liée à des niveaux d’endettement élevés et à la baisse des taux d’épargne. Toutefois, les décideurs politiques du Canada disposent d’une marge de manœuvre plus grande pour contrer un ralentissement de la croissance par rapport à plusieurs autres régions.

En conclusion, nous n’ajoutons pas le risque de façon agressive pour l’instant, mais cherchons à réintégrer légèrement du risque compte tenu de l’évolution des cours boursiers de la semaine passée et des mesures politiques envisageables. Pour l’année à venir, nous sommes d’avis que les actions mondiales continuent de représenter un potentiel de rendements intéressants et cherchons donc des occasions, comme l’important repli boursier de cette semaine, d’accroître notre exposition, mais d’une façon mesurée, car il est impossible de déterminer à quel moment le marché aura atteint le creux.

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