CONTRIBUTEURS

Michael Greenberg, CFA, CAIA
Vice-président, Gestionnaire de portefeuille
La pandémie de la COVID-19 a donné lieu à une redéfinition des marchés mondiaux et a soulevé des questions importantes sur la répartition de l’actif des portefeuilles de placement. Dans la présente publication, nous actualisons notre vision de l’économie et de l’intervention des autorités monétaires pour ensuite faire des rapprochements avec notre stratégie pour l’avenir.
Les marchés durant ce repli
Après un départ en force en 2020, les marchés ont réagi rapidement et énergiquement à la mi-février lorsque la propagation mondiale du virus de la COVID-19 est devenue plus manifeste. Le marché haussier, qui avait duré près de 11 ans, a fait place à un marché baissier en quelques jours. Les marchés obligataires ont été grandement perturbés et ont éprouvé de graves problèmes de liquidités. Le Canada a été particulièrement touché par la crise, les répercussions économiques ayant coïncidé avec la guerre des prix engagée par l’Arabie saoudite et la Russie, qui a été dévastatrice pour le secteur pétrolier et gazier canadien.
Durée du repli et intervention des autorités monétaires
À l’heure actuelle, une récession mondiale est déjà prise en compte – la question est de savoir quelles seront la gravité et la durée du repli. Nous sommes préoccupés parce que les mesures de confinement devront durer plus longtemps et que la reprise sera un peu moins forte que ce dont bon nombre d’observateurs présumaient étant donné que le virus semble poursuivre son accélération.

Toutefois, ce risque de baisse de l’économie est dans une certaine mesure contrebalancé par les programmes colossaux de politique monétaire et budgétaire adoptés pour faire face à la situation. La Réserve fédérale américaine et d’autres banques centrales se sont montrées extrêmement combatives afin de soutenir le fonctionnement des marchés devant cette interruption sans précédent de l’économie. Même si des taux d’intérêt à 0 % et d’innombrables mesures d’assouplissement quantitatif ne ramèneront pas les clients dans les restaurants avant longtemps, ces mesures soutiennent cependant le système financier et jettent les bases d’un regain d’optimisme lorsque nous sortirons de cette crise.
La politique budgétaire a été un peu plus lente et désorganisée dans son intervention, mais elle manifeste maintenant une certaine vigueur, et ce n’est pas fini! Les gouvernements cherchent à soutenir les sociétés, les petites entreprises et les particuliers pour les aider à surmonter cette épreuve afin de tenter de protéger les emplois et les revenus et de maintenir les entreprises viables à flot.
Pendant que les résultats économiques négatifs font concurrence aux mesures de politique budgétaire et monétaire positives, la volatilité règne sur les marchés. À notre avis, une reprise qui traîne en longueur pose certains risques. Même si le virus est contenu plus tôt que tard, l’économie pourrait prendre du temps à se redresser, car les gens et les entreprises reviennent lentement à la normale.
Composition du portefeuille
En cette période de repli, nous sommes positionnés de manière plus défensive avec une pondération plus faible en actions et de manière légèrement plus défensive en général. La croissance a décéléré et les valorisations des actions et des titres de créance semblaient un peu excessives. Nous sommes encore d’avis qu’il pourrait y avoir à un moment ou à un autre un meilleur niveau pour accroître le risque qui se matérialise maintenant.
Compte tenu de l’incertitude et du risque de baisse attribuables au virus et au ralentissement économique, nous hésitons à trop accroître le risque dans les portefeuilles en ce moment. Nous avons resserré et augmenté les placements en actions à une légère surpondération en raison de la faiblesse récente. Les marchés du crédit présentent plus de risques, mais nous commençons à voir surgir certaines occasions de placement car les écarts de taux se sont élargis. Par conséquent, nous avons augmenté légèrement certains placements dans les titres de créance de qualité supérieure.

Sur un horizon plus long de 12 à 18 mois, les perspectives pour les actions sont plus attrayantes comparativement aux obligations, puisque les valorisations des actions sont en train de se rétablir. Le faible niveau des taux des obligations d’État semble indiquer un potentiel de rendement prévisionnel plus faible pour cette catégorie d’actif. Les banques centrales et les gouvernements se sont montrés unis quant à la nécessité d’adopter des programmes de relance budgétaire et monétaire, qui devraient essentiellement faciliter l’accès à des liquidités pour favoriser une reprise de l’ensemble de l’économie. Comme le tableau ci-dessous l’indique, ces mesures devaient se traduire par de meilleurs rendements sur les marchés lorsque nous sortirons de cette crise. Il reste que les cours boursiers seront plus faibles dans l’attente de la matérialisation d’une reprise plus soutenue. Comme cette situation nous préoccupe, nous proposons de faire preuve de prudence et de patience pour accroître le risque dans les portefeuilles.

La durée actuelle du marché baissier est de presque deux mois et le repli est d’environ 26 %.
Les commentaires, opinions et analyses de Michael Greenberg sont fournis uniquement à des fins de renseignements et ne doivent pas être considérés comme des conseils de placement individuels ni comme une recommandation d’investir dans un titre ou d’adopter une stratégie de placement. En raison de l’évolution rapide du marché et de la conjoncture économique, les commentaires, les opinions et les analyses sont valables à la date de la présente publication et peuvent changer sans préavis. Le présent document ne constitue pas une analyse complète de tous les faits importants au sujet d’un pays, d’une région, d’un marché, d’un secteur, d’un placement ou d’une stratégie.
Information juridique importante
Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les placements dans des titres étrangers comportent des risques particuliers, comme la volatilité des taux de change, l’instabilité économique ou les événements politiques. Les risques sont plus importants dans le cas des placements sur les marchés émergents, dont font partie les marchés frontaliers : ils sont liés non seulement aux mêmes facteurs, mais également aux faits d’une taille plus petite, d’une moindre liquidité et de l’absence de cadres juridique, politique, commercial et social à l’appui des marchés des valeurs mobilières. Dans le cas des marchés frontaliers, comme ces cadres sont généralement moins développés qu’ailleurs et que divers facteurs interviennent, comme un danger plus important de volatilité extrême des cours, d’illiquidité, d’entrave aux échanges et de contrôle des changes, les risques sont plus grands. Le cours des actions fluctue, parfois rapidement et spectaculairement, sous l’influence de facteurs touchant des sociétés et des industries ou secteurs en particulier, ou encore en raison de la conjoncture générale du marché.
