CONTRIBUTEURS

Ian Riach, CFA
Senior Vice President, Portfolio Manager, Franklin Templeton Investment Solutions
Les actions mondiales ont connu une reprise vigoureuse depuis qu’elles ont atteint les plus bas niveaux en mars 2020 en raison de la pandémie. Les États-Unis ont devancé tous les autres grands marchés, en devises locales, avec une hausse de plus de 56 % de l’indice S&P 500 pour la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2021.Les résultats très médiatisés des actions dites « FAANGM plus » ont été les premiers à dominer et, jusqu’à récemment, ont été à l’origine du rendement global de l’indice. Ces derniers temps, cependant, nous avons assisté à une reprise des actions plus cycliques ou « de valeur », qui ont pris le pas sur les titres de croissance de qualité supérieure (voir le graphique Bloomberg Value vs Growth).
Actions américaines : Rendement annuel de la croissance par rapport à la valeur

L’Europe a tendance à être une économie plus cyclique que les États-Unis et pourrait continuer à tirer profit du retour à la « valeur » auquel nous assistons.
Composition des principaux indices d’actions dans des secteurs sélectionnés

Il y a quelques mois, nous sommes passés d’une sous-pondération à une pondération plus neutre pour le Canada afin de tenter de profiter d’une partie du commerce cyclique. Désormais, nous nous intéressons à l’autre côté de l’Atlantique, où la zone euro semble également bien se comporter depuis le début de la reprise économique.
Les États-Unis ont pris la tête de tous les autres marchés, puisque leurs politiques monétaire et budgétaire ont permis de réagir de manière très rapide à la pandémie. En effet, la Réserve fédérale a rapidement abaissé les taux d’intérêt et rétabli le programme d’achat d’obligations, ou assouplissement quantitatif, qu’elle avait utilisé pendant la crise financière mondiale de 2008. L’anticipation de mesures de relance budgétaire à la fin de l’année dernière et l’approbation de vaccins pour lutter contre la COVID-19 ont également stimulé la confiance des investisseurs.
Grâce à la mise en place de programmes de relance budgétaire massifs et au rythme soutenu des campagnes de vaccination, le marché américain a continué à bien se comporter. Cette dynamique a porté les valorisations à des niveaux qui pourraient être fragilisés à la moindre déception. Si l’on ajoute à cela une amélioration précoce des données macro et microéconomiques en Europe, il est peut-être temps de chercher ailleurs qu’aux États-Unis la prochaine phase de la reprise du marché mondial.
Contexte macroéconomique
Le contexte macroéconomique semble s’améliorer dans la zone euro. Voici les principales données que nous suivons :
- Vaccination
Le taux de vaccination au Royaume-Uni a été impressionnant et il commence à s’améliorer dans d’autres pays européens.
Doses de vaccin contre la COVID-19 administrées pour 100 personnes

- Mesures de relance budgétaire
Les États-Unis et le Canada ont pris la tête du peloton en matière de mesures de relance budgétaire. Il a été difficile de coordonner l’aide gouvernementale entre les nombreux pays européens, mais en date du 28 mai, tous les parlements nationaux de l’UE avaient adopté un plan de relance à l’issue de la pandémie. i - Principaux indicateurs économiques
Le moral des investisseurs est bas mais commence à remonter. L’indice Sentix est basé sur un sondage mené auprès de plus de 5 000 investisseurs et mesure la confiance des investisseurs. iiUn niveau de 100 ou plus indique que l’économie est en croissance. - Confiance des investisseurs
Le moral des investisseurs est bas mais commence à remonter. L’indice Sentix est basé sur un sondage mené auprès de plus de 5 000 investisseurs et mesure la confiance des investisseurs. Une lecture inférieure à zéro indique le pessimisme tandis qu’une lecture supérieure indique la confiance. L’indice était essentiellement dans le rouge depuis 2019, traduisant ainsi l’incertitude suscitée par le Brexit et la pandémie. En mars, il tournait autour de +5. Le sommet des cinq dernières années a atteint +34 en 2017, il semble donc qu’il y ait encore de la marge. iii
Contexte microéconomique
Outre l’amélioration du contexte macroéconomique, les données microéconomiques, telles que la croissance des bénéfices et les valorisations, sont-elles aussi en progression.
- Croissance des bénéfices
La croissance des bénéfices s’accélère et semble même meilleure qu’aux États-Unis. Les indicateurs de dynamisme tels que les révisions à la hausse et les bonnes surprises sont évidents.
Revenus et taux de croissance du bénéfice : É.-U. c. EAEO

Ratio de révision des bénéfices des 12 prochains mois dans les principaux marchés boursiers

- Valorisations
Les valorisations aux États-Unis ont atteint des niveaux élevés et, bien qu’elles soient quelque peu soutenues par une croissance élevée et des taux d’intérêt bas, nous pensons qu’elles sont vulnérables à la moindre déception. En revanche, les valorisations en Europe sont relativement plus attrayantes par rapport à celles observées aux États-Unis et dans le passé. En général, la valorisation ne constitue pas un bon indicateur de temps, mais elle est assez bonne pour prédire les rendements futurs et, à l’heure actuelle, il semble que l’Europe pourrait offrir des rendements supérieurs à ceux des États-Unis au cours de la prochaine étape du cycle du marché.
Prime de risque sur les actions mondiales

- Système bancaire
Les contraintes en matière de fonds propres, dues en partie à quelques scandales commerciaux et comptables survenus ces dernières années, constituaient un risque qui avait assombri la zone euro. Il semble que les banques soient désormais en meilleure forme et que la BCE soit disposée à les laisser fermer des succursales pour améliorer leur rentabilité, voire les consolider. Ce vent défavorable semble donc s’essouffler, ouvrant la voie à une augmentation des prêts et des investissements en capital.
Retour en Europe
La zone euro commence à nous paraître plus attrayante, notamment par rapport aux États-Unis, qui ont enregistré de bons résultats depuis les creux de l’année dernière. Les données macro et microéconomiques s’améliorent et, compte tenu de sa composition plus cyclique, l’Europe pourrait surpasser les autres zones du marché mondial des actions à court et à moyen terme. Toutefois, elle n’est pas sans risque et les États-Unis pourraient continuer à dégager des rendements élevés. Nous surpondérons donc la zone euro, alors que nous étions sous-pondérés ces dernières années, et nous réduisons quelque peu notre exposition aux États-Unis pour gérer le risque de valorisation que nous y voyons. Si nous obtenons une nouvelle confirmation positive des points de données mentionnés ci-dessus, nous nous engagerons davantage dans la zone euro et augmenterons notre exposition.
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Commission européenne; Communiqué de presse – 1er juin 2021
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OECD.Stat; Indicateurs avancés composés
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Sentix GmbH; sentix.de
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International Banker, 25 mars 2021; « Is Europe About to Experience a Wave of Banking Sector Consolidation? »
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