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La volatilité des marchés des capitaux engendrée par le virus COVID-19 a été spectaculaire et a causé de la confusion et de l’inquiétude parmi les investisseurs. Pour l’équipe des titres à revenu fixe de Franklin Bissett, cette situation n’est ni surprenante ni imprévue.

Précisons que nous n’avions aucune idée que ce virus pourrait être le catalyseur qui allait mettre fin à ce marché haussier sans précédent. Depuis un certain temps, cependant, nous étions préoccupés par les évaluations du marché et le niveau de confiance du marché. En fait, au cours des derniers trimestres, nous avons réduit méthodiquement le risque dans nos portefeuilles et nos stratégies.

Nous avons pris ces mesures parce que les écarts de crédit – dans les secteurs des titres de qualité supérieure, des titres à haut rendement et autres – se sont resserrés à des niveaux tels qu’ils sont devenus peu attrayants, bien honnêtement. Les fondamentaux au niveau macroéconomique ainsi qu’au niveau des catégories d’actifs et des secteurs étaient acceptables, mais pas assez solides, selon nous, pour justifier une augmentation de notre budget de risque. En outre, la dynamique positive de l’offre et de la demande qui a contribué à resserrer les écarts dépend, du moins un peu, du maintien de la volatilité à un niveau modéré et de la capacité des banques centrales à poursuivre leurs mesures de relance.

De toute évidence, la volatilité n’est plus modérée; le VIX (un indicateur de la volatilité du marché des actions américaines) a bondi pour atteindre près de 50 points, alors qu’il se situait à sa moyenne pluriannuelle, près de 14. Même si nous sommes d’avis que les banques centrales vont poursuivre leurs mesures de relance, nous ne croyons pas qu’elles permettront d’améliorer sensiblement les conditions du marché tant que les investisseurs n’auront pas le sentiment (ou ne percevront pas de signe?) que le virus a été maîtrisé.

Ainsi, bien que nos fonds comptent encore une surpondération des titres de créance, nous avons réduit l’exposition globale au risque de crédit et amélioré la qualité du crédit. Parallèlement, lorsque cela était possible et applicable, nous avons maintenu nos stratégies de protection et de couverture dans nos portefeuilles ou en avons ajouté plusieurs.
Comment avons-nous procédé?

  • Tout d’abord, bien que les taux aient été faibles, nous avons maintenu la durée financière globale des portefeuilles dans une position presque neutre comparativement aux indices de référence.
  • Ensuite, il est important de mentionner que les durées financières ne sont pas toutes égales. Certaines des positions les plus importantes de nos portefeuilles sont des obligations du Trésor américain à long terme. Au cours des dernières semaines, les taux américains se sont considérablement resserrés par rapport aux taux canadiens (par exemple, le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans, qui était de 90 pb (0,9 %) supérieur au taux des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans, dépasse maintenant ce dernier de moins de 10 pb [0,1 %]).
  • Enfin, comme toujours, nous avons été vigilants dans notre processus de gestion des risques et avons couvert activement le risque de crédit en recourant à des options de vente. Il s’agit d’une stratégie rassurante que nous avons commencé à mettre en œuvre lorsque les écarts se sont considérablement resserrés à la suite de la crise énergétique de 2015-2016. Même si, à l’époque, nous n’étions pas entièrement persuadés que les écarts allaient se creuser, nous avions estimé nécessaire de trouver un moyen peu coûteux de protéger les portefeuilles tout en continuant de profiter de la diversification et des rendements offerts par les secteurs des titres de créance. Lorsque la volatilité est faible, le coût d’achat des options de vente est peu élevé comparativement au ratio risque/rendement. À mesure que les écarts se sont resserrés, nous avons utilisé activement cet outil de couverture pour protéger nos portefeuilles.

À l’heure actuelle, il est difficile de prédire l’orientation que prendront les marchés à court terme. Cela dépendra en grande partie de la réaction mondiale au virus et de la mesure dans laquelle il entraînera un ralentissement ou une récession à l’échelle mondiale. Cela dit, nous sommes des investisseurs à long terme. À court terme, si les écarts de rendement s’accentuent davantage, nous sommes tout à fait conscients que nos fonds pourraient faire moins bien que le marché pendant de courtes périodes; toutefois, dans une perspective à long terme, ces épisodes de forte volatilité ont tendance à procurer des occasions d’achat intéressantes. La crise énergétique de 2016 en est un excellent exemple.

Au début de 2020, nous pensons que nos portefeuilles sont bien structurés pour surmonter la crise du COVID-19 et pour profiter, une fois encore, des occasions d’achat qu’elle pourrait générer. Nous ne sommes probablement pas encore confrontés à cette situation, mais ça ne saurait tarder.

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