GROUPE D’ÉTUDES MACROÉCONOMIQUES MONDIALES TEMPLETON
Nous continuons de recevoir chaque jour de nouvelles informations sur le coronavirus (COVID-19); mais nous ne connaissons pas encore l’ampleur du paroxysme de l’épidémie et l’ensemble des répercussions économiques.
Les marchés semblent intégrer une reprise en forme de V comme scénario de base pour l’économie chinoise et la croissance mondiale, même si les craintes quant à la durée des effets sur l’économie semblent avoir nui aux placements à risque ces derniers jours. Des signes montrent que la durée et l’ampleur de l’incidence du COVID-19 sur l’économie seront plus importantes qu’elles ne l’ont été pour le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.
LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES POSSIBLES DU CORONAVIRUS NE SONT QU’À LEURS DÉBUTS (video disponible en anglais seulement).
Notons que l’économie de la Chine est huit fois plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2003, une différence énorme.1 Elle est aussi beaucoup mieux intégrée à l’économie mondiale et plus reliée aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Aujourd’hui, la Chine représente 16 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, en hausse par rapport à 4 % en 2003.2
Les chaînes d’approvisionnement ressentent déjà les effets des fermetures d’usines. Notons que cette semaine, Apple a émis un avertissement concernant ses revenus pour son trimestre se terminant en mars, en partie en raison de l’incapacité d’ouvrir certaines usines. Près de 500 millions3 de personnes sont touchées par une quasi-paralysie dans tout le pays. La province de Hubei, l’épicentre de l’éclosion du virus et la région soumise à une quarantaine importante, est un important centre manufacturier dans les secteurs de l’électronique et des technologies.
Les secteurs de la consommation et des voyages en Chine et dans la région demeurent durement frappés. De plus, l’importation de produits de base en Chine est perturbée, parce que les fermetures d’usines ont freiné la demande du secteur manufacturier pour des ressources extérieures, comme le pétrole et les métaux.
Il est aussi préoccupant que le COVID-19 est beaucoup plus prolifique que ne l’était le SRAS, ce qui accroît la probabilité d’une persistance beaucoup plus longue. Il est très contagieux et sa période d’incubation longue et asymptomatique peut atteindre 14 jours. Les porteurs qui ne savent pas qu’ils sont malades peuvent transmettre la maladie aux autres pendant des semaines. En outre, un pourcentage important de porteurs n’ont que des symptômes légers,4 comme un mal de gorge de faible intensité, qu’ils pourraient ne pas reconnaître comme étant le COVID-19 et en conséquence, pourraient ne pas prendre de mesures pour empêcher la propagation du virus.
À l’opposé, le SRAS était contagieux seulement après l’apparition des symptômes, ce qui rendait sa transmission involontaire moins probable. De plus, la gravité plus marquée des symptômes du SRAS amenait les porteurs à se retirer du public.
Le COVID-19 a un taux de mortalité beaucoup plus bas (2 %) que le SRAS (10 %).5 En outre, environ une personne infectée sur cinq seulement devient gravement malade,6 et environ quatre cas confirmés sur cinq ne présentent que des symptômes légers. Cependant, le COVID-19 est de 20 à 40 fois plus mortel que la grippe saisonnière moyenne7 et son taux de reproduction est à peu près le double.8 Pour le moment, on prévoit que le COVID-19 infectera des dizaines de milliers de gens de plus que l’a fait le SRAS,9 et que le nombre de cas confirmés dépassera les 100 000.
Le COVID-19 est donc une maladie beaucoup plus répandue et subtile que le SRAS, ce qui obligé le gouvernement chinois à y réagir plus fortement, donnant lieu à des mesures de confinement généralisé et des périodes de quarantaine plus longues. Ces mesures sont peut-être justifiées pour arrêter la propagation, mais elles sont aussi excessivement perturbatrices pour l’activité économique, mettant à l’arrêt des communautés et des entreprises.
Certains virologues10 ont modélisé des scénarios qui montrent que la maladie pourrait persister durant plus d’une année. Dans ces conditions, les gouvernements devraient réagir en mettant en œuvre des mesures de confinement de plus en plus restrictives, ce qui pourrait paralyser l’économie de pays autres que la Chine. Pour le moment, nous continuons de surveiller les événements et restons à l’affût des signes montrant que le COVID-19 s’est propagé de manière importante dans des collectivités hors de la Chine.
Du point de vue des marchés financiers, nous croyons que les marchés continuent de sous-évaluer les risques extrêmes d’une perturbation prolongée et de plus grande ampleur causée par le COVID-19. À notre avis, les risques mondiaux restent élevés et nous continuons de positionner nos stratégies de manière qu’elles ne soient pas en corrélation avec les catégories d’actif surévaluées. Cette situation nous rappelle que nous ne sommes jamais à l’abri d’un événement inattendu, et que la diversification d’un portefeuille est un élément essentiel lorsque les cours du marché portent à croire que nous évoluons dans un monde idéal.
NOTES DE FIN DE PRÉSENTATION
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Selon le Bureau national des statistiques de la Chine, le PIB en dollars américains a été de 14,36 mille milliards de dollars en 2019, contre 1,66 mille milliards de dollars en 2003.
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Banque mondiale.
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Selon Reuters, au 14 février, environ 500 millions de personnes étaient touchées par des quarantaines et des restrictions sur les déplacements. https://graphics.reuters.com/CHINA-HEALTH-LOCKDOWN/0100B5EF3LJ/index.html
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China CDC Weekly a publié les résultats de 44 672 cas confirmés au 11 février 2020. L’observation de la gravité des cas a révélé que 81 % des patients avaient des symptômes légers, 14 % avaient développé des symptômes graves comme la pneumonie et 5 % étaient dans un état critique. Le taux de mortalité observé était de 2,3 %.
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare que le taux de mortalité du SRAS en 2002 et 2003 avait été de 9,6 % du total des cas confirmés. L’OMS estime à environ 2 % le taux de mortalité actuel du COVID-19 au 18 février.
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China CDC Weekly a publié les résultats de 44 672 cas confirmés au 11 février 2020. L’observation de la gravité des cas a révélé que 81 % des patients avaient des symptômes légers, 14 % avaient développé des symptômes graves comme la pneumonie et 5 % étaient dans un état critique. Le taux de mortalité observé était de 2,3 %.
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Le Center for Disease Control and Prevention (CDC) estime à environ 0,05 % le taux de mortalité pour la grippe saisonnière aux États-Unis durant la période de 2019 à 2020. Le taux de mortalité estimatif de 1 % à 2 % du COVID-19 est approximativement de 20 à 40 fois plus élevé. https://www.livescience.com/new-coronavirus-compare-with-flu.html
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Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux de reproduction de la grippe commune est de 1,3. L’OMS avait estimé celui du COVID-19 entre 1,5 et 2,5, au 30 janvier. Une étude du New England Journal of Medicine en date du 29 janvier a estimé le taux de reproduction du COVID-19 à 2,2.
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Selon l’OMS, le nombre de cas connus dépassait 72 000 au 18 février 2020 et devrait continuer d’augmenter. (Le nombre de cas du SRAS a été de 8 096.)
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10. Robert Redfield, directeur du CDC, a déclaré lors d’une entrevue à CNN le 13 février que « ce virus (le COVID-19) sera probablement parmi nous au-delà de la présente saison et même plus tard au cours de cette année. Je pense que le virus s’installera et que la transmission se fera au sein de collectivité. » https://www.cnn.com/2020/02/13/health/coronavirus-cdc-robert-redfield-gupta-intv/index.html
Quels sont les risques?
Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les placements à l’étranger comportent des risques supplémentaires, comme la volatilité des taux de change, l’instabilité économique ou les événements politiques. Les risques sont plus importants dans le cas des placements sur les marchés émergents, dont font partie les marchés frontaliers : ils sont liés non seulement aux mêmes facteurs, mais également aux faits d’une taille plus petite, d’une moindre liquidité et de l’absence de cadres juridique, politique, commercial et social à l’appui des marchés des valeurs mobilières. Dans le cas des marchés frontaliers, comme ces cadres sont généralement moins développés qu’ailleurs et que divers facteurs interviennent, comme un danger plus important de volatilité extrême des cours, d’illiquidité, d’entrave aux échanges et de contrôle des changes, les risques sont plus grands. Les cours des obligations évoluent généralement en sens opposé des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les prix des obligations dans un portefeuille de placements réagissent à une hausse des taux d’intérêt, la valeur du portefeuille peut diminuer.
La diversification n’est ni une garantie de profit, ni une protection contre le risque de perte.
