Trois défis auxquels sont confrontés les fonds de titres à revenu fixe en gestion passiveMay 24, 2019

Nous sommes à la fin d'un marché haussier de 30 ans pour les obligations. Cette période inhabituelle de croissance continue a été portée par des taux d'intérêt bas et un contexte de faible inflation. Aujourd'hui, l'évolution des politiques monétaire, budgétaires et commerciales, ainsi que des corrélations plus importantes entre les actifs présentent de nouveaux défis pour tous ceux investissant dans les titres à revenu fixe. L'émergence de ces nouvelles dynamiques sous-jacentes au marché incite les investisseurs à faire preuve d'une plus grande prudence et à être plus rigoureux dans la sélection du fonds qui correspond le mieux à leur portefeuille.

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Les trois défis qui se présentent avec des fonds indexés en gestion passive

Il est probable que l'investisseur moyen ne soit pas au courant des risques ou des éventuelles conséquences imprévues qui sont associés intrinsèquement aux indices des titres à revenu fixe. Je pense qu'il est possible de pallier les trois défis majeurs suivants auxquels est confrontée l'indexation des titres à revenu fixe en investissant avec des gestionnaires actifs qui oeuvrent à réduire ces risques.

Défi no 1 - les indices sont pondérés en fonction des plus gros créanciers

D'ordinaire, un indice boursier est pondéré en fonction de la capitalisation boursière, qui est généralement une mesure de la taille de l'entreprise, voire de sa santé. Même si cela est susceptible de créer certains problèmes, les indices obligataires sont pondérés en fonction du volume des émissions. En d'autres termes, les indices des titres à revenu fixe accordent une pondération relative plus importante à ces sociétés et gouvernements qui émettent le plus de titres d'emprunt.

L’indice mondial des obligations d’État Citi (IMOC) en est un bon exemple : 78 % de l’indice est composé de cinq pays seulement, et leur ratio dette/PIB moyen, soit les emprunts gouvernementaux moins les remboursements, dépasse 126 %. Paradoxalement, les autres 17 pays de l’indice ne représentent, au total, que 22 % de l’indice et leur ratio dette/PIB moyen est de 65 %!1

Les indices des titres a revenu fixe

Ainsi, les placements de nombreux fonds de titres à revenu fixe en gestion passive sont désormais représentés de façon disproportionnée par des émetteurs ayant le niveau d'endettement le plus élevé. On peut se demander s'il est alors judicieux pour ces fonds d'accroître leurs placements simplement parce que l'entreprise ou le pays dispose d'un levier financier important. De plus, les investisseurs prendraient-ils eux-mêmes la même décision si les fonds dans lesquels ils investissent ne les avaient pas poussés à le faire?

Défi no 2 – la composition de l'indice est déterminée, de manière passive, par les tendances du marché

Un produit passif doit suivre la reconstitution de l’indice, quels que soient l’intérêt de l’investissement ou les perspectives du marché. Par exemple, le marché obligataire canadien est dominé par les obligations d'État. D'un autre côté, un gestionnaire actif peut tendre à atténuer les bouleversements susceptibles d'entraîner ou de modifier le profil risque/rendement d'un portefeuille en fonction de ses recherches.

Les produits passifs doivent

1 Source : FactSet du 31/12/2018 Le ratio dette/PIB moyen est une estimation pour 2018. FMI, PEM, octobre 2018.

Défi no 3 – les indices ne sont pas forcément en phase avec les objectifs de l'investisseur

Les marchés obligataires dénombrent divers acteurs qui ont tous différentes raisons d'acheter. Presque la moitié des 100 000 milliards de dollars de titres à revenu fixe mondiaux est détenue par les banques centrales, ainsi que par des entités qui tentent de d'influencer les taux de change et d’ajuster la masse monétaire. Leurs objectifs ne correspondent pas toujours aux objectifs des investisseurs canadiens en quête de diversification, de revenus ou de rendement total. Par conséquent, les indices obligataires peuvent être modelés et influencés par des forces disparates multiples, dont beaucoup importent peu à l'investisseur moyen.

Par exemple, au 31 décembre 2018, près de 15 % de l’indice mondial cumulé des obligations américaines Bloomberg Barclays se composait d’obligations à taux d’intérêt négatifs . Ce qui veut dire, qu’au lieu de recevoir des intérêts, l’investisseur paie en fait à l’émetteur des intérêts pour le droit de lui prêter son argent. Combien d'investisseurs choisiraient d'acheter des obligations avec des taux de rendement négatifs? Pas beaucoup, pourtant les gestionnaires de fonds indiciels doivent souvent détenir ce type d'obligation simplement parce qu’elles se trouvent dans l’indice qu’ils suivent.

Les titres à revenu fixe sous gestion active ont récemment dégagé des résultats supérieurs

Puisqu’ils connaissent les dangers du contexte actuel du marché et les défauts inhérents à la gestion indicielle des titres à revenu fixe, les gestionnaires actifs ont savamment réussi à tirer parti de leurs compétences et de leur expertise. Ils se distinguent par leur capacité à dénicher les meilleures occasions et par leur souplesse, ce qui leur permet de répondre aux besoins de l’investisseur. En alignant les objectifs, en forgeant des relations avec les émetteurs et, surtout, en utilisant diverses stratégies pour mettre en oeuvre leur point de vue sur le marché et positionner leurs portefeuilles de façon à y apporter de la valeur, les FNB de titres à revenu fixe sous gestion active se sont en fait mieux comportés que leurs homologues sous gestion passive.

Les données recueillies par Franklin Templeton révèlent que les rendements glissants sur une période de 1 an de tous les FNB sous gestion active dans les catégories des titres à revenu fixe canadiens ont dégagé, à 83 % du temps, des résultats supérieurs à l’indice canadien des obligations universelles FTSE au cours de la période de 24 mois close au 31 décembre 2018.

Resultats des titres arevenu fixe

Les investisseurs peuvent se fier aux spécialistes en titres à revenu fixe

Les professionnels en placement et gestionnaires de fonds de Franklin Templeton fondent leurs décisions sur le potentiel de rendement corrigé du risque inhérent à chaque placement. Ils ne sont pas contraints de respecter les plafonds de pondération propres à l'indice. En qualité de gestionnaires actifs, ils peuvent décider d'investir à l'extérieur de l'indice de référence et de surpondérer ou sous-pondérer des positions par rapport à l'indice de référence si leur analyse ascendante indique qu'il s'agit d'une meilleure position. Autrement dit, les investisseurs qui se fient à l'expertise de gestionnaires actifs peuvent dormir sur leurs deux oreilles en sachant que leurs portefeuilles sont bien positionnés pour faire face à l'évolution des conditions du marché.

Source : Bloomberg