Les Paramètres Fondamentaux Demeurent ImportantsAug 15, 2019



En dépit des récentes nouvelles économiques contrastées, les marchés boursiers continuent de frôler des sommets sans précédent, marquant un solide rebond après leur repli en mai. La faiblesse du marché en mai a été imputable à la détérioration des données économiques et à la décision du président Trump de mettre en place des tarifs douaniers sur les importations de la Chine. Depuis, de nombreuses perspectives de croissance ont été revues à la baisse, y compris celles du FMI et de la Banque du Canada.1 Depuis un certain temps, le marché obligataire montre des signes de ralentissement, ce qui semble être, encore une fois, confirmé par les données récentes.

Du côté des sociétés, les données sont aussi contrastées. La croissance des bénéfices n’est pas faible, mais elle a ralenti de manière plutôt généralisée, exception faite du secteur des technologies de l’information. Environ la moitié des résultats du deuxième trimestre ont été publiés jusqu’ici, et les prévisions pour le reste de l’année en ce qui a trait à la croissance des ventes ou des bénéfices laissent à désirer. Par ailleurs, les sociétés semblent réticentes à augmenter leurs dépenses en immobilisation, ce qui pourrait freiner la croissance économique davantage.

Quels sont les facteurs qui influencent le marché?


Parmi les facteurs qui entraînent les marchés boursiers à la hausse, nous pensons que la politique monétaire des banques centrales est en grande partie responsable. Le graphique suivant montre comment les marchés boursiers ont monté en flèche à mesure que les attentes du marché à l’égard d’une baisse des taux administrés de la Fed se sont renforcées.



En fait, depuis le creux au début de juin, l’indice S&P 500 a grimpé de plus de 7 % (en dollars américains) jusqu’au 25 juillet.2 Au cours de cette période, nous avons constaté une augmentation du ratio cours-bénéfice, qui est passé d’environ 18 à près de 20, tandis que les prévisions de bénéfice par action étaient revues à la baisse.

L’histoire se répète en Europe et dans l’ensemble de la région de l’EAEO. En juin, Mario Draghi a essentiellement engagé la Banque centrale européenne à adopter de nouvelles mesures de relance monétaire, car les perspectives de croissance continuent de pointer vers un ralentissement.3 Ses propos ont fait grimper les indices boursiers.



Une reprise douteuse

Encore une fois, comme nous l’avons constaté auparavant au cours de ce cycle prolongé, les mauvaises nouvelles économiques s’avèrent positives pour les marchés boursiers. Les conversations semblent davantage tourner autour de ce que fera la Fed plutôt que de ce que font les sociétés. Nous convenons que l’assouplissement des politiques des banques centrales peut faire grimper les valorisations.

1. Consultez les Perspectives de l’économie mondiale de juillet 2019 du Fonds monétaire international et le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada de juillet 2019.
2. Source: Bloomberg
3. Voir la conférence de presse du 6 juin 2019 de la Banque centrale européenne.

boursières à court terme et qu’il peut être dangereux de « contredire la Fed ». Toutefois, nous avons des doutes quant à la durabilité des reprises provoquées par les banques centrales en cas de détérioration des paramètres fondamentaux économiques et financiers. Nous sommes aussi préoccupés par l’efficacité de chaque baisse de taux supplémentaire. Un effet réducteur pourrait être constaté à l’approche d’un taux d’intérêt près de zéro, car cela signifierait que l’économie est plus mal en point que prévu et que les risques de récession ont augmenté.

Les marchés peuvent être influencés à court terme par divers facteurs, mais les paramètres fondamentaux finiront par prévaloir. Actuellement, ces derniers, bien qu’ils ne soient pas désastreux, semblent faibles. Cette faiblesse, conjuguée à des valorisations plus élevées que ce que celles de l’automne dernier lorsque les données semblaient plus robustes, nous incite à faire preuve d’une certaine prudence à l’égard des actions en ce début de deuxième moitié de l’année. Par conséquent, nous avons en général réduit la pondération des actions, et nous adoptons une position plus défensive au sein de cette catégorie d’actifs.