Dénaturation, divergence et diversificationJan 7, 2019

GLOBAL INVESTMENT OUTLOOK 2019

FRANKLIN TEMPLETON THINKSTM PERSPECTIVES DE PLACEMENT MONDIALES

 

La volatilité a affecté les marchés des actions du monde entier en 2018, notamment les marchés émergents et les marchés des actions américains. Alors que l’expansion économique américaine franchissait officiellement le cap des neuf ans en 2018, de nombreux investisseurs ont commencé à se demander quand le cycle changerait et quel pourrait en être l’élément déclencheur.

Nos principaux responsables en placements veulent se montrer très optimistes pour l’année à venir, mais nous reconnaissons que les possibilités de placements peuvent être plus divergentes, car certains pays ou catégories d’actifs auparavant négligés peuvent éventuellement retenir l’attention.

 

Faits saillants

  • Nous pensons qu’il est important de reconnaître que l’état du monde auquel les investisseurs se sont habitués depuis une décennie ne s’éterni-sera pas. La dynamique du marché continue d’évoluer à mesure que la le caractère durable de corrélations extrêmement faibles devient probabilité moindre en matière de résultats. Nous pensons que ce contexte est susceptible de favoriser la gestion active.
  • À notre avis, les marchés émergents en monnaie locale affichent le niveau le plus haut de sous-évaluation sur les marchés mondiaux des titres à revenu fixe. Mais il est important de reconnaître que la catégorie d’actifs n’est pas uniforme. Certains pays sont beaucoup plus prudents qu'ils ne l'étaient il y a plusieurs décennies.
  • Les revenus américains pourraient avoir du mal à suivre le rythme des niveaux de 2018, car les avantages des importantes mesures de relance budgétaire résultant des réductions d’impôts aux États-Unis et de l’augmentation des dépenses publiques ont diminué. Cependant, nous voyons des possibilités au niveau mondial alors que les revenus et les disparités économiques se réduisent entre les États-Unis et d’autres pays.

 

Était-ce 2018 aussi bon que cela ? Notre vision de l'avenir

Ed Perks: À notre avis, l’économie mondiale devrait res-ter solide en 2019, soutenue par la vigueur des fondamentaux et de la demande aux États-Unis. La volatilité est revenue sur les marchés financiers mondiaux en 2018 lorsque le discours sur la croissance mondiale synchronisée est devenu plus pessimiste. Toutefois, les tendances en matière de croissance restent globalement positives et la désynchronisation pourrait ne pas être le vent contraire que les marchés auraient pu craindre parfois. Nous nous intéressons vivement à la manière dont les divergences économiques et les différences de politique entre les pays finiront par être conciliées, compte tenu de leurs incidences éventuelles sur le commerce, les devises et la normalisation de la politique monétaire dans les pays avancés.

Nous ne voyons que peu de signes de volatilité des marchés émergents qui ont une incidence sur d’autres marchés à ce jour, et nous pensons que la dispersion croissante des rendements relatifs entre les marchés que nous avons observés tout au long de 2018 pourrait être durable. Par conséquent, nous ne voyons aucune raison qui permettrait aux principales banques centrales de s’écarter considérablement des trajectoires de politique monétaire qu’elles ont définies. Nous estimons que la conjoncture actuelle de l'économie américaine, caractérisée par une croissance supérieure à la tendance, une inflation modérée et un quasi plein emploi, pourrait se poursuivre encore quelque temps. Nous pensons que les perspectives d’une récession américaine ne sont pas à entrevoir avant plusieurs trimestres.

Stephen Dover: L’année prochaine se présente comme celle de résultats limités sur les marchés boursiers mondiaux. Alors que les avantages des importantes mesures de relance budgétaire résultant des réductions d’impôts aux États-Unis et des dépenses publiques plus importantes ont diminué, les revenus américains et toute l’économie mondiale pourraient avoir du mal à suivre le rythme des niveaux de 2018. Cependant, nous voyons des possibilités à l'extérieur des États-Unis alors que les revenus et les disparités économiques se réduisent entre les États-Unis et d’autres pays. Nous pensons également que les valorisations boursières sur les marchés non américains demeurent intéressantes par rapport aux États-Unis. De plus, nous nous attendons à ce que les sociétés peu endettées et générant beaucoup de trésorerie dégagent de bons résultats en cas de ralentissement de la croissance économique et de la croissance des bénéfices.

Avec la hausse des taux d’intérêt et l’enjeu politique, la qualité des résultats ainsi que des valorisations constituera un facteur d’une importance accrue pour les placements.

Michael Hasenstab: Dix ans après l’aggravation de la crise finan-cière mondiale en 2008, les marchés financiers viennent à peine de commencer à corriger les distorsions des prix des actifs créées par le programme d’assouplissement quantitatif massif de la Réserve fédérale américaine (Fed). L’assouplissement quantitatif a été initialement utilisé pour stabiliser les marchés financiers pendant la crise, mais au lieu d’être une intervention limitée destinée à rétablir les marchés en quelques années, il s’est développé et est devenu une activité permanente. L’assouplissement quantitatif a réussi à faire baisser les rendements des obli-gations et augmenter les prix des actifs, orientant ainsi de nombreux investisseurs vers des actifs présentant un plus grand risque tout en maintenant les coûts du capital artificiellement annulés. Mais l’assouplissement quantitatif continu a également entraîné des distorsions persistantes des prix des obligations et des actions, tout en stimulant l’effet de levier et en récompensant la complaisance des investisseurs qui sem-blaient considérer les rendements toujours bas et le rôle « acheteur en dernier ressort » de la Fed comme un accord permanent.

Toutefois, ces conditions ne sont ni normales ni permanentes, selon nous, et nous pré-voyons que le revirement de l’assouplisse-ment quantitatif aura une incidence importante sur les actions et les marchés financiers de la même manière l'an prochain. L'automne dernier (octobre 2018), nous avons observé le repli simultané des marchés obligataires et boursiers américains lorsque les taux ont augmenté. Cela peut sembler anormal, mais l’intervention de la Fed a soutenu de manière égale les obligations et les actions, qui ont tout aussi été vulnérables à l’effet inverse de la politique de la Fed. C’est le type de corrections de valorisation que nous envisageons de voir alors que les effets artificiels de mesures monétaires adoptées permanentes sont supprimés. Les investisseurs qui ne sont pas préparés à des corrections de prix simultanées sur des obligations du Trésor américain et d’autres catégories d’actifs en 2019 peuvent être exposés à des risques involontaires.

 

 

 

 

Les actions délaissées peuvent générer un nouvel intérêt

Stephen Dover, CFA, chef des actions

Possibilités dans les pays émergents

Nous constatons que les possibilités commencent à apparaître dans de nombreux domaines mal appréciés des marchés boursiers mondiaux. Alors que la rhétorique générale sur l’impact de la guerre commerciale sur l’économie chinoise a rendu nombreux investisseurs méfiants à l’égard des actions chinoises, nous pensons que la croissance de la Chine est davantage favorisée par la consommation intérieure que par le commerce de nos jours. Et bien que le marché immobilier résidentiel soit une préoccupa-tion et que la croissance économique ralen-tisse, nous ne prévoyons pas d’« atterrissage difficile ». Nous pensons qu’il pourrait y avoir des possibilités à long terme en Chine dans les secteurs plus orientés vers la Chine.

À plus long terme, nous continuons de voir d’énormes possibilités dans les entreprises perturbatrices. Les grandes entreprises technolo-giques américaines et chinoises innovent et occupent une place plus importante dans le paysage économique et politique mondial. Nous pensons que la question qui se pose aux investisseurs est de savoir quelle valeur attribuer à cette croissance.
-Stephen Dover

L’Amérique latine offre également de nou-velles promesses. L’élection de Jair Bolsonaro au poste de président du Brésil nous indique un retour à des politiques économiques plus orthodoxes, en dépit de certains de ses dis-cours politiques extrêmes. De même, nous avons assisté à un retour à une meilleure politique économique en Argentine ces der-nières années. Même s’il est encore tôt et que les deux pays doivent faire face à des défis politiques et économiques, nous sommes persuadés que l’ère d’une si mauvaise poli-tique économique qui a nui aux deux pays pourrait prendre fin. De manière générale, les fondamentaux des marchés émergents nous semblent positifs et les valorisations sont revenues à des niveaux historiquement intéressants.

Ainsi, alors que les gains faciles pour les actions mondiales semblent prendre fin, puisque les taux de croissance aux États-Unis restent modérés et que des problèmes géo-politiques et commerciaux persistent, le contexte de hausse des taux peut entraîner un changement de leadership, car les actions et régions négligées commencent à susciter un regain d'intérêt.

 

Différences régionales dans les cycles de gain des bénéfices suggérés pour les actions non américaines à représenter

Regional Differences in Earnings Cycles

Source: FactSet, MSCI. Données au 30 novembre 2018. MSCI n’offre aucune garantie et n’assume aucune responsabilité relativement aux données de MSCI reproduites aux présentes. Aucune autre redistribution ou utilisation n’est autorisée. Le présent rapport n’a pas été préparé ni endossé par MSCI. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans un indice. Ils ne tiennent pas compte des frais d’acquisition ni d’aucuns autres frais.
Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur. Vous trouverez au www.franklintempletondatasources.com d’importants avis et renseignements sur les fournisseurs de données.

 

Descendant en dessous du seuil

Les sociétés américaines ont enregistré une forte progression en termes de béné-fices et de chiffre d’affaires en 2018, avec des chiffres largement surprenants à la hausse dans l’ensemble. Une telle évolu-tion semble peu probable en 2019 et les entreprises indiquent déjà qu’elles ne seront pas en mesure de suivre le rythme l’an prochain.

Les obstacles sont dus au ralentissement de l’économie et à la hausse des coûts des intrants. Le taux de croissance de l’écono-mie américaine devrait ralentir, car les avantages des réductions d’impôts et l’augmentation des dépenses publiques ont moins d’incidence sur l’économie en général. Néanmoins, la croissance devrait rester relativement robuste et le climat des affaires devrait rester favorable, grâce aux constants efforts déployés pour réduire les lourdes réglementations et les vastes avan-tages du boom américain liés au pétrole de schiste.

Pendant ce temps, les coûts des intrants, tant en matière de main-d’œuvre que de matériaux, ont augmenté. Pour que les marges bénéficiaires puissent augmenter par rapport à des niveaux déjà élevés, il faudrait accroître considérablement la pro-ductivité. Et bien que la technologie puisse aider à cet égard, une augmentation signi-ficative ne sera probablement pas annon-cée à court terme.

Au total, les bénéfices des entreprises et les taux de croissance économique aux États-Unis devraient se replier selon ceux d’autres marchés régionaux en 2019. Le Fonds monétaire international (FMI) consi-dère que la croissance américaine devrait ralentir de 2,5 % en 2019, contre 2,9 % prévu en 2018, alors que la croissance européenne devrait avoisiner les 2 % par rapport à 2018 et 2019. Selon les prévi-sions du FMI, la croissance économique mondiale devrait rester stable à 3,7 % en 2018 et 2019.

Moins de distinction entre la croissance des bénéfices des sociétés américaines et non américaines pourrait contribuer davantage à inciter les investisseurs à s’in-téresser aux actions non américaines en 2019. À notre avis, de nombreux marchés non américains ont été sous-évalués par rapport à ceux des États-Unis au cours des dernières années, en raison du fort rende-ment des bénéfices des sociétés améri-caines. L’Europe, par exemple, n’a pas connu une croissance aussi robuste, ce qui a simplifié la tâche des entreprises euro-péennes en 2019. Dans le même temps, le marché japonais, qui a connu une crois-sance décente des bénéfices, pourrait tirer parti de tout signe d'une reprise plus durable de l’inflation.

L’importance croissante de la politique

Le principal défi pour les marchés euro-péens pourrait être l’incertitude politique accrue qui se profile en 2019. Le populisme et le nationalisme économique ne cessent d’augmenter. Les négociations sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union euro-péenne (UE) ont peut-être finalement abouti à un accord en novembre, mais des incertitudes importantes subsistent. L’Allemagne, quant à elle, sera confrontée à d’importants changements politiques dans les années à venir, alors que l’ère de la chancelière Angela Merkel touche à sa fin.

Nous pensons que la montée continue du populisme, non seulement en Europe, mais dans le monde entier, ronge lente-ment certaines des institutions écono-miques et politiques qui ont été à la base de nombreuses économies de marché. Nous pensons également que la montée du nationalisme économique mérite une attention particulière. Si les pays se tournent de plus en plus vers l’intérieur, l’environnement pourrait devenir plus favorable aux entreprises axées sur le mar-ché intérieur plutôt qu’aux grandes multinationales.

À notre avis, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine concerne aussi moins l’économie du commerce que l’in-fluence géopolitique croissante de la Chine. Nous prévoyons que ces problèmes seront beaucoup plus difficiles à résoudre à court terme, ce qui créera une plus grande incertitude.

 

Diversification par rapport à la hausse des taux pendant l'ère suivant l'assouplissement quantitatif

Michael Hasenstab, Ph. D., Chef des placements,
Groupe d’études macroéconomiques mondiales Templeton

Les marchés émergents sélectionnés sont mieux positionnés pour résister à la hausse des taux.

À notre avis, les marchés émergents en monnaie locale affichent le niveau le plus haut de sous-évaluation sur les marchés mondiaux des titres à revenu fixe. Mais il est important de reconnaître que la catégo-rie d’actifs n’est pas uniforme. Certains pays sont beaucoup plus prudents qu'ils ne l'étaient il y a plusieurs décennies. Plusieurs pays ont diversifié leur économie et élargi considérablement leurs marché de titres d’emprunt en monnaie nationale, agrandi leur base d’investisseurs nationaux et renforcé leur résistance face aux chocs externes. D’autres continuent d’avoir des déséquilibres structurels persistants, des institutions peu fiables et des économies fra-giles. Il est crucial de déterminer avec préci-sion ces différences. En 2019, il sera de plus en plus important de définir les pays offrant une valeur idiosyncratique moins corrélée aux risques bêta (de marché) à grande échelle, car la hausse des taux aux États-Unis devrait avoir une incidence très différente sur chaque pays. Les pays où les taux d’intérêt sont faibles ou qui présentent d’importants déséquilibres structurels et des points faibles sur le plan de l’économie pourraient être vul-nérables aux chocs de taux externes. Cependant, les pays affichant une économie forte, des comptes courants équilibrés et des rendements relatifs supérieurs devraient être mieux placés pour résister aux changements de taux de 100 points de base ou plus.

 

Dans l'ensemble, nous pensons qu’il est important de reconnaître que l’état du monde auquel les investisseurs se sont habitués depuis une décennie ne s’éternisera pas."

Taux de rendement plus élevés dans certains marchés émergents
Taux de rendement des obligations d’État : Taux à 2 ans et à 10 ans
Au 30 novembre 2018

Higher Yields Available in Select Emerging Markets
Source: Bloomberg. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur. Vous trouverez au www.franklintempletondatasources.com d’importants avis et renseignements sur les fournisseurs de données.
* L'Afrique du Sud n'offre pas de taux de rendement des obligations à 10 ans. Donc, le taux des obligations à 9 ans sont représentés.

 

L’Europe demeure vulnérable à la montée du populisme et aux risques structurels

Les risques politiques et structurels crois-sants en Europe sont un autre risque que les investisseurs semblent ignorer. Il y a cinq ans, les électeurs européens se concentraient sur des questions traditionnelles telles que l’éco-nomie, les dépenses fiscales et le chômage. Selon des enquêtes de la Commission euro-péenne, les électeurs sont désormais beau-coup plus préoccupés par l’immigration et le terrorisme. Ce changement de tendance se reflète dans le paysage politique. Le soutien aux partis nationalistes d’extrême droite s’est accru dans plusieurs pays de la zone euro, notamment en France, en Allemagne, en Italie et en Autriche. En dehors de la zone euro, des pays tels que la Hongrie, la Pologne et la République tchèque ont encore davan-tage sombré dans le protectionnisme et le nationalisme d’extrême droite, établissant des barrières et imitant de plus en plus l’ap-proche russe en matière de gouvernance plu-tôt que celle de l’UE. À notre avis, il s’agit d’une tendance inquiétante pour l’intégra-tion européenne, dans la mesure où les gou-vernements introvertis ont moins de chances de travailler ensemble en période de crise.

 

GIO 2019

À l’heure actuelle, les risques politiques et structurels européens sont particulièrement graves en Italie, où des partis politiques dis-tincts de la coalition au pouvoir partagent une base commune sur l’euroscepticisme, le protectionnisme et l’augmentation des dépenses budgétaires. Notre principale pré-occupation en ce qui concerne l’Europe est la probabilité que la dette italienne devienne insoutenable avec un rendement de 3,6 % sur 10 ans, selon notre analyse. Bien qu'une crise ne soit pas imminente, la probabilité que l'UE se réunisse pour sauver l'Italie comme elle l'avait fait pour la Grèce en 2011 semble beaucoup plus faible aujourd'hui. En 2011, il n’existait pratiquement pas de cohé-sion politique pour assurer la cohésion de l’union, mais les dirigeants de l’époque ont trouvé nécessaire de le faire pour l’intérêt de tous. Aujourd’hui, moins de personnes au pouvoir partagent la même pensée. Nous considérons que dans l’ensemble, les inves-tisseurs pourraient sous-estimer l’ampleur des risques éventuels en Europe. À notre avis, l’euro est toujours vulnérable à des risques structurels et politiques non résolus au cours de l'année à venir.

 

Les bons du Trésor américains font face à une véritable tempête des pressions sur les taux

Selon notre analyse, trois facteurs clés s’annoncent pour accroître les rendements en bons de Trésor américains : une aug-mentation des besoins d’emprunt du gou-vernement américain, une baisse des achats en bons de Trésor américains auprès de la Fed et des gouvernements étrangers ainsi que les pressions inflation-nistes croissantes. La première tempête à l’horizon est le déficit budgétaire croissant. L’augmentation des dépenses de l’adminis-tration Trump, ainsi que des réductions d’impôts, et les dépenses obligatoires en cours devraient entraîner un déficit budgé-taire de l’ordre de 5 % du PIB (produit intérieur brut), selon notre analyse. Cela augmente les besoins d’emprunt déjà éle-vés du gouvernement. La deuxième tem-pête est la baisse de la demande d’achat officiel, sur le plan intérieur auprès de la Fed lorsqu’elle élimine l’assouplissement quantitatif, et à l’extérieur, auprès des gou-vernements étrangers. Cela laisse un important déficit de financement qui devra être couvert par les investisseurs qui accordent une grande importance au prix et qui devraient à peu près tripler leurs niveaux actuels d’achat pour combler le vide. La baisse de volume d’achat et l’aug-mentation de volume d’approvisionnement signifie que les rendements doivent s’ac-croître pour pouvoir trouver de nouveaux niveaux de compensation.

Ces deux dynamiques à elles seules suffi-raient probablement pour augmenter les rendements. Mais une troisième tempête se prépare sous forme d’inflation. Les pressions salariales ont augmenté avec force exceptionnelle sur le marché du tra-vail américain, ainsi que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée dans certains secteurs. Les bassins de main-d’œuvre ont également été limités en raison des restrictions imposées à l’immigration légale et illégale par l’administration Trump.

De plus, les mesures de relance budgétaire en fin de cycle, la déréglementation et les réductions d’impôts ont davantage renforcé une économie déjà forte. Les tarifs secto-riels devraient également entraîner les coûts pour les consommateurs. Chacune de ces situations a des implications infla-tionnistes, selon notre analyse. Compte tenu du contexte actuel, nous prévoyons que la Fed continuera à relever ses taux pour les ramener au taux neutre en 2019. Dans l’ensemble, tous les facteurs sus-mentionnés forment une tempête parfaite de pressions sur les taux qui, selon nous, devraient entraîner la hausse des rende-ments des bons de Trésor américains au cours de la prochaine année.

 

 

 

 

Les obligations et les actions pourraient connaître des corrélations positives lors de l’augmentation des taux

Dans l'ensemble, nous pensons qu’il est important de reconnaître que l’état du monde auquel les investisseurs se sont habitués depuis une décennie ne s’éterni-sera pas. En 2019, nous prévoyons une hausse des rendements de bons de Trésor américains et le maintien de corrections de prix pour les diverses catégories d'actifs à mesure que les mesures monétaires adop-tées s'assouplissent. Les investisseurs devront composer avec le fait que la rela-tion traditionnelle de diversification entre les obligations et les actions à risque pour-rait être perturbée à mesure que les titres du Trésor américain progressent. Nous avons déjà observé des périodes en 2018 où les actifs à risque ont diminué alors que le taux « sans risque » (rendement en bons de Trésor américains) augmentait. Ce genre de replis simultanés des obligations, des actions et des actifs à risque mondiaux a le potentiel de se reproduire, à notre avis, alors que les marchés sortent d’une ère sans précédent de distorsions sur les mar-chés financiers. Nous pensons que les investisseurs en titres à revenu fixe mon-diaux doivent se préparer à ce type de risques et de possibilités en 2019, non seulement pour se défendre contre les risques actuels de multiples catégories d’actifs, mais aussi pour rechercher les moyens d’en tirer éventuellement des avantages lorsque les taux augmenteront.

Répondre à désynchronisation de la croissance économique mondiale et de la volatilité

Ed Perks, CFA, Chef des placements,
Solutions multiactifs Franklin Templeton

Préoccupations concernant les actions en fin de cycle

Les bonnes données du secteur manufactu-rier et la croissance des bénéfices, ainsi que des taux d’intérêt plus élevés à court terme, reflètent dans l'ensemble, une économie qui se porte bien, toutefois elles peuvent aussi amener les investisseurs à se demander si cela vaut la peine. La dynamique du mar-ché, accentuée par les corrélations entre les actions ayant atteint des niveaux les plus bas des deux dernières décennies (et nettement en dessous de la moyenne des dix dernières années), continue d’évoluer à mesure que le caractère durable de corrélations extrême-ment faibles devient probabilité moindre en matière de résultats.

Nous suivons une approche positive, mais très sélective et fondamentalement axée sur les actions, car la politique monétaire de la banque centrale devient moins accommo-dante en 2019 et au-delà. L’augmentation des bénéfices et des marges des entreprises favorise la valorisation des actions, toutefois nous suivons avec attention l’inflation et le potentiel de volatilité accru des marchés.

 

Nous estimons que la conjoncture actuelle de l'économie américaine, caractérisée par une croissance supérieure à la tendance, une infla-tion modérée et un quasi plein emploi, pourrait se poursuivre encore quelque temps. Nous pensons que les perspectives d’une récession américaine ne sont pas à entrevoir avant plusieurs trimestres.

 

Robustes marges bénéficiaires traduisant de solides données fondamentales de sociétés
Marges bénéficiaires nettes : Indice MSCI Monde et Indice MSCI É.-U.
Novembre 1998 à novembre 2018

Strong Profit Margins
Source:FactSet. Données au 30 novembre 2018. MSCI n’offre aucune garantie et n’assume aucune responsabilité relativement aux données de MSCI reproduites aux présentes. Aucune autre redistribution ou utilisation n’est autorisée.
Le présent rapport n’a pas été préparé ni endossé par MSCI. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans un indice. Ils ne tiennent pas compte des frais d’acquisition ni d’aucuns autres frais. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur. Vous trouverez au www.franklintempletondatasources.com d’importants avis et renseignements sur les fournisseurs de données.

 

Les enjeux liés au commerce et aux tarifs peuvent favoriser l’instabilité des marchés, mais ils ont probablement déjà été pris en compte dans les valorisations des entre-prises. Nous continuons à espérer que les États-Unis et la Chine résolvent avec succès les problèmes commerciaux et parviennent finalement à un accord, en particulier une fois que les questions cruciales de politique de propriété intellectuelle sont résolues.

Malgré les gros titres géopolitiques et les ten-sions commerciales, les fondamentaux de la croissance américaine paraissaient solides à la fin de 2018 et, bien que le marché offre des possibilités intéressantes, il semble moins riche par rapport à ces dernières années. Nous pensons que la sélectivité en matière d’exposition au risque a pris une plus grande importance, car le coefficient bêta de l’en-semble du marché nous semble plus onéreux que précédemment. Les États-Unis sont le moteur de la croissance mondiale, mais une croissance internationale moins robuste et les préoccupations politiques à l’étranger peuvent être compensées par des valorisa-tions plus intéressantes à l’extérieur des États-Unis. En ce qui concerne les marchés émergents, nous pensons que des possibili-tés de placements plus importantes existent probablement dans les pays dont les pers-pectives de croissance sont déterminées par le marché intérieur et qui ont fait preuve de résistance face aux effets de la hausse des coûts du commerce. La mise en œuvre dans des portefeuilles multi-actifs peut être assez granulaire pour rechercher des possibilités idiosyncratiques au niveau des pays. Cette analyse a joué un rôle plus important pour notre équipe au fil du cycle et nous nous attendons à ce qu'elle se poursuive.

 

Endettement croissant, risques d’inflation et actifs non traditionnels

À l’approche de 2019, nous reconnaissons que certaines parties des marchés des actions et des titres à revenu fixe sont suffi-samment valorisées et que, même si les fon-damentaux des entreprises demeurent favorables, nous sommes de plus en plus prudents. Nous sommes de plus en plus pré-occupés par le niveau élevé de la dette publique (principalement dans les principaux pays de la zone euro, le Japon, les États-Unis, la Chine et d’autres marchés émergents). L'inflation reste modérée à l'échelle mon-diale. Cependant, nous sommes conscients des risques d’une inflation croissante. Ainsi, même si les actions et les titres à revenu fixe restent généralement les principales exposi-tions par catégorie d’actifs de nos porte-feuilles multi-actifs, nous avons également une vision constructive à l’égard des actifs réels, y compris des produits de base. Nous privilégions les actifs qui ont l’habitude de bien se comporter aux derniers stades du cycle économique, ou qui offrent une protec-tion explicite contre l’inflation, comme les obligations liées à l’inflation (TIPS). En outre, les actifs non traditionnels pourraient offrir une diversification en cas de faiblesse des actions et des obligations causée par une hausse imprévue de l’inflation.



QUELS SONT LES RISQUES ?

Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les cours des obligations évoluent généralement en sens opposé des taux d’intérêt. Par conséquent, lorsque les cours des obligations reculent en raison d’une hausse des taux d’intérêt, le prix d’une part peut diminuer. Les placements dans des titres étrangers comportent des risques particuliers, comme la volatilité des taux de change, l’instabilité économique ou les événements politiques. Les risques sont plus importants dans le cas des placements sur les marchés émergents : ils sont liés non seulement aux mêmes facteurs, mais également aux faits d’une taille plus petite, d’une moindre liquidité et de l’absence de cadres juridique, politique, commercial et social à l’appui des marchés des valeurs mobilières. Les cours de ces place-ments peuvent fluctuer fortement en tout temps. Les rendements élevés sont dus au risque de crédit plus important associé à certains titres moins bien cotés et, dans certains cas, au prix du marché plus bas de ces instruments. La fluctuation des taux d’intérêt peut avoir une incidence sur la valeur des actions et leur rendement. Le cours des actions fluctue, parfois rapidement et spectaculairement, sous l’influence de facteurs touchant des sociétés et des industries ou secteurs en particulier, ou encore en raison de la conjoncture générale du marché. Les obligations du Trésor, si elles sont conservées jusqu’à l’échéance, offrent un taux de rendement et une valeur du capital fixes; leurs versements d’intérêts et leur capital sont garantis.

Les renseignements fournis ne constituent pas une analyse complète de tous les faits importants au sujet d’un pays, d’une région ou d’un marché. Les commentaires, opinions et analyses formulés aux présentes sont ceux des présentateurs et sont fournis à titre d’information seulement. En raison de l’évolution du marché et de la conjoncture économique, les commentaires, opinions et analyses sont valables en date du 5 décembre 2018 et peuvent changer sans préavis. L’analyse et les opinions présen-tées dans ce document peuvent se révéler différentes ou contraires à celles formulées par d’autres secteurs, gestionnaires de portefeuille ou équipes de gestion de placements chez Placements Franklin Templeton. Les opinions exprimées ne visent qu’à illustrer les questions macroéconomiques et le commentaire ne doit pas être considéré comme un conseil de placement ni comme une recommandation d’acheter, de vendre ou de conserver un titre ou d’adopter une stratégie de placement.

Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Les titres étrangers comportent des risques particuliers, comme les fluctuations des taux de change, et les incertitudes économiques et politiques. Ces risques sont accrus en ce qui concerne les placements sur les marchés émergents, qui comportent aussi des risques associés à la taille relativement petite et à la liquidité moins importante de ces marchés. Les cours des obligations évoluent généralement en sens opposé des taux d’intérêt. Lorsque les prix des obligations dans un portefeuille de placements réagissent à une hausse des taux d’intérêt, la valeur du portefeuille peut diminuer. Le cours des actions fluctue, parfois rapidement et spectaculaire-ment, sous l’influence de facteurs touchant des sociétés et des industries ou secteurs en particulier, ou encore en raison de la conjoncture générale du marché. La diversification ne constitue pas une assurance ou une garantie de rendements supé-rieurs et ne peut pas éliminer le risque de pertes de placement.

 

MENTIONS JURIDIQUES IMPORTANTES

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