Perspectives de placement canadiennes en 2019Jan 7, 2019

2019 Canadian Investment Outlook

FRANKLIN TEMPLETON THINKSTM PERSPECTIVES DE PLACEMENT MONDIALES

 

Actions canadiennes : En dents de scie, mais pas en baisse

Garey Aitken, CFA
Chef des placements
Gestion de placements Franklin Bissett

Le marché haussier des actions canadiennes qui a débuté le 9 mars 2009 en est maintenant à sa dixième année. Durant cette période, le marché a connu trois corrections : en 2011, 2014 et 2016. À l’automne 2018, l’indice composé S&P/TSX a joint le territoire de la correction, que nous définissons comme un recul de 10 % ou plus, pour la quatrième fois.

Dans la plupart des pays industrialisés, nous assistons à une modération graduelle de la croissance alors que les économies et les industries commencent à ressentir les effets des politiques protectionnistes, des guerres commerciales, de la hausse des taux d’intérêt et des tensions géopolitiques. Malgré l’optimisme général à l’égard de l’économie américaine, de grandes difficultés économiques dans certaines juridictions autres que l’Amérique du Nord pourraient freiner la croissance économique au niveau mondial en 2019.

Le Canada sera-t-il l’un des phares les plus brillants ?

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a récemment anticipé un taux annuel de 2,2 % du produit intérieur brut pour 2019. Même si nous croyons que le protectionnisme demeurera un problème crucial dans le monde entier, la conclusion positive des négociations sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) a permis de clarifier les choses, même si les tarifs américains sur l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre demeurent en vigueur.

Croissance par rapport à la valeur : La tendance change-t-elle ?

Surtout au cours des cinq dernières années, nous avons observé une nette dynamique dans laquelle les titres de croissance ont affiché un rendement supérieur à celui des titres de valeur. Les valorisations et les données fondamentales des entreprises ont exercé moins d’influence sur les actions, contrairement à l’essor et au potentiel qui, eux, ont gagné en importance. Les politiques monétaires accommodantes qui permettent de maintenir la liquidité des marchés et la popularité des placements passifs ont contribué à maintenir cette période de rendement supérieur. La baisse des rendements obligataires a également appuyé la demande en actions.

C’est parfois dans ces moments où tant d’investisseurs s’inquiètent de l’ampleur de la méconnaissance des fondements selon lesquels notre perspective à long terme et notre approche éclairée peuvent tirer parti des possibilités qui se présentent aujourd’hui et préparer le terrain pour des rendements solides et différenciés de demain.

C’est toujours la même rengaine (de secteur)

Bien que nous tenions compte des tendances du marché, en tant qu’analystes fondamentaux du marché des actions, nous nous concentrons principalement sur la façon dont ces tendances plus importantes ont été intégrées dans le marché.

Bien que certains secteurs du marché boursier semblent, à notre avis, exagérément enthousiastes, présentant des occasions de liquidation ou de réduction de placements, nous continuons de déceler des occasions intéressantes, en particulier du côté des secteurs et des titres qui n’ont pas suivi le rythme des segments plus avantagés du marché.

Secteur de l’énergie en ligne de mire

Le pétrole est l’un des principaux produits d’exportation du Canada et la situation du secteur de l’énergie a des répercussions importantes sur l’économie et le marché boursier. Après une reprise raisonnable au cours des neuf premiers mois de 2018, le pétrole a amorcé le cycle baissier en octobre en raison de préoccupations concernant l’offre excédentaire et la hausse des stocks aux États-Unis. Face au problème, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ainsi que la Russie, le plus grand exportateur de pétrole d’Europe, ont accepté que les réductions de production prennent effet en janvier.

Outre la dynamique générale de l’industrie, les producteurs de l’Ouest canadien ont fait face à deux autres problèmes locaux : un manque de capacité d’exportation par pipeline et un écart de prix important entre le pétrole brut de West Texas Intermediate des États-Unis et celui de Western Canadian Select. En décembre, le gouvernement de l’Alberta a imposé des réductions de production obligatoires afin de soutenir les cours du brut canadien et les producteurs se sont tournés vers les chemins de fer pour atténuer le dilemme du transport de pétrole.

…Nous demeurons attentifs aux nouvelles tendances et à la dynamique changeante des actions canadiennes. Ainsi, nous pensons qu’il est temps de faire preuve de plus de discernement et non de complaisance."

Les effets de ces mesures sur les prix ont été immédiats et positifs. Quant à savoir si l’amélioration se poursuivra en 2019, la question reste en suspens.

Dans l’ensemble, les valorisations du secteur de l’énergie ont chuté à des niveaux raisonnables et nous avons tiré profit de la faiblesse d’acquérir des actions ou de consolider les positions existantes dans ce que nous considérons comme de bonnes entreprises dont les cours sont attrayants.

Secteurs profitant de la hausse des taux

L’orientation des taux d’intérêt a une influence considérable sur la valeur des actions. La hausse des taux peut nuire aux sociétés ayant des actifs à long terme, tels que celles du secteur de l’immobilier, et aussi à celles disposant d’une structure de capital à effet de levier. Les actions orientées sur le rendement des sociétés qui versent des dividendes élevés peuvent également être vulnérables. D’autre part, la hausse des taux peut avoir des effets positifs pour certains titres financiers, notamment ceux des banques et des compagnies d’assurance.

Marchés de sélection des titres en 2019 :

En définitive, les rendements des marchés boursiers non enracinés dans les progrès fondamentaux des activités sous-jacentes ne sont généralement pas durables. Bien que de nombreuses sociétés aient réalisé des progrès impressionnants dans le marché boursier canadien au cours du cycle boursier actuel, dans plusieurs cas, les rendements des actions ont été au-delà de la progression des activités sous-jacentes. En s’appuyant sur une philosophie selon laquelle les rendements du marché reflètent en définitive la croissance de la valeur intrinsèque sous-jacente des éléments constitutifs des activités, nous nous attendons à ce que les rendements et les progrès fondamentaux soient quasiment identiques au fil du temps, mais les fluctuations quant au climat du marché sont beaucoup moins prévisibles.

Le marché boursier canadien reste, à notre avis, une excellente source de rendement. En même temps, nous demeurons attentifs aux nouvelles tendances et à la dynamique changeante des actions canadiennes. Ainsi, nous pensons qu’il est temps de faire preuve de plus de discernement et non de complaisance.


LES SECTEURS EN DISENT LONG
Indice composé de rendement total S P/TSX

Rendement annualisé
9 mars 2009 au 30 novembre 2018

Pondération actuelle (%)
Au 30 novembre 2018
Rendement annualisé (%)
9 mars 2009 – 30 novembre 2018
Services de communication 5,87 14.89
Consommation discrétionnaire 4,39 15,54
Biens de consommation de base 3,85 15,58
Énergie 17,81 4,12
Finance 34,23 17,07
Santé 1,65 7,93
Industrie 10,74 18,91
Technologies de l’information 4,07 7,29
Matériaux 10,22 0,18
Immobilier 3,16 18,75
Services aux collectivités 4,01 9,00
       
Indice composé RT S&P/TSX 100,00 10,59
Source : Indice S&P/TSX, Placements Franklin Templeton.

 

Titres à revenu fixe canadiens : en hibernation

Tom O’Gorman
Directeur, Gestion des titres à revenu fixe
Gestion de placements Franklin Bissett

En dépit du resserrement des conditions monétaires, de la hausse des rendements et de la baisse des prix des obligations, les titres à revenu fixe canadiens ont en grande partie donné les résultats escomptés comme contrepoint stabilisateur à la volatilité des marchés boursiers en 2018. Nous disons « en grande partie », car les titres à revenu fixe ont généré que quelques points de base concernant le rendement depuis le début de l’année jusqu’en novembre. Ce résultat doit toutefois être pris en compte dans le contexte du resserrement de la politique monétaire (la Banque du Canada (BdC) a relevé le taux du financement à un jour à cinq reprises, soit 1,25 %) et du fait que nos taux d’intérêt sont plus faibles que jamais. En réalité, la maîtrise de l’inflation a limité la hausse des taux d’intérêt au bas de la courbe des rendements, les taux à long terme ayant augmenté d’environ 20 à 30 points de base depuis le début de l’année.

Depuis septembre, la volatilité des marchés financiers s’est accrue, pesant sensiblement sur les placements à risque et sur la confiance des investisseurs tout en accentuant les courants à la baisse du marché boursier. À l’échelle mondiale et au sud de la frontière, la situation est similaire. Les marchés boursiers américains se sont un peu mieux tirés d’affaire; l’indice S&P 500 a affiché des rendements positifs en dollars canadiens, favorisés par une hausse de plus de 6,0 % de la devise américaine par rapport au dollar canadien.

Les titres à revenu fixe américains ont affiché de moins bons rendements que les titres à revenu fixe canadiens, l’indice Bloomberg Barclays Capital US Aggregate a baissé de 1,0 % et les obligations de sociétés de bonne qualité ont chuté de près de 4,0 % (les deux en dollars américains). Les dernières fortes augmentations de la volatilité semblent avoir mis fin à la tendance à la baisse des obligations, réaffirmant ainsi les corrélations particulièrement négatives des titres à revenu fixe avec les actions.

Il y a beaucoup de choses auxquelles il faut réfléchir en début 2019. Les banques centrales poursuivront-elles le resserrement ? Le génie de l’inflation se manifestera-t-il finalement ? Dans quelle mesure la croissance économique ralentira-t-elle ? Et quelles seront les conséquences de la politique commerciale et des incertitudes géopolitiques ? Nous pensons que la sérénité observée sur le marché ces dernières années pourrait être ébranlée en 2019, car tous les effets de ces risques se font sentir dans un cycle économique qui commence à donner des signes de vieillesse.

 


APLATISSEMENT DE LA COURBE DES TAUX ET DIMINUTION DE L’ÉCART

Taux de rendement des obligations du gouvernement canadien à 2 ans et à 10 ans
Du 1er janvier 2017 au 18 décembre 2018

2-Year and 10-Year Canadian Government Bonds Yields

Obligations à rendement élevé par rapport aux Obligations de sociétés de qualité
30 septembre 2010 au 30 novembre 2018

2-Year and 10-Year Canadian Government Bonds Yields
Source : FactSet, Placements Franklin Templeton.

Dans l’ensemble, nous prévoyons que la croissance économique canadienne continuera de ralentir."

L’économie mondiale ralentit, mais continue à croître

Bien que les conditions à la « Boucle d’Or » de la croissance mondiale synchronisée et de la faible volatilité se soient estompées au fur et à mesure tout au long de 2018, le produit intérieur brut (PIB) mondial a suivi la moyenne à long terme de 3,5 %. Mais dans ses dernières perspectives, l’OCDE a déclaré que, dans l’ensemble, la croissance économique mondiale avait atteint son point culminant. Les risques sont à la baisse.

Le renforcement de la croissance économique a incité de nombreuses banques centrales à commencer progressivement à resserrer leur politique monétaire, bien que le processus ait été tellement graduel qu’il reste aujourd’hui encore beaucoup de liquidités sur les marchés. En l’absence de surprises dans les données ou d’annonces de politique inattendues, nous pensons que la liquidité de la banque centrale mondiale continuera de soutenir les marchés financiers en 2019, bien que ce soutien diminue, car le soulagement quantitatif est progressivement remplacé par le resserrement quantitatif.

La croissance économique canadienne pourra décevoir les optimistes

La croissance économique du Canada a dépassé les attentes en 2018, ce qui s’explique en partie par le fait que les États-Unis ont tiré profit de la conjoncture économique américaine et de la réduction des impôts ainsi que de l’augmentation de l’activité économique avant l’imposition de droits de douane américains sur certaines importations canadiennes.

L’OCDE prévoit une croissance légèrement plus rapide de l’économie nationale l’année prochaine, en raison d’une augmentation de 2,2 % du PIB en 2019, après un taux de croissance prévu de 2,1 % en 2018. Nous pensons qu’il y a une chance raisonnable que la croissance soit inférieure à 2 %, à tout le moins, nous pensons que les risques à la baisse sont prépondérants. L’aboutissement des négociations commerciales sur l’Accord ACEUM a permis d’éliminer certaines incertitudes commerciales, mais des règles plus strictes en matière de prêt hypothécaire et des taux hypothécaires plus élevés s’amplifieront probablement à mesure que l’année avance. Les gestionnaires d’entreprise font état d’une grande incertitude concernant le risque lié aux événements internationaux et à la politique publique canadienne, ce qui pourrait limiter les dépenses en matière de placement. Dans l’ensemble, nous prévoyons que la croissance économique canadienne continuera de ralentir.

La BdC et la Fed vont-elles faire une pause en 2019?

La BdC a relevé ses taux cinq fois depuis 2017, quatre de ces hausses ont eu lieu en 2018. Bien que la BdC ait évoqué davantage de hausses en 2019, nous pensons qu’il est possible, compte tenu du contexte inflationniste, de la baisse des prix du pétrole et de l’effet retardé de la hausse des taux directeurs, que la BdC puisse faire davantage, ou tout au plus ait une autre hausse en réserve avant de faire une longue pause.

Compte tenu des liens commerciaux et financiers solides qui nous unissent à nos voisins du Sud, les mouvements des banques centrales canadiennes sont inévitablement influencés par les événements survenus aux États-Unis. En 2018, les réductions d’impôts ont renforcé la vigueur de l’économie américaine, mais nous nous attendons à ce que ces effets disparaissent au début de 2019. De plus, même si les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada ont pu s’apaiser avec la signature de l’Accord ACEUM, les frictions commerciales entre les États-Unis, la Chine ainsi que les États-Unis et l’Union européenne demeurent une préoccupation.

La Fed a été la première banque centrale à entamer le processus de normalisation des taux d’intérêt et de réduction de son actif au bilan en annulant l’assouplissement quantitatif. Compte tenu des retards habituels, nous prévoyons un resserrement des conditions financières dès 2019. Bien qu’il ait été beaucoup question de l’aplatissement de la courbe des rendements et de la possibilité d’une courbe inversée, nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui disent que « notre époque fait exception ». À notre avis, une courbe de rendement inversée illustre une autre forme de resserrement des conditions financières qui n’a aucune importance. À un moment donné, nous pensons que la Fed sera obligée de faire une pause, car il devient évident que la croissance ralentit et les anticipations d’inflation sont bien ancrées.

La volatilité risque de rester élevée

La volatilité accrue reflète une augmentation de l’incertitude à l’échelle mondiale et le relâchement des conditions financières très faciles, lesquels devraient, selon nous, s’amplifier au cours de la prochaine année. Il existe plusieurs sources de risques éventuels du marché dont le principal est celui de voir les banques centrales suivent trop la trajectoire de resserrement actuelle, entraînant ainsi un ralentissement majeur. C’est une préoccupation majeure. Malgré près de 10 années de croissance économique positive, l’endettement total est plus élevé maintenant qu’avant la crise financière de 2018. Dans ce contexte, les effets de la hausse des taux d’intérêt se feraient sentir plus rapidement que par le passé.

Malgré près de 10 années de croissance économique positive, l’endettement à l’échelle du système n’a pas diminué. Au contraire, il est plus élevé maintenant qu’avant la crise financière"

Les risques politiques et géopolitiques ont continué à augmenter après une période de rémission. Nous prévoyons que les tensions commerciales mondiales resteront élevées en dépit de la trêve actuelle qui a permis de repousser la mise en œuvre des nouveaux droits de douane jusqu’à la fin mars 2019. Les droits de douane excessivement élevés à l’avenir resteront probablement une zone de consternation à court terme pour les marchés. De plus, l’interaction précoce entre l’administration américaine actuelle et les nouveaux dirigeants élus au Congrès s’est révélée hostile. Bien que les marchés apprécient généralement la saturation, il peut en être tout autre cette fois-ci compte tenu des parties impliquées.

Aplatissement de la courbe des taux, fluctuations monétaires...

Les taux d’intérêt à court terme s’approchent de leur sommet de 10 ans et la courbe de rendement canadienne ne s’est jamais autant aplatie depuis 2007; nous y voyons la possibilité de mauvaises surprises qui pousseraient les taux des obligations à longue échéance et le dollar canadien à la baisse par rapport à la monnaie américaine. Si l’affaiblissement du dollar canadien favorisait les exportations, il en résulterait une pression supplémentaire sur les prix pour les entreprises et les consommateurs qui achètent des biens et des services importés.

…et titres de créance intégralement valorisés

Compte tenu du récent soutien dans les écarts de taux et du vieillissement du cycle économique, nous estimons que les valorisations de titres de créance sont évaluées à leur juste valeur.

La qualité fondamentale des titres de créance favorable. Toutefois, la confiance et la perspective offre-demande pourraient faiblir à l’approche de 2019.

Nous continuons de favoriser les obligations de sociétés. Notre privilégions les titres de créance de meilleure qualité, compte tenu de la marge de rendement qu’ils offrent pour contrer toute augmentation brutale et (ou) imprévue des taux du gouvernement.

Compte tenu du contexte macroéconomique actuel, nous anticipons une diminution des écarts de taux qui se maintiennent dans les limites de la fourchette, avec le risque qu’ils pourraient encore augmenter. Tout dépendra du contexte macroéconomique et du rythme de normalisation de la banque centrale.



 

 

CONTEXTE FAVORABLE AU RENDEMENT DES ACTIFS

 

 

SE RÉJOUIR DES PERSPECTIVES PLUS LONGUES