Mise À Jour : Est-ce la fin du marché haussier?

Les marchés boursiers mondiaux se sont nettement affaiblis à la fin du mois de février en raison des craintes que suscite le virus COVID-19. Le nouveau coronavirus déclenchera-t-il une baisse encore plus marquée des actifs risqués?

Par l’équipe de gestion des actions de Franklin Bissett

Comme suite à notre dernier commentaire (figurant ci-dessous pour plus de contexte) traitant de la grande faiblesse dont ont souffert les actions jusqu’au 28 février, nous présentons dans le texte qui suit une brève mise à jour en date du 9 mars 2020, étant donné les autres reculs des marchés.

Face à l’intensification des craintes concernant les conditions de l’économie et des marchés des capitaux à l’échelle mondiale, les taux des obligations de référence américaines et canadiennes à 10 ans ont dégringolé, atteignant un plancher historique d’environ 0,5 % dans les deux pays, les écarts de taux se sont fortement creusés, et le VIX (une mesure de la volatilité du marché boursier américain) a dépassé le seuil de 50, comparativement à sa moyenne sur cinq ans de 15. En plus des inquiétudes soutenues liées au virus COVID-19, un conflit entre les membres de l’OPEP+ et un avertissement subséquent de l’Arabie saoudite (annonçant une augmentation imminente de sa production) ont pesé lourdement sur les prix du pétrole, celui du WTI chutant à un certain moment à moins de 30 $ US le baril. Fait tout aussi inquiétant, le lundi 9 mars 2020 – soit le premier jour de bourse après la volte-face radicale de l’Arabie saoudite – marquait le onzième anniversaire du début du marché haussier actuel. Les titres énergétiques affichant une faiblesse extrême, les marchés dans leur ensemble ont ouvert dangereusement en baisse. Des coupe-circuits interrompant temporairement les opérations ont alors été mis en place au Canada et aux États-Unis afin de calmer le vent de panique et de rétablir l’ordre. Quoi qu’il en soit, l’indice composé de rendement total S&P/TSX a clôturé la journée en baisse de 10,3 %, son pire recul quotidien depuis le décrochage de 11,3 % enregistré le 19 octobre 1987 – désormais connu sous le nom de « lundi noir ».

En tenant compte du contexte actuel dans notre approche à long terme, nous avons toujours confiance en notre capacité à nous adapter rapidement aux menaces et aux occasions qui se présentent inévitablement durant de telles périodes. Bien que le repli des actions ait été sévère, nous prévoyons que les excès accumulés au cours des dernières années se résorberont davantage. Tel qu’indiqué précédemment, nous nous attendons généralement à ce que nos portefeuilles enregistrent des baisses de rendement relatif moindres en périodes de faiblesse des marchés.

Au 28 février 2020 :

Les marchés boursiers mondiaux ont fait preuve d’une faiblesse marquée durant les derniers jours de février du fait des craintes grandissantes liées au virus COVID-19. Même si ce nouveau coronavirus pourrait s’avérer l’élément catalyseur d’un décrochage encore plus important des actifs risqués, nous avions de toute façon redoublé de prudence face aux gains vertigineux des actions à l’approche du 9 mars, soit le onzième anniversaire du début du marché haussier actuel. En effet, nous craignions la complaisance généralisée des investisseurs ainsi que certaines valorisations extrêmes.

La progression forte, mais circonscrite des marchés boursiers nous a permis d’effectuer une rotation méthodique et d’investir dans des actions assorties de meilleures valorisations et affichant des données fondamentales plutôt durables. Nos portefeuilles sont ainsi mieux positionnés pour résister à un éventuel ralentissement de la croissance économique ou à une diminution de l’exubérance des marchés boursiers. Nous avons accru l’exposition à certains titres dans les secteurs des biens de consommation de base, des services de communication, des services aux collectivités et de l’immobilier, ainsi qu’aux redevances sur métaux précieux et aux entreprises de diffusion continue.

Dans l’ensemble, les marchés boursiers ont pu compter sur une croissance économique positive, mais faible, et sur les abaissements soutenus des taux d’intérêt; toutefois, le nombre grandissant de signes d’excès sur le marché que nous avons observés nous ont poussés dans un état de dissonance cognitive. Nous demeurons optimistes quant aux perspectives de rendement corrigé du risque à long terme de nos portefeuilles, mais parallèlement, le risque de correction boursière nous préoccupe de plus en plus. En fait, Franklin Bissett a eu autant de mal à générer des rendements relatifs positifs pendant la seconde moitié du présent marché haussier que durant toute autre période de son histoire.

Néanmoins, nous sommes toujours aussi déterminés à atteindre nos objectifs de placement, notamment des rendements absolus et le contrôle du risque, en plus de rendements relatifs. De ce fait, nous refusons de sacrifier nos principes en nous lançant dans une quête de rendements relatifs à court terme. Étant donné que notre mandat vise à gérer invariablement nos portefeuilles selon un style de placement et une exposition aux catégories d’actif, nous avons adopté – au vu des conditions actuelles – une stratégie consistant à conserver nos placements, à demeurer fidèles à notre approche de placement et à réduire les risques liés aux données fondamentales et aux valorisations dans nos portefeuilles.

Personne ne peut prédire la direction que prendront les marchés financiers et l’économie par suite de l’éclosion du COVID-19. La propagation du virus, les interventions subséquentes et les mesures de politique monétaire et budgétaire s’avéreront probablement déterminantes. Dans le contexte de notre approche à long terme (ou orientation à long terme), nous pouvons rapidement rajuster le tir face aux menaces et aux occasions qui se présentent inévitablement sur les marchés boursiers. Les conjonctures comme celle-ci peuvent avoir des effets démesurés sur nos rendements à long terme.

 


Les rendements des fonds communs de placement sont basés sur le rendement de la série F (après déduction des frais). L’information fournie n’est pas le résultat d’une analyse complète de chacun des aspects d’un marché, d’un pays, d’un secteur, d’un titre ou d’un portefeuille. Les faits énoncés proviennent de sources jugées fiables, mais aucune garantie n’est donnée quant à leur exhaustivité ou à leur exactitude. En raison de l’évolution rapide du marché et de la conjoncture économique, les opinions énoncées ne sont valables qu’à la date indiquée. Les opinions exprimées ne doivent pas être considérées comme des conseils de placement et ne concernent pas une catégorie d’actions précise.