Coronavirus : Compte rendu sur la volatilité et les occasions

Renseignements sur les conditions du marché et sur les décisions d’analyse et de gestion de portefeuille du Groupe de gestion des actions mondiales Templeton.

    Perspectives du Groupe de gestion des actions mondiales Templeton

    En complément de notre article précédent sur la volatilité et les occasions attribuables au coronavirus, voici des renseignements supplémentaires sur les conditions du marché, ainsi que sur nos décisions d’analyse et de gestion de portefeuille.

    Compte rendu et perspectives

    Les marchés boursiers mondiaux ont connu une volatilité historique au cours des dernières séances, les investisseurs vendant pratiquement tout, y compris les placements considérés comme des valeurs refuges. Le dollar américain a été une exception notable : la demande ayant vraisemblablement dépassé l’offre, ce qui a causé d’importants problèmes de liquidité au sein du marché des obligations de sociétés. Durant les périodes de tension exceptionnelle sur les marchés, les obligations du Trésor américain à long terme ont fait l’objet de ventes massives, à l’instar des actions, ce qui est contraire à leur comportement habituel. Le marché des titres adossés à des créances hypothécaires s’est enrayé et les fonds négociés en bourse ont commencé à se négocier à des cours nettement inférieurs à leur valeur liquidative. La Réserve fédérale américaine a été forcée de sortir l’artillerie lourde afin d’assurer la liquidité des marchés, réduisant les taux à zéro et redémarrant son programme d’assouplissement quantitatif. Si qui que ce soit doutait de la gravité de la situation, ce n’est désormais plus le cas. Selon notre scénario de base, une récession mondiale est maintenant inévitable. Nous ne croyons pas que les politiques monétaires peuvent stimuler la croissance de manière importante. Les mesures budgétaires annoncées semblent peut-être impressionnantes, mais elles prennent beaucoup de temps à se matérialiser. En bref, le monde a changé.

    D’après nous, ces dernières années, les investisseurs sur les marchés boursiers sont devenus obsédés par le momentum et ont perdu de vue les données fondamentales. Les analystes trentenaires ont grandi dans un monde où le capital était essentiellement gratuit et où la simple possibilité d’une idée « perturbatrice » entraînait des valorisations exorbitantes. L’âge moyen des analystes de notre équipe est de 46 ans. Nous avons traversé des cycles. Le capital-investissement a également tiré parti du momentum tout au long du cycle. Inévitablement, les partisans de ce secteur diront que la volatilité des marchés publics illustre à quel point les marchés privés sont supérieurs. Toutefois, nous sommes fortement préoccupés par les marchés de capitaux privés depuis quelque temps. Malgré les excès au sein des marchés publics, les actifs des marchés privés présentent sans doute plus souvent une évaluation erronée.  

    Notre priorité est de composer avec la situation à court terme pour nos clients. L’atténuation des risques de baisse est essentielle. Nous avons tenté de construire des portefeuilles plus résilients au cours des derniers trimestres afin de nous préparer à faire face à l’imprévu. Or, il est encore plus important de tenter de définir à quoi ressemblera le monde de demain. Nous croyons que nous sommes préparés à ce scénario difficile. Nous avons restructuré notre équipe de recherche il y a plus d’un an afin de promouvoir l’importance de la recherche régionale. Cette restructuration semble avoir été effectuée au bon moment vu que les sociétés se pencheront beaucoup plus sur leur chaîne d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Nous nous attendons à constater une accélération de la régionalisation des affaires. L’impôt sur les sociétés et le territoire d’imposition deviendront un enjeu important. Le contrat social entre les gouvernements, les sociétés et les citoyens évoluera. Cette évolution a déjà commencé, les sociétés étant de plus en plus appelées à jouer un rôle important au sein de la société afin de gérer les enjeux sociaux et environnementaux. En envisageant l’avenir, nous nous attendons à un retour du balancier en faveur des travailleurs, réduisant la rentabilité des entreprises dans certains secteurs. Le secteur de la santé deviendra également encore plus important pour les gouvernements partout dans le monde qui réalisent que l’on en a toujours pour son argent. Le contexte géopolitique en général deviendra beaucoup plus intéressant dans un monde où tous les problèmes ne peuvent pas être résolus en imprimant de l’argent. Les gouvernements se livreront concurrence sur le plan des dépenses budgétaires, bien que leurs priorités seront différentes. Les devises deviendront sans doute plus volatiles.

    Nous avons une équipe de 35 analystes et gestionnaires de portefeuille qui sont répartis dans huit bureaux partout dans le monde. Nous avons donc l’habitude de communiquer les uns avec les autres par téléphone ou vidéoconférence. Plusieurs membres de notre équipe travaillent de la maison depuis un mois. Nous avons une structure de gestion robuste et des ressources opérationnelles exceptionnelles sur lesquelles nous appuyer. Nous déployons tous nos efforts pour veiller sur votre capital, malgré la conjoncture. Malgré ses effets désastreux, le coronavirus créera inévitablement des occasions pour les courageux.

    Comme nous l’avons mentionné, nous avons bâti une longue « liste de réserve » d’actions au cours des neuf derniers mois. Notre travail approfondi de diligence raisonnable à l’égard de toutes ces sociétés nous a permis de bâtir des modèles exclusifs pour chacune d’entre elles. Nous nous sommes assurés que notre liste de recherche est bien diversifiée par région et par secteur et qu’elle n’est pas uniquement axée sur les actions de valeur cycliques traditionnelles.

    Les occasions que nous voyons se classent actuellement dans l’une des quatre catégories suivantes :

    1. L’œil du cyclone : Il s’agit de sociétés dont les activités sont directement touchées par les préoccupations liées au coronavirus. Les occasions potentielles dans cette catégorie comprennent, les entreprises de croisière, les hôteliers et les compagnies aériennes. Nous avons déjà bâti des modèles pour un certain nombre de ces sociétés au cours des six derniers mois, mais nous mettons à jour nos chiffres et élargissons notre couverture. Au sein de cette catégorie, nous sommes surtout sensibles au risque de crédit.
    2. Cycliques : Étant donné que la probabilité d’une récession imminente augmente, nous réalisons que certaines actions cycliques subiront sans doute des ventes exagérées. Nous devons déterminer quelles actions cycliques devraient survivre à la crise et tirer leur épingle du jeu à long terme. Comme les actions emportées dans « l’œil du cyclone », ces sociétés nécessiteront une analyse approfondie du crédit et devront inspirer le courage d’acheter au moment où le pessimisme atteint son paroxysme.
    3. Qualité : D’après nous, cette période de turbulences du marché ne devrait pas se calmer jusqu’à ce que les actions de qualité perdent la faveur des investisseurs, tout comme le reste de l’univers des actions en général. Nous croyons que bon nombre d’investisseurs ont des attentes irréalistes quant à la capacité des bénéfices des sociétés de qualité qu’ils privilégient de résister à une récession. À mesure qu’ils reviendront à la réalité, nous croyons pouvoir acheter des titres de sociétés de calibre mondial à escompte.
    4. Stratégie de croissance : Les occasions de croissance se trouveront entre autres dans les secteurs de la technologie et de la consommation, dont nous nous méfions depuis longtemps en raison d’un manque d’occasions à prix raisonnable. Nombre de secteurs et de régions offrent des occasions de croissance, soutenues par une bonne demande structurelle, mais qui étaient tout simplement hors de notre portée, en ce qui concerne les évaluations. Tous nos analystes sectoriels ont réévalué les sociétés affichant une croissance supérieure, et nous commençons finalement à ajouter certaines de ces actions à la liste de réserve et à nos portefeuilles.

    Notre objectif est de sortir de cette baisse avec ce que nous considérons comme étant un portefeuille bien diversifié d’occasions de valeur. Nous serons courageux dans les cas où les évaluations s’affaiblissent et chercherons à équilibrer les expositions de manière appropriée. Des analyses approfondies du crédit et de la liquidité sont essentielles à la prise de risques calculés. Dirigés par notre analyste principal des services bancaires, nous surveillons de près l’ensemble des marchés des titres de créance et nous mettons à l’épreuve les bilans des sociétés qui composent notre portefeuille et qui figurent sur la liste de réserve, selon divers scénarios. Nous devons donc avoir une compréhension approfondie des ratios de liquidité, des clauses restrictives, des relations bancaires et, de manière plus générale, des conditions de crédit et des structures de capital des sociétés.

    Nous ne prétendons pas savoir exactement comment la situation évoluera. La crise mondiale est en constante évolution et est difficilement comparable à d’autres événements du passé. Toutefois, nous savons qu’après une longue période difficile et frustrante pour les investisseurs axés sur la valeur, les dislocations observées peuvent créer de réelles occasions à long terme. À notre avis, nous sommes prêts à tirer profit de la volatilité et de l’incertitude et nous espérons pouvoir vous remercier pour votre confiance en vous offrant un potentiel de rendement exceptionnel au cours des prochaines années. Nous continuerons de vous fournir des comptes rendus et des observations de manière opportune à mesure que la situation évolue.

    QUELS SONT LES RISQUES?

    Tous les placements comportent des risques, dont une perte possible de capital. Le cours des actions fluctue, parfois rapidement et radicalement, sous l’influence de facteurs touchant des sociétés et des industries ou secteurs en particulier, ou encore en raison de conditions générales du marché. Les placements à l’étranger comportent des risques particuliers, comme la volatilité des taux de change, l’instabilité économique et les événements politiques. Ces risques sont accrus en ce qui concerne les placements sur les marchés émergents. Dans la mesure où une stratégie privilégie de temps à autre certains pays, régions, industries, secteurs ou types de placements, elle peut être exposée à un plus grand risque d’événements défavorables dans les domaines qu’elle privilégie qu’une stratégie qui investit dans une grande variété de pays, de régions, d’industries, de secteurs ou de placements. Le prix et le rendement des TACH seront tributaires des fluctuations des taux d’intérêt et des remboursements anticipés de prêts hypothécaires. Pendant les périodes de baisse des taux d’intérêt, les remboursements anticipés du principal ont tendance à augmenter à mesure que les emprunteurs refinancent leurs prêts hypothécaires à des taux plus bas ; par conséquent, les investisseurs dans les titres hypothécaires peuvent être contraints de réinvestir le principal remboursé à des taux d’intérêt inférieurs, ce qui réduit leur revenu. Le cours des obligations évolue généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. Les emprunteurs qui ne versent pas d’intérêts et ne remboursent pas le principal à leur échéance peuvent voir un effet défavorable sur les TACH. Tout changement relatif à la solidité financière d'un TACH ou à la cote de crédit d’une obligation peut avoir une incidence sur sa valeur. Les taux de change peuvent fluctuer de façon importante sur de courtes périodes, ce qui peut réduire les rendements. Investir dans le secteur des ressources naturelles présente des risques particuliers, notamment une sensibilité particulière à toute évolution défavorable de la conjoncture économique ou de la réglementation relative au secteur — les cours des titres concernés sont sujets à fluctuer, particulièrement sur courte période.