Les stratégies alternatives sont bien positionnées face aux incertitudes de 2021

Brooks Ritchey et Robert Christian sur les opportunités des stratégie alternatives.

    Brooks Ritchey

    Brooks Ritchey Senior Managing Director, Co-Head of Investment, Research & Management, K2 Advisors

    Robert Christian

    Robert Christian Senior Managing Director, Co-Head of Investment, Research & Management, K2 Advisors

    « Compte tenu de l'incertitude persistante entourant la crise sanitaire liée à la COVID-19, le développement d'un vaccin, les événements géopolitiques et la réponse politique des gouvernements, nous privilégions des stratégies agiles et de court terme. Il est sage, selon nous, de conserver un positionnement prudent, mais de rechercher des opportunités au sein d'investissements alternatifs ayant une faible corrélation avec des actifs à risque plus généralistes. »

    Des écarts fondamentaux importants dans les évaluations et les perspectives de croissance pour diverses classes d'actifs, zones géographiques et secteurs, souvent accélérés par l'impact de la pandémie, ont défini la palette d'opportunités en matière de stratégies alternatives en 2020. En 2021, cette divergence pourrait bien se réduire, sous l'effet de catalyseurs tels que les efforts de reflation, l'affaiblissement du dollar américain et une éventuelle refonte en profondeur des politiques réglementaires.

    Nous voyons de plus en plus de signes d'une rotation potentiellement durable dans les mois à venir, dans laquelle les gestionnaires achètent ou renforcent des secteurs et des marchés qui ont pris du retard ces dernières années (et pendant la pandémie), tout en prenant des bénéfices ou en appliquant des mécanismes de couverture lorsqu'ils pensent que les bonnes nouvelles sont déjà prises en compte dans les valorisations. La maîtrise de ces rotations sera probablement la clé d'un fort potentiel de performance. Les gestionnaires agiles peuvent anticiper une reprise de l'énergie et des matières premières, comme les métaux de base qui pourraient bénéficier de la croissance chinoise. D'autres peuvent réduire les risques aux États-Unis et renforcer leur positionnement sur les marchés émergents. Le moteur ultime pourrait être un ou plusieurs vaccins — ce qui pourrait changer la donne, même s'ils ne sont pas adoptés ou disponibles immédiatement — ou un autre signe clair de reprise de la croissance mondiale.

    Identifier des opportunités dans un monde incertain

    Au cours des 12 prochains mois, trois sous-stratégies alternatives devraient, selon nous, donner de bons résultats et améliorer leur profil rendement/risque. Les gérants discretionary macro  sont bien positionnés, car les événements macroéconomiques resteront probablement un des principaux moteurs du marché. La situation découlant de la crise sanitaire, les négociations géopolitiques et les décisions concernant les dépenses budgétaires pour soutenir la politique de relance et d'inflation face à la COVID-19 continueront probablement à générer des fluctuations et des opportunités sur les marchés.

    Les stratégies long/short equity pourraient tirer parti tant des tendances haussières que des tendances baissières soutenues par les phénomènes de dispersion et de volatilité engendrés par les perturbations liées à la pandémie. Nous sommes également convaincus que les gérants  long/short credit pourraient bénéficier de l'augmentation potentielle des faillites d'entreprises et des défauts des obligations. Nous l'avons observé lors du mouvement de ventes massives de mars 2020, et si les efforts de relance sans précédent des banques centrales mondiales ont permis de maintenir les taux d'intérêt à un niveau bas et de préserver les liquidités, nous craignons que leur efficacité ne soit compromise en 2021.

    L'un des thèmes centraux de cette réflexion est la reflation. L'adoption par la Réserve fédérale américaine d'un objectif flexible d'inflation moyenne constitue le dernier effort de la banque centrale pour faire monter une inflation obstinément faible. Cet engagement, dont d'autres banques centrales se font l'écho, pourrait s'accompagner d'une augmentation potentielle des dépenses budgétaires pour les infrastructures, de la mise au point de vaccins et d'un regain de croissance économique, afin de renforcer les prévisions d'inflation future, ce qui entraînerait une accentuation de la courbe des rendements et un affaiblissement du dollar américain.  

    Outre la reflation, nous suivons de très près les changements de politique réglementaire et fiscale qui pourraient limiter la reprise des actions dans les secteurs des technologies et des soins de santé. Nous envisageons également des stratégies alternatives axées sur la reprise en Asie et dans les marchés émergents.

    L'avenir, après les élections

    Même si les élections sont désormais dans le rétroviseur, il est encore tôt pour envisager clairement l'impact politique de la nouvelle administration, en termes de hausse potentielle des impôts, de modification des prestations de soins de santé ou de réglementation des producteurs de combustibles fossiles et des géants de la technologie. Cela dit, le point de vue du président élu Joe Biden sur les énergies traditionnelles, les technologies de l'information et les coûts des soins de santé indique que ces secteurs pourraient à l'avenir prendre du retard par rapport à l'ensemble du marché. Inversement, les secteurs de l'énergie propre, de l'industrie et des matériaux pourraient enregistrer de belles performances en valeur relative. Il sera important, à notre avis, de suivre de près l'ampleur du plan d'investissement dans les infrastructures en 2021 et au-delà. Nous serons également très attentifs à toute évolution concernant l'augmentation potentielle de l'impôt sur les sociétés et sur le revenu des personnes physiques, qui pourrait peser sur les perspectives de croissance des entreprises axées sur les consommateurs.

    Pourquoi investir dans des stratégies alternatives à présent ?

    Depuis l'an 2000, période marquée par la bulle Internet, la crise financière mondiale et la plus longue période de progression du marché boursier américain, les stratégies alternatives ont clairement démontré leur capacité à offrir des avantages en matière de diversification, parallèlement aux actions et aux obligations. Si l'on compare les rendements annuels des actions (basés sur l'indice MSCI World), des obligations (indice Bloomberg Barclays Global Aggregate) et des fonds alternatifs (indice HFRI Fund Weighted Composite) sur 20 ans, les obligations arrivent en tête dans 43 % des cas, et les actions dans 38 %.1 Les fonds alternatifs ne sont en tête du classement que 19 % du temps, mais ils n'ont jamais terminé derniers.2 Les stratégies alternatives tendent à offrir une faible corrélation avec les actions avec un niveau de risque plus faible, une surperformance historique en cas de baisse des obligations et un niveau de volatilité similaire à celui des bons du Trésor américain. (Les performances passées ne constituent pas un indicateur ou une garantie des performances futures.)

    Dans le contexte actuel, ce type de diversification pourrait être particulièrement utile. Alors que les marchés oscillent entre aversion au risque et goût du risque, les investisseurs qui cherchent à réduire leur exposition peuvent trouver dans les stratégies alternatives un complément profitable au positionnement traditionnel, axé sur le long terme.

    1. Source : MSCI, Bloomberg Barclays, Hedge Fund Research, Inc. (www.hedgefundresearch.com). Données du 1er janvier 2000 au 30 septembre 2020. Les indices ne sont pas gérés et il est impossible d'y investir directement. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses et des frais de vente. L'indice HFRI Fund Weighted Composite est utilisé sous licence octroyée par Hedge Fund Research, Inc., qui ne cautionne ni n'approuve le contenu du présent rapport. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures. Mentions et conditions importantes du fournisseur de données disponibles sur www.franklintempletondatasources.com.

    2. Ibid.

    QUELS SONT LES RISQUES ?

    Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. L'identification d'opportunités de placement attrayantes est difficile et implique un certain degré d'incertitude et il n'est absolument pas garanti que ces stratégies d'investissement alternatives soient payantes. Investir dans de telles stratégies expose à différents risques, comme ceux auxquels sont soumises les entités investissant dans tous types d'instruments, y compris à la volatilité. Le risque qu'une opération entraîne une perte si les attentes du gérant ne se concrétisent pas demeure toujours une possibilité. La valeur de marché des titres augmentera ou diminuera, parfois rapidement ou de façon imprévisible. Les prix des actions peuvent fluctuer, parfois de manière rapide et brusque, en raison de facteurs propres à des sociétés, industries ou secteurs spécifiques ou de la conjoncture générale. Les investissements à l'étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l'instabilité économique et l'évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés émergents présentent d'ailleurs des risques accrus par rapport aux mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur taille inférieure et à leur liquidité plus limitée. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d'intérêt. Ainsi, lorsque les taux d'intérêt augmentent, la valeur d'un portefeuille obligataire peut reculer. Les perspectives des stratégies alternatives sont déterminées par rapport à d'autres stratégies alternatives et ne représentent pas une opinion sur une performance absolue future anticipée ou sur le risque. La conviction déterminée par le groupe de recherche K2 repose sur divers facteurs jugés et peut évoluer avec le temps. La diversification n'est pas une garantie de gain ou de protection contre le risque de pertes.