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Dans la nuit du 27 au 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes coordonnées en Iran dans le cadre de « l’opération Epic Fury ». Les messages manifestes du président Trump sur le changement de régime augmentent les chances d’une campagne soutenue, plutôt qu’un échange contenu. Pour les marchés, le facteur déterminant sera de savoir si l’escalade demeure strictement militaire ou si elle se transforme en perturbation énergétique et logistique, intégrant ainsi une prime de risque plus élevée (et plus persistante).

  • L’absence de consensus sur « l’Iran post-République islamique » constitue un véritable problème : Même si la pression sur le régime augmente, il n’y a pas de coalition claire et largement légitime qui pourrait prendre la relève, ce qui augmente la probabilité de fragmentation et de lacunes de gouvernance (le scénario que craignent les acteurs régionaux est celui de l’Irak).
  • Au premier ordre – augmentation des prix du pétrole et du gaz : L’effet immédiat est une hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel, sans oublier le gaz naturel liquéfié (GNL). Le Qatar a la troisième capacité d’exportation de GNL en importance au monde, et environ 20 % du commerce mondial de GNL transite par le détroit d’Ormuz (principalement les volumes du Qatar), ce qui fait du risque d’expédition un événement sur le marché du gaz autant que sur le marché pétrolier.
  • Le détroit d’Ormuz est le point de rupture macroéconomique : La fermeture complète du détroit d’Ormuz présente un risque existentiel pour Téhéran, mais l’Iran peut toujours recourir au harcèlement, aux saisies, aux drones, aux cyberpressions ou aux pressions par procuration qui maintiennent la prime de risque élevée. En 2024, les flux transitant par le détroit d’Ormuz s’élevaient en moyenne à environ 20 millions de barils par jour (environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers). Par conséquent, même les perturbations partielles (transits plus lents, réacheminements, saisies) se font sentir via la prime de risque bien avant la survenance de pénuries physiques. (Source : US Energy Information Administration)
  • Les frais d’expédition fluctuent déjà – les assureurs en sont l’accélérateur : Les assureurs émettent des avis d’annulation et revoient les prix de la couverture des risques de guerre dans le Golfe; les augmentations signalées atteignent près de 50 % pour certains trajets, et on a vu des hausses de plus de 60 % sur des routes clés lors d’escalades précédentes. C’est ainsi que « l’offre effective » se resserre même sans interruption de la production.
  • Le risque de retombées régionales augmente : Les frappes de représailles menées par l’Iran dans toute la région (notamment sur les installations dans le Golfe) augmentent les risques que les voisins arabes soient entraînés dans le conflit, ce qui élargira malgré eux le théâtre des opérations et rendra la désescalade plus difficile.
  • Ensemble des catégories d’actif – d’abord la prime de risque, ensuite les indicateurs fondamentaux : La réaction initiale du marché à ce genre d’événement verrait généralement les rendements en revenu des bons du Trésor et les actions baisser, principalement une revalorisation de la prime de risque. Les répercussions sur l’activité et les revenus peuvent être retardées et inégales. La réaction du dollar américain n’est pas garantie; l’or a tendance à en bénéficier, tandis que le bitcoin se négocie comme un actif à risque (c.-à-d. en baisse comme les actions), ce qui renforce le fait qu’il ne s’agit généralement pas d’une couverture ou d’un élément de diversification fiable lors de baisses géopolitiques.
  • Les marchés finissent souvent par comprendre que « c’est temporaire » (nous ne suggérons pas encore d’achats en période de repli) : Historiquement, les chocs géopolitiques provoquent souvent une augmentation initiale des primes de risque avant que les investisseurs concluent que les répercussions sur le bénéfice global sont limitées. Nous n’irions pas encore jusqu’à parler d’une véritable occasion d’acheter en période de repli : la durée, la dynamique du transport et de l’assurance et l’issue du conflit comptent davantage que le premier gros titre.
  • La dimension chinoise, et pourquoi cela ne change pas le calcul concernant Taïwan : La Chine est au cœur de l’histoire de l’Iran (flux pétroliers, application de sanctions et géopolitique du changement de régime et des prix de l’énergie), mais il est peu probable que les décisions de Pékin à l’égard de Taïwan changent simplement parce que les États-Unis sont engagés ailleurs. Les calculs de la Chine à l’égard de Taïwan sont guidés par son propre « tableau de bord » stratégique, plutôt que par l’opportunisme d’un seul conflit externe.
  • Répercussions sur les placements : À court terme, nous avons un parti pris en faveur du bêta de l’énergie et des bénéficiaires du transport et de l’assurance (fret et revalorisation des risques de guerre) et de la défense, tout en restant prudents quant à l’exposition aux marchés émergents dépendants des importations d’énergie et aux secteurs cycliques sensibles au carburant et à la logistique (compagnies aériennes, certains produits industriels). Pour la protection, nous préférons les structures de hausse/volatilité du pétrole et une exposition sélective à l’or plutôt que les positions vendeur générales sur actions; la trajectoire sera davantage dictée par la réalité du transport et de l’assurance que par le nouveau cycle.

Nous mettrons à jour nos réflexions au fil de l’évolution de la situation.  Nous organisons également un webinaire le lundi 2 mars pour discuter du conflit avec des experts.



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