Opportunités de croissance internationales dans le contexte de la crise de la COVID-19

Don Huber, Portfolio manager de Franklin Equity Group, aborde les opportunités de croissance internationales, dans le contexte de la crise de la COVID-19.

    Donald Huber

    Donald Huber Senior Vice President Portfolio Manager Franklin Equity Group®

    Alors que l'économie mondiale continue de faire face à la pandémie de COVID-19, les investisseurs peuvent toujours trouver des opportunités, selon Don Huber, Portfolio Manager de Franklin Equity Group. Il s'intéresse aux sociétés internationales capables de s'en sortir en période de crise et en particulier à celles situées dans les régions où la reprise est plus rapide.

    Alors que nous avons passé beaucoup plus de temps à la maison ces derniers mois, nous estimons que, pour les investisseurs, il est plus important que jamais de rechercher des opportunités à long terme en dehors de leur marché national. Consciemment ou non, beaucoup d'investisseurs associent la croissance économique d'un pays à celle des sociétés qui y sont basées. Compte tenu des grandes incertitudes économiques actuelles, ce biais peut s'avérer défavorable. À l'évidence, les bénéfices, le chiffre d'affaires et les flux de trésorerie de nombre de sociétés augmentent beaucoup plus rapidement que le produit intérieur brut du pays dans lesquelles elles sont basées. De plus, beaucoup d'entre elles sont véritablement mondiales par nature et non corrélées aux fondamentaux de leur économie nationale.

    Nous avons trouvé des opportunités dans la technologie, le commerce en ligne, les semi-conducteurs et la santé dans le monde entier, ainsi que dans des sociétés leaders de secteurs de niche. Par exemple, l'un des fournisseurs phares de matériaux de cathode pour les batteries de voitures hybrides et électriques est une société belge. L'un des premiers fournisseurs mondiaux d'implants pour les personnes souffrant de perte auditive profonde ou sévère est australien.

    Le commerce en ligne est souvent associé à des sociétés telles qu'Amazon ou certains géants chinois, mais ce secteur se développe rapidement dans le monde entier. Nous voyons un potentiel en Amérique latine, où le commerce en ligne se développe à partir d'une base beaucoup plus réduite que les États-Unis ou la Chine et offre par conséquent des opportunités de croissance exceptionnelles.

    PANDÉMIE DE COVID-19 ET REPRISE

    Dans l'optique de l'investissement international, à notre sens, il est devenu beaucoup plus important, depuis la pandémie de COVID-19, de saisir où les sociétés sont actives plutôt qu'où se trouve leur siège. Toutes les régions du monde ne se remettent pas de la pandémie au même rythme. Nombre de pays asiatiques ont déjà été confrontés à des épidémies par le passé, notamment au SRAS, et ont par conséquent connu une reprise plus rapide que le reste du monde. À ce jour, l'Europe semble également se remettre plus rapidement que bien des régions des États-Unis.

    La rapidité de la reprise en Asie et en Europe pourrait détourner l'attention de sociétés ayant une forte présence aux États-Unis pour la recentrer sur celles qui sont actives dans ces régions où la reprise est plus rapide. Nous prévoyons que les sociétés centrées sur ces régions devraient générer plus de revenu que celles dont les marchés sont limités par un confinement.

    En raison de la disparité accrue des taux de croissance à court terme provoquée par la pandémie, nous jugeons qu'il est opportun, actuellement, pour les investisseurs américains, de rechercher à l'international des opportunités qu'ils auraient pu ignorer par le passé. Bien que le marché américain ait constitué la base des rendements des marchés d'actions mondiaux et représente toujours environ 40 % du total de la capitalisation boursière mondiale, plus de la moitié des opportunités d'investissement potentielles se situent dans d'autres régions du monde.

    Capitalisation boursière mondiale

    Calculs effectués par la Global Research Library de Franklin Templeton à partir de données Bloomberg, au 30 juin 2020.

    Note : Les données de capitalisation boursière mondiale ne comprennent par les ETF et ADR qui ne représentent pas directement de sociétés. Elle ne comprennent que les titres primaires négociés activement sur les bourses de leur pays d'émission pour éviter une double comptabilisation. Mentions et conditions importantes du fournisseur de données disponibles sur www.franklintempletondatasources.com.

    Nous ne pouvions évidemment pas prévoir une pandémie mondiale avant 2020 mais, en termes d'investissement, notre portefeuille a été défini par les caractéristiques que nous recherchons pour nos positions, notamment un cash-flow disponible, un bilan robuste, une équipe dirigeante expérimentée, un modèle économique solide et une position concurrentielle dominante. Bon nombre de sociétés non américaines peuvent sortir de la crise actuelle dans une bien meilleure situation. Certaines d'entre elles ont d'ores et déjà fait appel aux marchés financiers pour lever des fonds, soit pour développer leur marché potentiel, soit pour racheter des concurrents plus faibles afin de mieux se positionner pour saisir les opportunités qui vont s'offrir à elles au cours des prochaines années.

    PRIVILÉGIER LES ACTIONS DE MOYENNES ET GRANDES CAPITALISATIONS

    Il est essentiel d'appliquer une analyse fondamentale diligente pour découvrir les opportunités potentielles, en particulier dans le contexte actuel d'incertitude sanitaire et économique. Nous privilégions les sociétés internationales clairement axées sur un nombre limité de branches d'activité. Nous avons ainsi une meilleure visibilité des activités sous-jacentes et notamment des régions où les sociétés réalisent leur chiffre d'affaire et leurs bénéfices, ce qui est plus difficile pour les grands conglomérats. Cette approche nous conduit souvent à nous intéresser à des sociétés à plus faible capitalisation boursière, mois avancées dans leur cycle de croissance. Nous estimons que ces sociétés disposent à la fois d'activités éprouvées et d'un potentiel de croissance. Nous pensons que la qualité du modèle économique, la solidité financière et l'équipe dirigeante sont plus importantes que le domicile ou la capitalisation boursière pour dégager des rendements à long terme.

    Nous nous efforçons de plus de limiter le chevauchement des facteurs économiques sous-jacents pour gérer le risque, de sorte que notre portefeuille n'est pas excessivement exposé à de sociétés elle-mêmes exposées à un même facteur de revenu ou de coût. Le secteur du voyage et des loisirs, par exemple, a été durement touché et se relèvera plus lentement que le commerce en ligne, les jeux ou l'éducation en ligne, qui ont prospéré pendant la pandémie.

    En résumé, notre processus est centré sur la détection de sociétés à forte croissance et endurantes quel que soit l'environnement économique, que nous rassemblons dans un portefeuille à la fois concentré et diversifié. Pour trouver ces actions, nous devons parfois délaisser le marché national pour saisir des opportunités internationales moins connues.

    Quels sont les risques ?

    Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. Les prix des actions peuvent fluctuer, parfois de manière rapide et brusque, en raison de facteurs propres à des sociétés, industries ou secteurs spécifiques ou du marché dans son ensemble. Les investissements à l'étranger comportent des risques spécifiques, tels que les variations des taux de change, l'instabilité économique et l'évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés émergents présentent des risques accrus liés aux mêmes facteurs. Une stratégie exposée en particulier à certains pays, régions, industries, secteurs ou types de placements peut être sujette à un risque d'événements défavorables plus élevé qu'une stratégie investissant de façon plus diversifiée.

    La diversification n'est pas une garantie de gain ou de protection contre le risque de pertes.